Dipladenia (Mandevilla sanderi)
Plantes grimpantesIntérieur / Extérieur Difficulté 3/5

Dipladenia (Mandevilla sanderi)

Mandevilla sanderi

Famille Apocynaceae — Genre Mandevilla

55%

Taux de réussite

28-56j

Enracinement

☀️

Plein soleil

💧💧

Modéré

Le dipladenia (Mandevilla) est une liane tropicale spectaculaire aux grandes fleurs en trompette rose, rouge ou blanc. Son bouturage par tige semi-aoûtée avec hormone est modérément difficile mais permet de multiplier cette plante grimpante star des balcons ensoleillés, qui fleurit généreusement de mai à novembre.

Méthodes de bouturage

Bouture de tige

Saison idéale

printemps, ete

Longueur bouture

12 cm

Noeuds minimum

3

Substrat

Mélange de 50% terreau léger, 25% sable grossier et 25% perlite, substrat très drainant

Température

22°C - 28°C

Lumière

Lumière indirecte

Hormone de bouturage recommandée

L'utilisation d'une hormone favorise l'enracinement de cette plante.

Sac plastique conseillé

Couvrir la bouture avec un sac transparent pour maintenir l'humidité.

Nos conseils

Prélevez les boutures de mai à juillet sur des tiges semi-aoûtées non fleuries. Le latex blanc qui s'écoule à la coupe doit être rincé à l'eau tiède avant d'appliquer l'hormone. Utilisez impérativement une hormone de bouturage n°2 ou n°3 car l'enracinement est lent et difficile sans stimulation hormonale. Maintenez une chaleur de fond constante de 25°C avec un tapis chauffant. Gardez une hygrométrie élevée avec un sac plastique percé mais aérez quotidiennement.

Erreurs à éviter

Oublier de rincer le latex laiteux à la coupe (inhibe la formation des racines). Ne pas utiliser d'hormone de bouturage (taux de réussite quasi nul sans hormone). Substrat trop humide et compact (provoque la pourriture immédiate). Température trop basse (en dessous de 22°C l'enracinement est quasi impossible). Exposer au soleil direct les boutures fragiles. Manipuler sans gants (le latex est irritant pour la peau et les yeux).

Guide pas-à-pas

Guide de bouturage du Dipladenia (Mandevilla) pas à pas

1. Choisir la bonne période

Bouturez entre mai et juillet, idéalement en juin quand la plante est en pleine croissance végétative et les tiges suffisamment aoûtées.

2. Sélectionner les tiges

Choisissez des tiges latérales semi-aoûtées (base brune, extrémité verte) de 10 à 15 cm avec 3-4 nœuds. Pas de fleurs ni boutons. Coupez sous un nœud. Attention au latex irritant : portez des gants !

3. Rincer le latex

Étape cruciale et spécifique au dipladenia : rincez la base de la bouture 2-3 minutes dans l'eau tiède pour éliminer tout le latex blanc. Laissez sécher 15-20 min à l'air libre.

4. Préparer les boutures

Retirez les feuilles de la moitié inférieure. Conservez 2-3 feuilles en haut, coupées de moitié. Entaillez légèrement la base sur 1-2 cm pour exposer le cambium.

5. Appliquer l'hormone de bouturage

Trempez la base sur 2-3 cm dans la poudre d'auxine n°2 ou n°3. Tapotez l'excédent. L'hormone est indispensable pour le dipladenia (sans elle : taux de réussite < 15 %).

6. Planter dans le substrat

Substrat : 50 % terreau + 25 % sable grossier + 25 % perlite. Humidifiez. Trou de 4-5 cm, insérez délicatement, tassez. Le bouturage dans l'eau est déconseillé pour cette plante.

7. Créer les conditions d'enracinement

Couvrez d'un sac plastique percé. Aérez 15 min/jour. Température : 22-28 °C. Tapis chauffant à 25 °C fortement recommandé. Lumière vive sans soleil direct brûlant.

8. Suivi et patience

Enracinement lent : 4 à 8 semaines. Signes de réussite : nouvelles feuilles brillantes, résistance au tirage. Ne paniquez pas si quelques feuilles jaunissent, c'est normal.

