Bouture Plantes Extérieur : Guide Complet Jardin (15+ Espèces)
16 février 2026

Bouture Plantes Extérieur : Guide Complet Jardin (15+ Espèces)

18 min de lecture

Bouturer au jardin : Multipliez vos plantes extérieur gratuitement

Et si un seul plant de votre jardin pouvait en donner dix, sans débourser un centime ? La bouture de plantes extérieur est le secret le mieux gardé des jardiniers économes : une technique millénaire qui transforme chaque arbuste, chaque vivace en source inépuisable de nouveaux plants. Une haie de forsythia de 10 mètres ? 150 € en pépinière, ou 15 € en bouturant vous-même. Le calcul est vite fait.

Pourtant, beaucoup de jardiniers hésitent. Trop compliqué, trop de risques d'échec, pas le bon matériel… Les idées reçues freinent des milliers de passionnés qui pourraient multiplier leur jardin chaque été. La vérité, c'est que certaines plantes de jardin affichent des taux de réussite de 90 à 95 % en bouturage — encore faut-il connaître la bonne méthode et la bonne période. Quelle que soit votre zone de rusticité, de la Bretagne à la Méditerranée, la bouture automne comme la bouture estivale ont fait leurs preuves. Pour plus d'informations scientifiques, consultez ce guide complet du bouturage sur Gerbeaud.

Dans ce guide complet, vous allez découvrir les 10 plantes extérieur les plus faciles à bouturer, les 4 méthodes de bouturage adaptées au jardin, un calendrier mois par mois et toutes les astuces pour protéger vos boutures des aléas climatiques. Que vous jardiniez en Bretagne, en PACA ou en montagne, ce guide vous accompagne de la première coupe au premier enracinement.

Prêt à créer votre pépinière maison ? Suivez le guide.

Top 10 des plantes extérieur les plus faciles à bouturer

Pour débuter en bouturage outdoor, mieux vaut miser sur des plantes au taux de réussite éprouvé. Voici les 10 championnes du bouturage de jardin, classées par facilité :

Rang Plante Taux de réussite Méthode Période optimale Atout principal
1 Forsythia 95 % Semi-aoûtée Juin — Août Enracinement ultra-facile, haie fleurie jaune
2 Géranium 90 % Herbacée Mai — Juillet Roi des balcons, presque infaillible
3 Groseillier 90 % Semi-aoûtée / Ligneuse Été ou Hiver Fruitier généreux, production dès la 2e année
4 Cassissier 90 % Semi-aoûtée / Ligneuse Juin — Août ou Hiver Fruits riches en vitamine C
5 Laurier rose 85 % Herbacée Mai — Juillet S'enracine même dans l'eau
6 Hortensia 75 % Semi-aoûtée Fin juin — Mi-juillet Emblème des jardins bretons
7 Buis 75 % Aoûtée Fin août — Septembre Bordures et topiaires durables
8 Rosier 70 % Semi-aoûtée Mi-juillet — Août Rosiers anciens et grimpants au top
9 Lavande 70 % Semi-aoûtée Août — Septembre Bordures méditerranéennes économiques
10 Clématite 55 % Semi-aoûtée / Marcottage Juin — Juillet Prix élevé en jardinerie, rentable en bouture

À noter : ces taux de réussite sont des moyennes observées dans des conditions correctes de substrat, d'humidité et de température. Avec un peu d'expérience et les techniques que nous détaillons ci-dessous, vous pouvez largement les dépasser.

Les 4 méthodes de bouturage pour l'extérieur (et quand les utiliser)

Le bouturage en extérieur ne se résume pas à couper une tige et la planter. Selon la saison et le degré de maturité du bois, quatre techniques distinctes s'offrent à vous. Chacune a ses avantages, ses plantes de prédilection et sa période optimale.

La bouture herbacée (printemps — début été)

Réalisée de mai à juillet, la bouture herbacée utilise des jeunes pousses encore tendres et vertes, gorgées de sève. C'est la technique la plus rapide : l'enracinement se produit en 3 à 6 semaines. Elle convient parfaitement aux géraniums, au laurier rose et aux plantes vivaces de massif.

Avantages : enracinement rapide, forte vitalité des tiges, technique simple pour les débutants. Inconvénients : les boutures sont fragiles et sensibles au dessèchement. Il faut maintenir une humidité constante, idéalement sous mini-serre ou cloche.

