Bouturer au jardin : Multipliez vos plantes extérieur gratuitement
Et si un seul plant de votre jardin pouvait en donner dix, sans débourser un centime ? La bouture de plantes extérieur est le secret le mieux gardé des jardiniers économes : une technique millénaire qui transforme chaque arbuste, chaque vivace en source inépuisable de nouveaux plants. Une haie de forsythia de 10 mètres ? 150 € en pépinière, ou 15 € en bouturant vous-même. Le calcul est vite fait.
Pourtant, beaucoup de jardiniers hésitent. Trop compliqué, trop de risques d'échec, pas le bon matériel… Les idées reçues freinent des milliers de passionnés qui pourraient multiplier leur jardin chaque été. La vérité, c'est que certaines plantes de jardin affichent des taux de réussite de 90 à 95 % en bouturage — encore faut-il connaître la bonne méthode et la bonne période. Quelle que soit votre zone de rusticité, de la Bretagne à la Méditerranée, la bouture automne comme la bouture estivale ont fait leurs preuves. Pour plus d'informations scientifiques, consultez ce guide complet du bouturage sur Gerbeaud.
Dans ce guide complet, vous allez découvrir les 10 plantes extérieur les plus faciles à bouturer, les 4 méthodes de bouturage adaptées au jardin, un calendrier mois par mois et toutes les astuces pour protéger vos boutures des aléas climatiques. Que vous jardiniez en Bretagne, en PACA ou en montagne, ce guide vous accompagne de la première coupe au premier enracinement.
Prêt à créer votre pépinière maison ? Suivez le guide.
Top 10 des plantes extérieur les plus faciles à bouturer
Pour débuter en bouturage outdoor, mieux vaut miser sur des plantes au taux de réussite éprouvé. Voici les 10 championnes du bouturage de jardin, classées par facilité :
| Rang | Plante | Taux de réussite | Méthode | Période optimale | Atout principal |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Forsythia | 95 % | Semi-aoûtée | Juin — Août | Enracinement ultra-facile, haie fleurie jaune |
| 2 | Géranium | 90 % | Herbacée | Mai — Juillet | Roi des balcons, presque infaillible |
| 3 | Groseillier | 90 % | Semi-aoûtée / Ligneuse | Été ou Hiver | Fruitier généreux, production dès la 2e année |
| 4 | Cassissier | 90 % | Semi-aoûtée / Ligneuse | Juin — Août ou Hiver | Fruits riches en vitamine C |
| 5 | Laurier rose | 85 % | Herbacée | Mai — Juillet | S'enracine même dans l'eau |
| 6 | Hortensia | 75 % | Semi-aoûtée | Fin juin — Mi-juillet | Emblème des jardins bretons |
| 7 | Buis | 75 % | Aoûtée | Fin août — Septembre | Bordures et topiaires durables |
| 8 | Rosier | 70 % | Semi-aoûtée | Mi-juillet — Août | Rosiers anciens et grimpants au top |
| 9 | Lavande | 70 % | Semi-aoûtée | Août — Septembre | Bordures méditerranéennes économiques |
| 10 | Clématite | 55 % | Semi-aoûtée / Marcottage | Juin — Juillet | Prix élevé en jardinerie, rentable en bouture |
À noter : ces taux de réussite sont des moyennes observées dans des conditions correctes de substrat, d'humidité et de température. Avec un peu d'expérience et les techniques que nous détaillons ci-dessous, vous pouvez largement les dépasser.
Les 4 méthodes de bouturage pour l'extérieur (et quand les utiliser)
Le bouturage en extérieur ne se résume pas à couper une tige et la planter. Selon la saison et le degré de maturité du bois, quatre techniques distinctes s'offrent à vous. Chacune a ses avantages, ses plantes de prédilection et sa période optimale.
La bouture herbacée (printemps — début été)
Réalisée de mai à juillet, la bouture herbacée utilise des jeunes pousses encore tendres et vertes, gorgées de sève. C'est la technique la plus rapide : l'enracinement se produit en 3 à 6 semaines. Elle convient parfaitement aux géraniums, au laurier rose et aux plantes vivaces de massif.