9. Sevrage et rempotage

Retirez progressivement la protection sur 7 jours. Rempotez dans un pot de 15-18 cm avec substrat drainant. Installez un tuteur ou treillage car le dipladenia est une liane grimpante. Plein soleil pour une floraison optimale.

En savoir plus

Bouturer un dipladenia : le guide ultime pour multiplier cette liane tropicale aux fleurs spectaculaires

Vous êtes tombé sous le charme des grandes fleurs en trompette rose vif d'un dipladenia aperçu sur un balcon voisin ou en jardinerie et vous rêvez d'en garnir toute votre terrasse sans vous ruiner ? Le bouturage du dipladenia (Mandevilla sanderi) est la méthode la plus économique pour multiplier cette liane tropicale star des balcons et terrasses ensoleillés. Avec un prix moyen de 15 à 30 euros le pot en jardinerie, l'investissement devient vite conséquent si vous souhaitez habiller une pergola, un treillage ou plusieurs jardinières. Cet article vous livre, étape par étape, la méthode complète pour réussir vos boutures de dipladenia, le matériel indispensable, les erreurs fatales à éviter, et tous les secrets d'entretien pour obtenir une floraison spectaculaire et continue de mai à novembre.

Pourquoi bouturer le dipladenia plutôt que l'acheter ?

Un dipladenia en pot de 3 litres coûte entre 15 et 30 euros en jardinerie, et les sujets palissés sur pyramide ou en grande suspension peuvent atteindre 40 à 60 euros. Les variétés à grandes fleurs doubles ou bicolores sont encore plus onéreuses. Si votre objectif est de couvrir une terrasse entière ou d'agrémenter plusieurs balconnières, le budget peut facilement dépasser les 200 euros. Le bouturage vous offre la possibilité de produire autant de plants que nécessaire, gratuitement, à partir d'un seul pied mère vigoureux.

Le semis de dipladenia est techniquement possible mais extrêmement aléatoire en pratique : les graines sont rares, difficiles à obtenir, et la germination est longue et capricieuse. De plus, les caractéristiques variétales (couleur des fleurs, port, floribondité) ne sont pas garanties car la plupart des dipladenias du commerce sont des hybrides sélectionnés. La bouture de tige, en revanche, produit un clone génétiquement identique qui conserve toutes les qualités ornementales de la plante mère. C'est le même principe que pour la bouture de bougainvillier, autre liane spectaculaire qui se multiplie par bouture de tige semi-aoûtée avec hormone.

Un dipladenia bouturé au printemps et bien conduit peut commencer à fleurir dès la saison suivante, ce qui représente un gain de temps appréciable. Le bouturage vous permet également de sauvegarder des variétés que vous ne trouvez plus en commerce ou de partager vos plus beaux spécimens avec vos proches.

Quelle est la meilleure période pour bouturer un dipladenia ?

La meilleure période pour bouturer le dipladenia se situe entre mai et juillet, avec un pic d'efficacité en juin. À cette époque, la plante est en pleine croissance végétative, la sève circule intensément et les tiges de l'année sont suffisamment développées pour fournir un matériel de bouturage de qualité. On recherche des tiges semi-aoûtées : la base commence à se rigidifier et à brunir légèrement tandis que l'extrémité reste verte et souple.

Le bouturage de printemps précoce (avril) est envisageable sous abri chauffé, mais le taux de réussite diminue en raison des températures encore instables et de la lumière parfois insuffisante. Le bouturage d'été tardif (août) fonctionne également, à condition de disposer d'un emplacement chaud et lumineux pour accompagner l'enracinement jusqu'à l'automne. Le bouturage d'automne ou d'hiver est fortement déconseillé : le dipladenia entre en semi-dormance et les boutures végètent sans former de racines, finissant par pourrir dans le substrat.