Prélevez des tiges de 8 à 12 cm, supprimez les feuilles du bas et les éventuelles fleurs, puis plantez dans un terreau bouturage drainant composé de sable perlite à parts égales. Gardez à mi-ombre et brumisez régulièrement.

La bouture semi-aoûtée (juillet — août)

La bouture semi-aoûtée est la reine du bouturage extérieur. Pratiquée de juillet à août, elle concerne les tiges dont la base commence à durcir tandis que l'extrémité reste encore souple. C'est la méthode qui convient au plus grand nombre de plantes de jardin : hortensia, rosier, lavande, forsythia.

Avantages : excellent compromis entre vigueur et résistance, large gamme de plantes compatibles, taux de réussite élevé. Inconvénients : fenêtre de tir plus courte (quelques semaines selon les espèces), nécessite un œil exercé pour juger la maturité du bois.

Le principe : coupez une tige de 15 à 20 cm juste sous un nœud, retirez les feuilles de la moitié inférieure, trempez la base dans une hormone bouturage en poudre (ou de l'eau de saule, alternative naturelle) et plantez en substrat drainant. L'enracinement prend 6 à 10 semaines.

La bouture aoûtée (automne)

La bouture aoûtée se pratique de fin août à novembre, sur des rameaux dont le bois est complètement durci et lignifié. C'est la méthode de prédilection pour le buis, les arbustes à fruits rouges (groseillier, cassissier) et les arbustes caducs.

Avantages : les boutures sont robustes, résistent mieux au froid et demandent moins de surveillance. Inconvénients : l'enracinement est très lent (3 à 6 mois), il faut donc de la patience. Les boutures ne montreront aucun signe de vie apparent avant le printemps suivant.

Prélevez des rameaux de 20 à 30 cm de bois de l'année, plantez-les aux deux tiers dans un substrat sableux en pleine terre ou en pot protégé. Un châssis froid est l'allié idéal pour cette méthode.

Le marcottage : pour les plantes récalcitrantes

Certaines plantes de jardin refusent obstinément de s'enraciner par bouturage classique. Le marcottage offre une alternative : au lieu de couper la tige, on l'incline vers le sol, on entaille l'écorce et on enterre la portion blessée. La tige produit des racines tout en restant alimentée par la plante mère.

Le marcottage est la solution de choix pour la glycine, le magnolia, la clématite (en complément du bouturage) et les rhododendrons. L'enracinement prend 6 mois à 1 an, mais le taux de réussite approche les 90 % puisque la bouture n'est jamais sevrée brutalement.

Méthode Période Type de bois Enracinement Taux moyen Plantes phares
Herbacée Mai — Juillet Jeune, tendre, vert 3 à 6 semaines 80-90 % Géranium, laurier rose, vivaces
Semi-aoûtée Juillet — Août Base durcie, extrémité souple 6 à 10 semaines 70-85 % Hortensia, rosier, lavande, forsythia
Aoûtée Sept. — Novembre Complètement lignifié 3 à 6 mois 70-80 % Buis, groseillier, cassissier
Marcottage Printemps — Été Tige vivante non coupée 6 mois à 1 an 85-90 % Glycine, magnolia, clématite

Calendrier du bouturage au jardin : que bouturer mois par mois ?

La réussite d'une bouture de plante extérieur repose avant tout sur le timing. Voici le calendrier saisonnier complet pour ne rater aucune fenêtre de bouturage.

Printemps (mars — mai) : le réveil

Le printemps marque le démarrage des boutures herbacées. Dès que les nouvelles pousses atteignent 10 cm, vous pouvez commencer :

  • Mars-avril : bouturage des vivaces précoces, division des touffes de lavande déjà installées
  • Mai : début des boutures herbacées — géraniums, laurier rose, fuchsias, sauges ornementales
  • Marcottage : excellent moment pour marcotter glycine, chèvrefeuille et rhododendron

Variante régionale : en climat océanique (Bretagne, Normandie), le printemps est doux et humide — conditions idéales. En zone montagne, décalez de 2 à 3 semaines. En PACA, surveillez les coups de chaleur précoces et protégez vos boutures du vent sec.