Avantages : enracinement rapide, forte vitalité des tiges, technique simple pour les débutants. Inconvénients : les boutures sont fragiles et sensibles au dessèchement. Il faut maintenir une humidité constante, idéalement sous mini-serre ou cloche.
Prélevez des tiges de 8 à 12 cm, supprimez les feuilles du bas et les éventuelles fleurs, puis plantez dans un terreau bouturage drainant composé de sable perlite à parts égales. Gardez à mi-ombre et brumisez régulièrement.
La bouture semi-aoûtée (juillet — août)
La bouture semi-aoûtée est la reine du bouturage extérieur. Pratiquée de juillet à août, elle concerne les tiges dont la base commence à durcir tandis que l'extrémité reste encore souple. C'est la méthode qui convient au plus grand nombre de plantes de jardin : hortensia, rosier, lavande, forsythia.
Avantages : excellent compromis entre vigueur et résistance, large gamme de plantes compatibles, taux de réussite élevé. Inconvénients : fenêtre de tir plus courte (quelques semaines selon les espèces), nécessite un œil exercé pour juger la maturité du bois.
Le principe : coupez une tige de 15 à 20 cm juste sous un nœud, retirez les feuilles de la moitié inférieure, trempez la base dans une hormone bouturage en poudre (ou de l'eau de saule, alternative naturelle) et plantez en substrat drainant. L'enracinement prend 6 à 10 semaines.
La bouture aoûtée (automne)
La bouture aoûtée se pratique de fin août à novembre, sur des rameaux dont le bois est complètement durci et lignifié. C'est la méthode de prédilection pour le buis, les arbustes à fruits rouges (groseillier, cassissier) et les arbustes caducs.
Avantages : les boutures sont robustes, résistent mieux au froid et demandent moins de surveillance. Inconvénients : l'enracinement est très lent (3 à 6 mois), il faut donc de la patience. Les boutures ne montreront aucun signe de vie apparent avant le printemps suivant.
Prélevez des rameaux de 20 à 30 cm de bois de l'année, plantez-les aux deux tiers dans un substrat sableux en pleine terre ou en pot protégé. Un châssis froid est l'allié idéal pour cette méthode.
Le marcottage : pour les plantes récalcitrantes
Certaines plantes de jardin refusent obstinément de s'enraciner par bouturage classique. Le marcottage offre une alternative : au lieu de couper la tige, on l'incline vers le sol, on entaille l'écorce et on enterre la portion blessée. La tige produit des racines tout en restant alimentée par la plante mère.
Le marcottage est la solution de choix pour la glycine, le magnolia, la clématite (en complément du bouturage) et les rhododendrons. L'enracinement prend 6 mois à 1 an, mais le taux de réussite approche les 90 % puisque la bouture n'est jamais sevrée brutalement.
| Méthode | Période | Type de bois | Enracinement | Taux moyen | Plantes phares |
|---|---|---|---|---|---|
| Herbacée | Mai — Juillet | Jeune, tendre, vert | 3 à 6 semaines | 80-90 % | Géranium, laurier rose, vivaces |
| Semi-aoûtée | Juillet — Août | Base durcie, extrémité souple | 6 à 10 semaines | 70-85 % | Hortensia, rosier, lavande, forsythia |
| Aoûtée | Sept. — Novembre | Complètement lignifié | 3 à 6 mois | 70-80 % | Buis, groseillier, cassissier |
| Marcottage | Printemps — Été | Tige vivante non coupée | 6 mois à 1 an | 85-90 % | Glycine, magnolia, clématite |
Calendrier du bouturage au jardin : que bouturer mois par mois ?
La réussite d'une bouture de plante extérieur repose avant tout sur le timing. Voici le calendrier saisonnier complet pour ne rater aucune fenêtre de bouturage.
Printemps (mars — mai) : le réveil
Le printemps marque le démarrage des boutures herbacées. Dès que les nouvelles pousses atteignent 10 cm, vous pouvez commencer :
- Mars-avril : bouturage des vivaces précoces, division des touffes de lavande déjà installées
- Mai : début des boutures herbacées — géraniums, laurier rose, fuchsias, sauges ornementales
- Marcottage : excellent moment pour marcotter glycine, chèvrefeuille et rhododendron
Variante régionale : en climat océanique (Bretagne, Normandie), le printemps est doux et humide — conditions idéales. En zone montagne, décalez de 2 à 3 semaines. En PACA, surveillez les coups de chaleur précoces et protégez vos boutures du vent sec.