Bouture de tige de dipladenia préparée pour l'enracinement avec substrat drainant et hormone

Le matériel indispensable pour réussir vos boutures de dipladenia

Le dipladenia est une plante de difficulté de bouturage 3 sur 5, nettement plus exigeante que les plantes d'intérieur classiques comme le Pothos ou la Tradescantia qui s'enracinent dans un simple verre d'eau. Le dipladenia requiert davantage de précautions et un matériel spécifique pour atteindre un taux de réussite correct. Préparez le matériel suivant avant de commencer :

  • Un sécateur bien aiguisé et désinfecté à l'alcool à 70° — la coupe doit être nette et franche pour limiter l'écoulement du latex et faciliter la cicatrisation
  • Des gants de protection : le dipladenia appartient à la famille des Apocynacées et produit un latex blanc laiteux irritant au niveau des coupes. Ce latex peut provoquer des irritations cutanées et oculaires, manipulez toujours la plante avec des gants
  • De l'hormone de bouturage en poudre n°2 ou n°3 (pour bois semi-aoûté) : absolument indispensable pour le dipladenia, elle multiplie par trois le taux de réussite. Sans hormone, les chances d'enracinement tombent en dessous de 15 %
  • Des godets de 8 à 10 cm en plastique percés au fond, ou une terrine de bouturage avec couvercle transparent
  • Un substrat ultra-drainant : mélange de 50 % de terreau de bouturage, 25 % de sable grossier et 25 % de perlite — le drainage est crucial car le dipladenia est très sensible à la pourriture racinaire
  • Un sac plastique transparent percé de quelques trous ou une mini-serre pour maintenir l'hygrométrie élevée
  • Un tapis chauffant de bouturage réglé à 25 °C : fortement recommandé, la chaleur de fond est le facteur n°1 de réussite pour cette plante tropicale
  • Un vaporisateur à brume fine pour humidifier le feuillage sans détremper le substrat
  • Un bol d'eau tiède pour rincer le latex à la coupe avant d'appliquer l'hormone

Le dipladenia partage les mêmes exigences de bouturage que le hibiscus et le bougainvillier : hormone obligatoire, chaleur de fond, substrat très drainant et patience. C'est un trio de plantes solaires qui exigent des conditions tropicales pour s'enraciner correctement.

Comment bouturer le dipladenia étape par étape

Étape 1 : Sélectionner et prélever les tiges

Choisissez un pied mère sain, vigoureux et généreusement fleuri, gage de bonne génétique et de vitalité. Repérez des rameaux latéraux de l'année, semi-aoûtés (base rigide et brunâtre, extrémité encore verte et souple), ne portant pas de fleurs ni de boutons floraux. Prélevez des sections de 10 à 15 centimètres comportant au minimum 3 à 4 nœuds, en coupant nettement juste en dessous d'un nœud avec votre sécateur désinfecté.

Immédiatement après la coupe, un latex blanc laiteux va s'écouler de la tige — c'est une réaction normale caractéristique de toutes les Apocynacées. Ce latex contient des substances qui inhibent la formation de racines s'il sèche et obstrue les vaisseaux conducteurs. Rincez abondamment la base de la bouture dans un bol d'eau tiède pendant 2 à 3 minutes pour éliminer complètement le latex, puis laissez la coupe sécher 15 à 20 minutes à l'air libre avant d'appliquer l'hormone. Prélevez vos boutures tôt le matin, quand la plante est pleinement hydratée.

Étape 2 : Préparer les boutures

Retirez toutes les feuilles de la moitié inférieure de chaque tige. Sur la partie supérieure, conservez uniquement 2 à 3 feuilles et réduisez-les de moitié au ciseau pour limiter l'évapotranspiration. Supprimez impérativement tout bouton floral, vrille ou fleur épanouie, car la floraison détourne massivement l'énergie au détriment de la formation racinaire.

Après le rinçage du latex et le séchage de la coupe, pratiquez deux légères entailles verticales de 1 à 2 cm à la base de la tige en grattant délicatement l'écorce pour exposer le cambium. Cette technique, appelée « blessure de la base », augmente la surface d'émission racinaire et améliore la pénétration de l'hormone de bouturage dans les tissus.

Étape 3 : Appliquer l'hormone et planter

Trempez la base de la bouture sur 2 à 3 centimètres dans la poudre d'hormone de bouturage n°2 ou n°3 (concentration adaptée au bois semi-dur). Tapotez doucement pour éliminer l'excédent de poudre : un surplus d'auxine peut paradoxalement inhiber l'enracinement. Remplissez vos godets du substrat drainant préparé, tassez légèrement et humidifiez. Percez un trou de 4 à 5 cm de profondeur avec un crayon, insérez la bouture délicatement sans racler la poudre, et tassez le substrat autour de la tige.