Été (juin — août) : la haute saison du bouturage

C'est LA période phare. La majorité des plantes de jardin se bouturent entre juin et août, en bouture semi-aoûtée :

  • Juin : forsythia, clématite, début de l'hortensia
  • Fin juin — mi-juillet : fenêtre optimale pour l'hortensia, le weigélia, le deutzia
  • Mi-juillet — août : rosier ancien, rosier grimpant, lavande, buddleia
  • Août : début des boutures aoûtées pour le buis, le troène, les petits fruitiers

Variante régionale : en zone méditerranéenne, l'été chaud et sec est un piège. Bouturez tôt le matin, placez les boutures à l'ombre et utilisez un tunnel forçage pour maintenir l'humidité. En climat océanique, la chaleur modérée et l'humidité ambiante facilitent l'enracinement — profitez-en.

Automne (septembre — novembre) : les boutures de bois dur

L'automne est le royaume de la bouture aoûtée. De fin août septembre jusqu'en novembre, le bois est durci et les plantes entrent en dormance :

  • Septembre : buis, lavande (fin de fenêtre), groseillier, cassissier
  • Octobre : troène, charmille, saule, cornouiller, spirée
  • Novembre : dernières boutures ligneuses avant les gelées — forsythia en bois dur, vigne

Variante régionale : en zone continentale et en montagne, terminez vos boutures aoûtées avant fin octobre. Les premières gelées précoces pourraient compromettre l'enracinement. Un voile d'hivernage P17 (qui ajoute +2 °C de protection) est indispensable.

Hiver (décembre — février) : patience et surveillance

L'hiver n'est pas une saison morte pour le boutureur. C'est le moment de :

  • Surveiller les boutures aoûtées plantées en automne (humidité, gel)
  • Bouturer en bois sec les groseilliers, cassissiers et vignes (janvier-février)
  • Préparer le matériel pour la saison suivante : nettoyer les sécateurs, préparer les substrats
  • Marcotter les arbustes persistants sous châssis froid

Protection hivernale : vos boutures en cours d'enracinement sont vulnérables. Installez un voile P30 (+4 °C de protection) sur les espèces les plus sensibles, ou rentrez les pots dans un châssis froid non chauffé.

Calendrier saisonnier du bouturage des plantes d'extérieur au jardin
Mois Méthode principale Plantes à bouturer Action prioritaire
Janvier Bois sec Groseillier, cassissier, vigne Surveillance des boutures d'automne
Février Bois sec Groseillier, cassissier, vigne Préparation du matériel
Mars Division / Marcottage Vivaces précoces, lavande (division) Début du marcottage de glycine
Avril Marcottage Glycine, chèvrefeuille, rhododendron Préparation substrats de bouturage
Mai Herbacée Géranium, laurier rose, fuchsia, sauge Premiers prélèvements de tiges tendres
Juin Herbacée / Semi-aoûtée Forsythia, clématite, début hortensia Transition vers semi-aoûtée
Juillet Semi-aoûtée Hortensia, weigélia, rosier, buddleia Haute saison : bouturage intensif
Août Semi-aoûtée / Aoûtée Lavande, rosier, buis, troène, fruitiers Début des boutures de bois dur
Septembre Aoûtée Buis, groseillier, cassissier, lavande Récolte de rameaux lignifiés
Octobre Aoûtée Troène, charmille, saule, cornouiller Protection des boutures (voile P17)
Novembre Ligneuse Forsythia (bois dur), vigne Dernières boutures avant gel
Décembre Repos / Surveillance Protection hivernale, châssis froid
Guide des 15 plantes d'extérieur les plus faciles à bouturer au jardin

Guide complet : 15+ plantes extérieur à bouturer (classées par catégorie)

Au-delà du top 10, voici un guide élargi de toutes les plantes de jardin que vous pouvez multiplier par bouturage, classées par famille.

Arbustes ornementaux

Les arbustes constituent l'ossature du jardin. Bonne nouvelle : la plupart se bouturent avec succès.