Été (juin — août) : la haute saison du bouturage
C'est LA période phare. La majorité des plantes de jardin se bouturent entre juin et août, en bouture semi-aoûtée :
- Juin : forsythia, clématite, début de l'hortensia
- Fin juin — mi-juillet : fenêtre optimale pour l'hortensia, le weigélia, le deutzia
- Mi-juillet — août : rosier ancien, rosier grimpant, lavande, buddleia
- Août : début des boutures aoûtées pour le buis, le troène, les petits fruitiers
Variante régionale : en zone méditerranéenne, l'été chaud et sec est un piège. Bouturez tôt le matin, placez les boutures à l'ombre et utilisez un tunnel forçage pour maintenir l'humidité. En climat océanique, la chaleur modérée et l'humidité ambiante facilitent l'enracinement — profitez-en.
Automne (septembre — novembre) : les boutures de bois dur
L'automne est le royaume de la bouture aoûtée. De fin août septembre jusqu'en novembre, le bois est durci et les plantes entrent en dormance :
- Septembre : buis, lavande (fin de fenêtre), groseillier, cassissier
- Octobre : troène, charmille, saule, cornouiller, spirée
- Novembre : dernières boutures ligneuses avant les gelées — forsythia en bois dur, vigne
Variante régionale : en zone continentale et en montagne, terminez vos boutures aoûtées avant fin octobre. Les premières gelées précoces pourraient compromettre l'enracinement. Un voile d'hivernage P17 (qui ajoute +2 °C de protection) est indispensable.
Hiver (décembre — février) : patience et surveillance
L'hiver n'est pas une saison morte pour le boutureur. C'est le moment de :
- Surveiller les boutures aoûtées plantées en automne (humidité, gel)
- Bouturer en bois sec les groseilliers, cassissiers et vignes (janvier-février)
- Préparer le matériel pour la saison suivante : nettoyer les sécateurs, préparer les substrats
- Marcotter les arbustes persistants sous châssis froid
Protection hivernale : vos boutures en cours d'enracinement sont vulnérables. Installez un voile P30 (+4 °C de protection) sur les espèces les plus sensibles, ou rentrez les pots dans un châssis froid non chauffé.
| Mois | Méthode principale | Plantes à bouturer | Action prioritaire |
|---|---|---|---|
| Janvier | Bois sec | Groseillier, cassissier, vigne | Surveillance des boutures d'automne |
| Février | Bois sec | Groseillier, cassissier, vigne | Préparation du matériel |
| Mars | Division / Marcottage | Vivaces précoces, lavande (division) | Début du marcottage de glycine |
| Avril | Marcottage | Glycine, chèvrefeuille, rhododendron | Préparation substrats de bouturage |
| Mai | Herbacée | Géranium, laurier rose, fuchsia, sauge | Premiers prélèvements de tiges tendres |
| Juin | Herbacée / Semi-aoûtée | Forsythia, clématite, début hortensia | Transition vers semi-aoûtée |
| Juillet | Semi-aoûtée | Hortensia, weigélia, rosier, buddleia | Haute saison : bouturage intensif |
| Août | Semi-aoûtée / Aoûtée | Lavande, rosier, buis, troène, fruitiers | Début des boutures de bois dur |
| Septembre | Aoûtée | Buis, groseillier, cassissier, lavande | Récolte de rameaux lignifiés |
| Octobre | Aoûtée | Troène, charmille, saule, cornouiller | Protection des boutures (voile P17) |
| Novembre | Ligneuse | Forsythia (bois dur), vigne | Dernières boutures avant gel |
| Décembre | Repos / Surveillance | — | Protection hivernale, châssis froid |
Guide complet : 15+ plantes extérieur à bouturer (classées par catégorie)
Au-delà du top 10, voici un guide élargi de toutes les plantes de jardin que vous pouvez multiplier par bouturage, classées par famille.