Étape 4 : Créer les conditions d'enracinement optimales

Le dipladenia est une plante tropicale brésilienne qui a besoin de chaleur constante et élevée pour s'enraciner. La température du substrat doit rester entre 22 et 28 °C en permanence — un tapis chauffant réglé à 25 °C sous les godets est quasiment indispensable pour les régions au nord de la Loire. Sans chaleur de fond, le taux de réussite chute dramatiquement. Recouvrez chaque godet d'un sac plastique transparent percé de 3 à 4 petits trous pour maintenir l'humidité sans provoquer de condensation excessive. Aérez 15 minutes par jour pour prévenir le développement de moisissures.

Installez vos boutures dans un endroit très lumineux mais sans soleil direct brûlant pendant les premières semaines d'enracinement. Une fenêtre orientée sud-est avec un voilage léger ou une serre lumineuse avec ombrage partiel conviennent parfaitement. Le dipladenia a besoin de beaucoup plus de lumière que des plantes d'ombre comme le Calathea ou le Fittonia, mais le soleil direct d'après-midi risque de brûler les boutures fragiles qui n'ont pas encore de racines pour s'hydrater.

Étape 5 : Suivi, patience et repiquage

L'enracinement du dipladenia est relativement lent : comptez entre 4 et 8 semaines selon la température, la saison et la qualité du matériel végétal. C'est nettement plus long que les plantes faciles comme le Coleus ou le Syngonium qui s'enracinent en 1 à 3 semaines. Les signes de réussite sont l'apparition de nouvelles petites feuilles brillantes au sommet et une résistance nette lorsque vous tirez très délicatement sur la tige.

Ne vous inquiétez pas si quelques feuilles jaunissent et tombent durant les premières semaines : la bouture sans racines ne peut pas alimenter tout son feuillage et sacrifie les feuilles les plus anciennes au profit des jeunes pousses. Tant que la tige reste ferme, verte et que les bourgeons apicaux gonflent, l'enracinement est en cours.

Une fois les racines bien établies (radicelles blanches visibles par les trous de drainage), retirez progressivement la protection plastique sur une semaine. Rempotez dans un pot de 15 à 18 cm avec un substrat bien drainé et installez un tuteur ou un petit treillage car le dipladenia est une liane volubile qui a besoin de grimper.

Peut-on bouturer le dipladenia dans l'eau ?

Le bouturage de dipladenia dans l'eau est fortement déconseillé et voue quasi systématiquement à l'échec. Le taux de réussite est inférieur à 10 %, pour deux raisons principales. D'abord, le latex laiteux qui s'écoule des tiges coupées pollue rapidement l'eau et favorise le développement de bactéries pathogènes. Ensuite, les tiges semi-ligneuses du dipladenia ont tendance à pourrir bien avant d'émettre des racines dans un milieu aquatique. Le substrat drainant reste la seule méthode fiable pour cette plante.

Si vous recherchez une plante grimpante facile à bouturer dans l'eau, tournez-vous plutôt vers le lierre commun ou le Scindapsus pictus qui s'enracinent aisément dans un simple verre d'eau.

Tableau récapitulatif des conditions de bouturage du dipladenia

Paramètre Valeur recommandée
Période optimale Mai à juillet (idéal : juin)
Type de bouture Tige semi-aoûtée latérale
Longueur de la bouture 10 à 15 cm
Nombre de nœuds minimum 3 à 4
Hormone de bouturage Indispensable (auxine n°2 ou n°3)
Rinçage du latex Obligatoire (2-3 min dans l'eau tiède)
Substrat 50 % terreau + 25 % sable + 25 % perlite
Température idéale 22 à 28 °C (chaleur de fond fortement recommandée)
Luminosité Très lumineuse, soleil indirect
Humidité ambiante Élevée (sac plastique percé, aérer 15 min/jour)
Temps d'enracinement 4 à 8 semaines
Taux de réussite moyen 55 % (avec hormone et chaleur de fond)
Bouturage dans l'eau Déconseillé (taux de réussite < 10 %)
Toxicité du latex Irritant — manipuler avec des gants

Les meilleures variétés de dipladenia pour le bouturage

Le genre Mandevilla comprend environ 175 espèces de lianes tropicales, mais seules quelques espèces et hybrides sont couramment cultivés en Europe. La distinction entre « dipladenia » et « mandevilla » prête souvent à confusion : en réalité, Dipladenia est un ancien nom de genre aujourd'hui synonyme de Mandevilla. Dans le commerce horticole, on utilise généralement « dipladenia » pour les formes compactes et buissonnantes, et « mandevilla » pour les formes grimpantes à grandes fleurs.