  • Forsythia : semi-aoûtée juin-août, 95 % de réussite — le champion toutes catégories. forsythia
  • Hortensia : semi-aoûtée fin juin-mi-juillet, 75 %. Coupez sous un nœud, gardez 2 feuilles réduites de moitié. hortensia
  • Buis : aoûtée fin août-septembre, 75 %. Patience requise mais résultat durable. buis
  • Lavande : semi-aoûtée août-septembre, 70 %. Substrat très drainant impératif. lavande
  • Buddleia (arbre à papillons) : semi-aoûtée juillet-août, 80 %. Croissance rapide après enracinement.
  • Weigélia : semi-aoûtée juin-juillet, 75 %. Belle floraison rose dès la deuxième année.
  • Laurier rose : herbacée mai-juillet, 85 %. Fonctionne même dans un simple verre d'eau. laurier-rose

Petits fruitiers

Multiplier vos arbustes fruitiers par bouturage, c'est créer un verger productif pour presque rien. Le ROI économique est spectaculaire : un pied de groseillier donne 8 à 10 boutures, chaque plant produisant 3 à 5 kg de fruits par an.

  • Groseillier : semi-aoûtée été ou ligneuse hiver, 90 %. Le plus facile des fruitiers à bouturer. groseillier
  • Cassissier : mêmes conditions que le groseillier, 90 %. Récolte dès la 2e année. cassissier
  • Framboisier : par drageons ou boutures de racines en automne, 85 %. Se propage naturellement.
  • Figuier : bouture aoûtée novembre-février, 70 %. Rameaux de 20-25 cm en bois de l'année. figuier
  • Vigne : bouture ligneuse janvier-mars, 75 %. Traditionnel bouturage de sarments.

Vivaces et plantes de massif

Les vivaces de massif se multiplient avec une facilité qui étonne les débutants. Un seul pied peut fournir une dizaine de boutures chaque année.

  • Géranium : herbacée mai-juillet, 90 %. Prélevez des tiges sans fleurs de 10 cm. geranium
  • Sauge ornementale : herbacée juin-juillet, 80 %. Enracinement rapide en 3 semaines.
  • Romarin : semi-aoûtée août-septembre, 75 %. Aromatique et ornementale. romarin
  • Thym : semi-aoûtée ou marcottage, 80 %. Idéal pour les bordures de jardin méditerranéen.

Rosiers et grimpantes

Le bouturage des rosiers fascine autant qu'il impressionne. Contrairement aux idées reçues, le rosier ancien et le rosier grimpant répondent très bien à la bouture semi-aoûtée.

  • Rosier ancien et grimpant : semi-aoûtée mi-juillet-août, 70 %. Choisissez des tiges ayant fleuri, juste sous la fleur fanée. rosier
  • Clématite : semi-aoûtée juin-juillet ou marcottage, 55 %. Le marcottage augmente significativement les chances. clematite
  • Jasmin étoilé : semi-aoûtée juillet-août, 70 %. Grimpante parfumée, parfaite pour pergola.
  • Glycine : marcottage printemps-été, 80 %. Le bouturage classique est difficile — privilégiez le marcottage aérien ou en couchage.
  • Chèvrefeuille : semi-aoûtée juillet ou marcottage, 75 %. Enracinement rapide si l'humidité est maintenue. chevrefeuille

Matériel essentiel pour réussir vos boutures outdoor

Pas besoin d'investir dans du matériel coûteux pour réussir vos boutures en extérieur. Voici les indispensables, avec des alternatives DIY qui réduisent le budget à presque rien.

  • Sécateur désinfecté : l'outil numéro un. Nettoyez la lame à l'alcool à 70° avant chaque session pour éviter la propagation de maladies. Un bon sécateur coûte 15 à 25 € et dure des années.
  • Substrat drainant : le mélange idéal est 50 % sable grossier + 50 % perlite (ou vermiculite). Alternative maison : terreau de bouturage fait maison (terreau tamisé + sable de rivière) pour environ 5 € les 20 litres.
  • Hormone de bouturage : la poudre d'hormone (auxine) booste l'enracinement de 20 à 40 %. Alternative naturelle : l'eau de saule. Faites tremper des rameaux de saule dans de l'eau tiède pendant 48 heures — la solution obtenue est riche en acide salicylique, un stimulateur racinaire naturel et gratuit.
  • Mini-serre ou cloche : indispensable pour maintenir l'humidité autour des boutures herbacées. Une bouteille en plastique coupée en deux fait office de cloche individuelle — coût : 0 €.
  • Godets ou pots percés : récupérez les pots en plastique de vos achats en jardinerie. Percez des trous de drainage supplémentaires si nécessaire.
  • Voile d'hivernage : le voile P17 (+2 °C) pour la mi-saison, le voile P30 (+4 °C) pour l'hiver. Investissement de 5 à 10 € pour protéger des dizaines de boutures.
  • Pulvérisateur : pour brumiser les feuilles sans détremper le substrat. Un simple spray de récupération convient.
  • Tunnel de forçage : pour les boutureurs assidus. Un petit tunnel de forçage en plastique (10-20 €) crée un microclimat idéal pour des séries de boutures en pleine terre.