Arbustes ornementaux
Les arbustes constituent l'ossature du jardin. Bonne nouvelle : la plupart se bouturent avec succès.
- Forsythia : semi-aoûtée juin-août, 95 % de réussite — le champion toutes catégories. forsythia
- Hortensia : semi-aoûtée fin juin-mi-juillet, 75 %. Coupez sous un nœud, gardez 2 feuilles réduites de moitié. hortensia
- Buis : aoûtée fin août-septembre, 75 %. Patience requise mais résultat durable. buis
- Lavande : semi-aoûtée août-septembre, 70 %. Substrat très drainant impératif. lavande
- Buddleia (arbre à papillons) : semi-aoûtée juillet-août, 80 %. Croissance rapide après enracinement.
- Weigélia : semi-aoûtée juin-juillet, 75 %. Belle floraison rose dès la deuxième année.
- Laurier rose : herbacée mai-juillet, 85 %. Fonctionne même dans un simple verre d'eau. laurier-rose
Petits fruitiers
Multiplier vos arbustes fruitiers par bouturage, c'est créer un verger productif pour presque rien. Le ROI économique est spectaculaire : un pied de groseillier donne 8 à 10 boutures, chaque plant produisant 3 à 5 kg de fruits par an.
- Groseillier : semi-aoûtée été ou ligneuse hiver, 90 %. Le plus facile des fruitiers à bouturer. groseillier
- Cassissier : mêmes conditions que le groseillier, 90 %. Récolte dès la 2e année. cassissier
- Framboisier : par drageons ou boutures de racines en automne, 85 %. Se propage naturellement.
- Figuier : bouture aoûtée novembre-février, 70 %. Rameaux de 20-25 cm en bois de l'année. figuier
- Vigne : bouture ligneuse janvier-mars, 75 %. Traditionnel bouturage de sarments.
Vivaces et plantes de massif
Les vivaces de massif se multiplient avec une facilité qui étonne les débutants. Un seul pied peut fournir une dizaine de boutures chaque année.
- Géranium : herbacée mai-juillet, 90 %. Prélevez des tiges sans fleurs de 10 cm. geranium
- Sauge ornementale : herbacée juin-juillet, 80 %. Enracinement rapide en 3 semaines.
- Romarin : semi-aoûtée août-septembre, 75 %. Aromatique et ornementale. romarin
- Thym : semi-aoûtée ou marcottage, 80 %. Idéal pour les bordures de jardin méditerranéen.
Rosiers et grimpantes
Le bouturage des rosiers fascine autant qu'il impressionne. Contrairement aux idées reçues, le rosier ancien et le rosier grimpant répondent très bien à la bouture semi-aoûtée.
- Rosier ancien et grimpant : semi-aoûtée mi-juillet-août, 70 %. Choisissez des tiges ayant fleuri, juste sous la fleur fanée. rosier
- Clématite : semi-aoûtée juin-juillet ou marcottage, 55 %. Le marcottage augmente significativement les chances. clematite
- Jasmin étoilé : semi-aoûtée juillet-août, 70 %. Grimpante parfumée, parfaite pour pergola.
- Glycine : marcottage printemps-été, 80 %. Le bouturage classique est difficile — privilégiez le marcottage aérien ou en couchage.
- Chèvrefeuille : semi-aoûtée juillet ou marcottage, 75 %. Enracinement rapide si l'humidité est maintenue. chevrefeuille
Matériel essentiel pour réussir vos boutures outdoor
Pas besoin d'investir dans du matériel coûteux pour réussir vos boutures en extérieur. Voici les indispensables, avec des alternatives DIY qui réduisent le budget à presque rien.
- Sécateur désinfecté : l'outil numéro un. Nettoyez la lame à l'alcool à 70° avant chaque session pour éviter la propagation de maladies. Un bon sécateur coûte 15 à 25 € et dure des années.
- Substrat drainant : le mélange idéal est 50 % sable grossier + 50 % perlite (ou vermiculite). Alternative maison : terreau de bouturage fait maison (terreau tamisé + sable de rivière) pour environ 5 € les 20 litres.