  • Mandevilla sanderi 'Sundaville Red' : la variété la plus populaire en France, avec de grandes fleurs rouge vif en trompette et un port compact semi-grimpant. Floraison très abondante de mai à novembre. Se bouture avec un taux de réussite d'environ 55-60 % avec hormone et chaleur. Idéale pour les balconnières et les pots sur terrasse.
  • Mandevilla sanderi 'Sundaville Pink' : élégantes fleurs rose bonbon clair contrastant avec le feuillage vert foncé lustré. Port identique au 'Sundaville Red'. Bouturage similaire en termes de difficulté et de conditions requises.
  • Mandevilla sanderi 'Sundaville White' : fleurs blanc pur d'une grande élégance, parfaites pour les ambiances contemporaines et les terrasses épurées. Variété légèrement plus délicate au bouturage (taux de réussite autour de 45-50 %).
  • Mandevilla boliviensis : espèce botanique à fleurs blanches en entonnoir, plus petites mais très parfumées. Port nettement grimpant, peut atteindre 3 à 4 mètres sur un support. Bouturage un peu plus facile que les hybrides Sundaville car plus vigoureux.
  • Mandevilla laxa (Jasmin du Chili) : la plus rustique du genre (jusqu'à -5°C), avec des grappes de fleurs blanches très parfumées. Port grimpant vigoureux pouvant atteindre 5 mètres. Bouturage modérément difficile mais intéressant car c'est la seule mandevilla pouvant survivre en pleine terre dans le sud de la France.
  • Mandevilla 'Diamantina Jade White' : nouvelle série compacte aux fleurs doubles ou semi-doubles, très florifère et à croissance maîtrisée. Parfaite pour la culture en pot sans tuteur. Bouturage possible mais légèrement plus délicat que les variétés classiques.

« Le dipladenia est la plante reine des balcons ensoleillés : une seule bouture bien conduite peut produire un sujet croulant sous les fleurs en trompette dès la deuxième saison, transformant un simple rebord de fenêtre en un tableau tropical éclatant. » — Conseil de pépiniériste spécialisé en plantes méditerranéennes

Les erreurs fatales à éviter lors du bouturage du dipladenia

Le dipladenia est classé en difficulté 3 sur 5 au bouturage, ce qui signifie qu'il pardonne moins les approximations que la plupart des plantes d'intérieur. Voici les erreurs les plus courantes et leurs solutions pour maximiser vos chances de réussite.

  • Ne pas rincer le latex laiteux à la coupe : c'est l'erreur la plus spécifique au dipladenia. Le latex blanc qui s'écoule lors du prélèvement contient des substances qui, en séchant, obstruent les vaisseaux conducteurs et empêchent physiquement la formation de racines. Rincez systématiquement pendant 2-3 minutes à l'eau tiède et laissez sécher avant d'appliquer l'hormone.
  • Oublier l'hormone de bouturage : sans stimulation hormonale, le taux de réussite du dipladenia chute sous les 15 %. L'auxine n°2 ou n°3 est quasiment indispensable pour déclencher la rhizogenèse sur cette tige semi-ligneuse. C'est la même exigence que pour le bougainvillier.
  • Substrat trop compact ou trop humide : le dipladenia possède des racines tubéreuses naturellement sensibles à l'excès d'humidité. Un terreau classique retient beaucoup trop d'eau et provoque la pourriture de la base en quelques jours. Le sable grossier et la perlite sont essentiels dans le mélange.
  • Température trop basse : en dessous de 22 °C, l'enracinement est extrêmement lent voire inexistant. Le dipladenia est une plante tropicale brésilienne habituée à des températures élevées constantes. Un tapis chauffant est un investissement rentable qui fait passer le taux de réussite de 30 % à plus de 55 %.
  • Manipuler sans gants : le latex du dipladenia est irritant pour la peau et dangereux en cas de contact oculaire. Portez toujours des gants lors du prélèvement et du nettoyage des boutures, et lavez-vous soigneusement les mains après manipulation.
  • Bouturer des tiges en pleine floraison : les tiges portant des fleurs ou des boutons orientent toute leur énergie vers la reproduction au détriment de la formation racinaire. Sélectionnez des tiges végétatives sans aucune fleur pour maximiser les chances.
Dipladenia en pleine floraison avec ses fleurs en trompette rose et rouge sur un balcon ensoleillé

L'entretien du dipladenia après le bouturage

Exposition et luminosité

Le dipladenia est une plante de plein soleil qui a besoin d'un minimum de 6 heures d'ensoleillement direct par jour pour fleurir abondamment. C'est l'une des rares lianes tropicales qui supporte et apprécie le soleil brûlant d'après-midi. En extérieur, installez-le sur un balcon, une terrasse ou un mur exposé plein sud, plein ouest ou plein est. En intérieur, placez-le devant la fenêtre la plus lumineuse disponible. Un dipladenia à l'ombre ou en lumière insuffisante produira essentiellement du feuillage avec peu ou pas de fleurs.

Cette exigence solaire le rapproche du bougainvillier et du hibiscus, les trois formant un trio de lianes tropicales qui déploient leur floraison la plus spectaculaire en plein soleil. À l'inverse, des plantes comme le fuchsia ou l'hortensia préfèrent la mi-ombre et souffriraient dans les mêmes conditions.

Arrosage : trouver le juste équilibre

Le dipladenia possède des racines tubéreuses qui stockent une réserve d'eau, lui conférant une certaine tolérance à la sécheresse passagère. Arrosez modérément en laissant les 3 à 4 premiers centimètres de substrat sécher entre deux apports. En plein été, par forte chaleur, un arrosage tous les 2 à 3 jours est généralement suffisant pour les sujets en pot. Évitez absolument l'eau stagnante dans la soucoupe : le dipladenia est très sensible à la pourriture racinaire, première cause de mortalité chez cette plante.

En hiver, si le dipladenia est rentré à l'abri du gel, réduisez drastiquement les arrosages à une fois toutes les 2 à 3 semaines, juste assez pour que les racines tubéreuses ne se dessèchent pas complètement. Le dipladenia se comporte davantage comme une plante semi-succulente que comme une plante tropicale humide en termes de besoins en eau, ce qui le rapproche du Crassula dans sa gestion de l'eau.

Substrat et rempotage

Rempotez votre dipladenia tous les 2 à 3 ans au printemps dans un pot à peine plus grand (1 à 2 cm de diamètre supplémentaire). Le dipladenia, comme le bougainvillier, fleurit davantage lorsqu'il est légèrement à l'étroit dans son contenant. Utilisez un substrat léger, sableux et très bien drainé : terreau horticole mélangé à 30 % de sable grossier et de perlite. Le pH idéal se situe entre 6.0 et 6.8 (légèrement acide). Une épaisse couche de billes d'argile au fond du pot est indispensable pour garantir un drainage irréprochable.

Fertilisation pour une floraison explosive

Pour obtenir la floraison abondante et continue qui fait la réputation du dipladenia, apportez un engrais liquide riche en phosphore et en potassium (type engrais tomates ou plantes fleuries, NPK 6-10-10) tous les 15 jours de mai à septembre. Le phosphore stimule la formation des boutons floraux tandis que le potassium renforce la résistance de la plante et l'intensité des couleurs. Évitez les engrais trop riches en azote qui favorisent le feuillage au détriment des fleurs. Suspendez toute fertilisation d'octobre à mars pendant le repos hivernal.

La taille : sculpter et stimuler la floraison

La taille du dipladenia s'effectue au début du printemps (mars-avril), avant la reprise de la croissance. Raccourcissez toutes les tiges d'un tiers de leur longueur en coupant au-dessus d'un nœud orienté vers l'extérieur. Supprimez le bois mort, les tiges faibles et celles qui s'entrecroisent pour aérer la silhouette. Le dipladenia fleurit sur les pousses de l'année : une taille printanière stimule la production de rameaux latéraux et donc de fleurs.