- Hormone de bouturage : la poudre d'hormone (auxine) booste l'enracinement de 20 à 40 %. Alternative naturelle : l'eau de saule. Faites tremper des rameaux de saule dans de l'eau tiède pendant 48 heures — la solution obtenue est riche en acide salicylique, un stimulateur racinaire naturel et gratuit.
- Mini-serre ou cloche : indispensable pour maintenir l'humidité autour des boutures herbacées. Une bouteille en plastique coupée en deux fait office de cloche individuelle — coût : 0 €.
- Godets ou pots percés : récupérez les pots en plastique de vos achats en jardinerie. Percez des trous de drainage supplémentaires si nécessaire.
- Voile d'hivernage : le voile P17 (+2 °C) pour la mi-saison, le voile P30 (+4 °C) pour l'hiver. Investissement de 5 à 10 € pour protéger des dizaines de boutures.
- Pulvérisateur : pour brumiser les feuilles sans détremper le substrat. Un simple spray de récupération convient.
- Tunnel de forçage : pour les boutureurs assidus. Un petit tunnel de forçage en plastique (10-20 €) crée un microclimat idéal pour des séries de boutures en pleine terre.
Budget total pour débuter : entre 10 et 30 € en utilisant les alternatives DIY. Comparé au prix d'un seul arbuste en jardinerie (8 à 25 €), l'investissement est rentabilisé dès la première série de boutures.
Protéger vos boutures des 4 dangers de l'extérieur
Bouturer en extérieur, c'est exposer des tiges fragiles aux caprices de la météo. Voici les 4 menaces principales et comment les neutraliser.
Le gel : ennemi numéro 1
Une gelée tardive au printemps ou précoce à l'automne peut anéantir une série entière de boutures. Les jeunes racines, encore tendres, ne supportent pas les températures négatives.
Solutions : assurez une protection gel efficace : installez un voile hivernage P17 dès que les températures nocturnes descendent sous 5 °C. Pour une protection renforcée, le voile P30 offre +4 °C de marge. En zone montagne ou continentale, un châssis froid (cadre en bois avec vitre ou plexiglas) constitue l'abri le plus fiable : il protège du gel tout en laissant passer la lumière. Placez-le contre un mur exposé sud pour maximiser l'effet thermique.
La pluie et la pourriture
Un excès d'eau est aussi dangereux que le manque. Les boutures en extérieur sont à la merci des averses prolongées qui saturent le substrat et provoquent la pourriture des tiges avant l'enracinement.
Solutions : utilisez un substrat drainant (sable + perlite), jamais de terreau pur. Surélevez les pots sur des cales pour que l'eau s'évacue. En période de fortes pluies, déplacez temporairement les boutures sous un auvent ou couvrez-les d'une plaque transparente en laissant les côtés ouverts pour la ventilation. En climat océanique, le drainage est la priorité absolue.
La sécheresse et les coups de chaleur
En été, surtout en zone méditerranéenne (PACA, Languedoc), la chaleur peut dessécher une bouture en quelques heures. Les boutures herbacées, dépourvues de réserves, sont particulièrement vulnérables.
Solutions : placez systématiquement vos boutures à la mi-ombre (jamais en plein soleil). Utilisez un paillage léger autour des pots pour limiter l'évaporation. Brumisez les feuilles matin et soir. Un tunnel de forçage ou une cloche en plastique maintient un taux d'humidité de 80 à 90 % autour des boutures — l'environnement idéal pour l'enracinement.
Le vent : le danger sous-estimé
Le vent dessèche les feuilles, refroidit les boutures et peut même déchausser les tiges fraîchement plantées. En zone venteuse (littoral, couloir du Rhône, plateaux), c'est un facteur d'échec majeur.
Solutions : installez vos boutures à l'abri d'un mur, d'une haie ou d'un brise-vent naturel. Un simple panneau en bois de palette, placé côté vent dominant, suffit. Pour les boutures en pleine terre, enfoncez les tiges plus profondément (aux deux tiers au lieu de la moitié) pour assurer la stabilité. Enfin, un tunnel de forçage fermé protège à la fois du vent et du dessèchement.
Les 7 erreurs fatales du bouturage en extérieur
Même avec la bonne technique et le bon calendrier, certaines erreurs reviennent inlassablement. Voici les 7 pièges les plus fréquents — et comment les éviter.
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Arroser trop (40 % des échecs) : c'est le piège numéro un. Un substrat constamment gorgé d'eau fait pourrir la base de la bouture avant qu'elle ait le temps de former des racines. Solution : le substrat doit être humide mais jamais détrempé. Testez avec le doigt : si les premiers centimètres sont humides, n'arrosez pas. Utilisez un substrat drainant (sable + perlite) qui ne retient jamais trop d'eau.
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Bouturer au mauvais moment : un hortensia bouturé en septembre ou un rosier bouturé en mai — la plante n'est pas au bon stade de maturité et le taux d'échec explose. Solution : respectez scrupuleusement le calendrier saisonnier. La période optimale est une fenêtre de quelques semaines, pas de quelques mois.
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Exposer au soleil direct : une bouture n'est pas un plant établi. Ses feuilles transpireront plus d'eau que les racines absentes ne peuvent en fournir. Résultat : flétrissement en quelques heures. Solution : toujours placer à la mi-ombre, sous un arbre à feuillage léger ou sous un voile d'ombrage.
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Utiliser un substrat inadapté : du terreau pur, trop riche et trop compact, retient l'eau et favorise les moisissures. Solution : mélangez 50 % de sable grossier et 50 % de perlite, ou utilisez un terreau de bouturage allégé. Le substrat idéal est léger, aéré et drainant. Pour consulter les normes officielles de préparation de substrat de bouturage, voir les recommandations de l'INRAE - Institut National de Recherche pour l'Agriculture, l'Alimentation et l'Environnement.
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Négliger la protection contre le gel : des boutures non protégées à l'automne ou en fin d'hiver peuvent geler et mourir alors qu'elles avaient commencé à s'enraciner. Solution : un voile P17 minimum dès que la température descend sous 5 °C, un châssis froid pour les boutures aoûtées en cours d'enracinement hivernal.
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Couper avec un outil sale : un sécateur non désinfecté transmet des bactéries et champignons à la bouture fraîchement coupée. L'infection est invisible mais mortelle. Solution : nettoyez systématiquement la lame à l'alcool à 70° ou à la flamme entre chaque plante.
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Abandonner trop tôt : une bouture aoûtée plantée en octobre ne montrera aucun signe de vie avant mars ou avril. Beaucoup de jardiniers arrachent leurs boutures en les croyant mortes, alors qu'un réseau racinaire se développait silencieusement sous terre. Solution : grattez délicatement l'écorce à la base — si le bois est vert dessous, la bouture est vivante. Patientez jusqu'au printemps.
FAQ : 18 questions sur le bouturage en extérieur
Retrouvez ci-dessous les réponses aux questions les plus fréquentes sur le bouturage des plantes de jardin. Pour chaque question, nous vous donnons une réponse concrète et actionnable.
Conclusion : créez votre jardin gratuitement
Le bouturage de plantes extérieur n'est pas un simple loisir de jardinier : c'est une stratégie d'autonomie végétale. En maîtrisant les 4 méthodes de bouturage adaptées à votre zone USDA de rusticité, en respectant le calendrier saisonnier et en évitant les 7 erreurs fatales, vous pouvez transformer un seul arbuste en haie complète, un rosier en collection, un groseillier en verger productif.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : un investissement de 15 € en matériel DIY, quelques heures de pratique, et vous économisez des centaines d'euros chaque année en plants de jardinerie. Plus encore, vous développez une connaissance intime de vos plantes, vous créez un patrimoine végétal unique et vous devenez capable de partager vos boutures avec vos voisins et amis — le meilleur moyen de tisser des liens au jardin.
Commencez petit, avec 2 ou 3 espèces faciles comme le forsythia, le geranium ou le groseillier. L'été prochain, vous aurez vos premiers résultats. Dans deux ans, vous aurez un jardin foisonnant, créé de vos propres mains et pour presque rien.
Consultez nos fiches détaillées pour chaque plante : hortensia, rosier, lavande, laurier-rose, buis, clematite. Chaque fiche vous guide pas à pas, de la coupe au rempotage.
Votre jardin n'attend que vous. Prenez votre sécateur, choisissez une plante et lancez-vous — la nature fait le reste.