Pendant la saison de croissance, supprimez les fleurs fanées au fur et à mesure pour encourager la formation de nouveaux boutons floraux. Si certaines tiges deviennent trop longues et dégarnies à la base, n'hésitez pas à les raccourcir sévèrement — le dipladenia repart vigoureusement même après une taille drastique. Profitez de cette taille pour récupérer des boutures de qualité.

Comparaison des méthodes de multiplication du dipladenia

Méthode Taux de réussite Temps jusqu'à la floraison Difficulté Fidélité variétale
Bouturage de tige (substrat) 50-60 % 6-12 mois Modérée à difficile Clone identique (100 %)
Bouturage dans l'eau < 10 % Très difficile (déconseillé) Clone identique (100 %)
Marcottage aérien 65-75 % 6-12 mois Modérée Clone identique (100 %)
Semis 30-50 % 2-3 ans Difficile Variable (hybridation)

Maladies et ravageurs du dipladenia : prévention et traitement

Le dipladenia est globalement une plante résistante lorsqu'il est cultivé en plein soleil avec un bon drainage. Cependant, certaines conditions de culture inadaptées — notamment un excès d'humidité, un manque de lumière ou une mauvaise ventilation en intérieur — peuvent déclencher des problèmes phytosanitaires qu'il faut traiter rapidement.

Les ravageurs les plus fréquents

Les cochenilles farineuses sont l'ennemi n°1 du dipladenia : ces parasites suceurs de sève se logent dans les aisselles des feuilles et sous les tiges, reconnaissables à leurs amas cotonneux blancs. Traitez à l'alcool à 70° au coton-tige pour les infestations légères, ou pulvérisez un mélange de savon noir, eau et huile de colza pour les attaques importantes. Les pucerons verts et noirs colonisent les jeunes pousses tendres et les boutons floraux, provoquant des déformations et un affaiblissement général. Un traitement au savon noir (5 ml par litre) répété 2 à 3 fois à 3 jours d'intervalle suffit généralement. Les araignées rouges prolifèrent en atmosphère chaude et sèche, surtout en fin d'été : des brumisations régulières du feuillage constituent la meilleure prévention, comme pour le Ficus lyrata ou le Croton qui subissent les mêmes attaques.

Les maladies courantes

La pourriture racinaire est le problème le plus grave et le plus fréquent chez le dipladenia. Elle résulte d'un arrosage excessif, d'un substrat trop compact ou d'eau stagnante dans la soucoupe. Les feuilles se flétrissent et jaunissent malgré un sol humide — dépotez immédiatement, coupez les racines noires et pâteuses, laissez sécher 24 heures et rempotez dans un substrat neuf ultra-drainant. L'oïdium (feutrage blanc poudreux sur les feuilles) apparaît en conditions humides et mal ventilées : améliorez la circulation d'air et traitez avec du bicarbonate de soude dilué (5 g par litre) ou du soufre mouillable. Selon la Royal Horticultural Society (RHS), un emplacement en plein soleil combiné à un substrat parfaitement drainé prévient la grande majorité des problèmes phytosanitaires du dipladenia.

Comment hiverner un dipladenia en climat froid ?

Le dipladenia est une plante non rustique qui ne tolère absolument pas le gel. La température minimale de survie se situe autour de 5 °C pour les variétés courantes (Sundaville). Dans la quasi-totalité de la France, il doit impérativement être rentré à l'abri avant les premiers froids, généralement dès que les températures nocturnes descendent sous 10 °C (en octobre-novembre).

Installez-le dans une pièce lumineuse et fraîche (idéalement entre 10 et 15 °C) : véranda, pièce non chauffée bien éclairée ou serre tempérée. Réduisez les arrosages à une fois toutes les 2 à 3 semaines et cessez toute fertilisation. Le dipladenia va considérablement ralentir sa croissance et peut perdre quelques feuilles, mais il conserve généralement son feuillage persistant si les conditions d'hivernage sont correctes. Une taille légère d'un tiers des tiges avant l'hivernage facilite le stockage et stimulera la reprise printanière.

Au printemps, ressortez progressivement votre dipladenia après les derniers risques de gel (mi-mai dans le nord, fin avril dans le sud). Acclimatez-le au soleil direct sur une semaine en augmentant progressivement l'exposition pour éviter les brûlures foliaires. Reprenez les arrosages réguliers et la fertilisation dès l'apparition des nouvelles pousses.

Dipladenia ou Mandevilla : quelle différence ?

Cette question revient très fréquemment chez les jardiniers amateurs et la confusion est compréhensible. Botaniquement, Dipladenia est un ancien nom de genre qui a été reclassé sous Mandevilla. Les deux termes désignent donc le même genre de plantes. Cependant, dans le commerce horticole français, une distinction pratique s'est établie au fil du temps :

  • « Dipladenia » désigne généralement les variétés compactes et buissonnantes (série Sundaville, Diamantina), à croissance modérée, particulièrement adaptées à la culture en pot, en jardinière ou en suspension. Ce sont les plus vendues en jardinerie.
  • « Mandevilla » désigne plutôt les formes grimpantes vigoureuses (M. boliviensis, M. laxa), à grandes fleurs et à port volubile, capables de grimper sur plusieurs mètres le long d'un support. Elles sont moins courantes dans le commerce mais spectaculaires en pleine terre dans les régions douces.

En termes de bouturage, la technique est strictement identique pour les deux types : tige semi-aoûtée, rinçage du latex, hormone obligatoire, chaleur de fond et substrat drainant. La seule nuance est que les formes grimpantes (Mandevilla) sont généralement légèrement plus faciles à bouturer car leurs tiges sont plus vigoureuses et leurs nœuds plus espacés.

Foire aux questions sur le bouturage du dipladenia

Combien de temps faut-il pour qu'une bouture de dipladenia fleurisse ?

Une bouture de dipladenia enracinée au printemps et cultivée dans des conditions optimales (plein soleil, fertilisation régulière riche en potassium) peut produire ses premières fleurs dès la fin de l'été suivant, soit 4 à 6 mois après le bouturage. Toutefois, la floraison vraiment abondante et continue ne s'installe généralement qu'à partir de la deuxième saison, lorsque la plante a développé un système racinaire tubéreux solide et une ramification suffisante.

Le latex du dipladenia est-il dangereux ?

Le dipladenia appartient à la famille des Apocynacées, connue pour la toxicité de ses membres (laurier-rose, pervenche de Madagascar). Le latex blanc laiteux qui s'écoule des tiges coupées est irritant pour la peau et les muqueuses, et toxique en cas d'ingestion. Portez toujours des gants lors de la manipulation, de la taille et du bouturage. Lavez-vous soigneusement les mains après contact. Gardez la plante hors de portée des jeunes enfants et des animaux domestiques.

Mon dipladenia ne fleurit pas, pourquoi ?

Les quatre causes principales d'absence de floraison sont : un manque de lumière (le dipladenia a besoin de plein soleil direct), un excès d'azote dans l'engrais (passez à un engrais riche en potassium et phosphore), un pot trop grand qui stimule la croissance racinaire au détriment des fleurs, et un hivernage trop chaud (la plante a besoin d'une période de repos frais pour refleurir généreusement au printemps).

Le dipladenia peut-il rester dehors en hiver ?

Non, sauf dans les régions les plus douces du littoral méditerranéen et de la Côte d'Azur où les gelées sont exceptionnelles. Le dipladenia est gélif en dessous de 5 °C et doit être rentré en véranda ou en intérieur lumineux de novembre à avril dans la majeure partie de la France. Seule l'espèce Mandevilla laxa (Jasmin du Chili) tolère de brèves gelées jusqu'à -5 °C et peut survivre en pleine terre dans le sud de la France avec un paillage hivernal.

Le marcottage aérien est-il plus fiable que le bouturage pour le dipladenia ?

Oui, le marcottage aérien offre un taux de réussite supérieur (65-75 %) car la tige développe ses racines tout en restant alimentée par le pied mère. C'est la méthode recommandée si vous souhaitez multiplier une variété rare ou si vos tentatives de bouturage ont échoué. L'inconvénient est la durée plus longue (2 à 3 mois) et la limitation à un plant par marcotte, alors que le bouturage permet de produire plusieurs dizaines de boutures simultanément à partir de la taille printanière.

Questions Fréquentes

Tout ce que vous devez savoir sur le bouturage du Dipladenia (Mandevilla sanderi)