Budget total pour débuter : entre 10 et 30 € en utilisant les alternatives DIY. Comparé au prix d'un seul arbuste en jardinerie (8 à 25 €), l'investissement est rentabilisé dès la première série de boutures.

Protéger vos boutures des 4 dangers de l'extérieur

Bouturer en extérieur, c'est exposer des tiges fragiles aux caprices de la météo. Voici les 4 menaces principales et comment les neutraliser.

Le gel : ennemi numéro 1

Une gelée tardive au printemps ou précoce à l'automne peut anéantir une série entière de boutures. Les jeunes racines, encore tendres, ne supportent pas les températures négatives.

Solutions : assurez une protection gel efficace : installez un voile hivernage P17 dès que les températures nocturnes descendent sous 5 °C. Pour une protection renforcée, le voile P30 offre +4 °C de marge. En zone montagne ou continentale, un châssis froid (cadre en bois avec vitre ou plexiglas) constitue l'abri le plus fiable : il protège du gel tout en laissant passer la lumière. Placez-le contre un mur exposé sud pour maximiser l'effet thermique.

La pluie et la pourriture

Un excès d'eau est aussi dangereux que le manque. Les boutures en extérieur sont à la merci des averses prolongées qui saturent le substrat et provoquent la pourriture des tiges avant l'enracinement.

Solutions : utilisez un substrat drainant (sable + perlite), jamais de terreau pur. Surélevez les pots sur des cales pour que l'eau s'évacue. En période de fortes pluies, déplacez temporairement les boutures sous un auvent ou couvrez-les d'une plaque transparente en laissant les côtés ouverts pour la ventilation. En climat océanique, le drainage est la priorité absolue.

La sécheresse et les coups de chaleur

En été, surtout en zone méditerranéenne (PACA, Languedoc), la chaleur peut dessécher une bouture en quelques heures. Les boutures herbacées, dépourvues de réserves, sont particulièrement vulnérables.

Solutions : placez systématiquement vos boutures à la mi-ombre (jamais en plein soleil). Utilisez un paillage léger autour des pots pour limiter l'évaporation. Brumisez les feuilles matin et soir. Un tunnel de forçage ou une cloche en plastique maintient un taux d'humidité de 80 à 90 % autour des boutures — l'environnement idéal pour l'enracinement.

Le vent : le danger sous-estimé

Le vent dessèche les feuilles, refroidit les boutures et peut même déchausser les tiges fraîchement plantées. En zone venteuse (littoral, couloir du Rhône, plateaux), c'est un facteur d'échec majeur.

Solutions : installez vos boutures à l'abri d'un mur, d'une haie ou d'un brise-vent naturel. Un simple panneau en bois de palette, placé côté vent dominant, suffit. Pour les boutures en pleine terre, enfoncez les tiges plus profondément (aux deux tiers au lieu de la moitié) pour assurer la stabilité. Enfin, un tunnel de forçage fermé protège à la fois du vent et du dessèchement.

Les 7 erreurs fatales du bouturage en extérieur

Même avec la bonne technique et le bon calendrier, certaines erreurs reviennent inlassablement. Voici les 7 pièges les plus fréquents — et comment les éviter.

  1. Arroser trop (40 % des échecs) : c'est le piège numéro un. Un substrat constamment gorgé d'eau fait pourrir la base de la bouture avant qu'elle ait le temps de former des racines. Solution : le substrat doit être humide mais jamais détrempé. Testez avec le doigt : si les premiers centimètres sont humides, n'arrosez pas. Utilisez un substrat drainant (sable + perlite) qui ne retient jamais trop d'eau.

  2. Bouturer au mauvais moment : un hortensia bouturé en septembre ou un rosier bouturé en mai — la plante n'est pas au bon stade de maturité et le taux d'échec explose. Solution : respectez scrupuleusement le calendrier saisonnier. La période optimale est une fenêtre de quelques semaines, pas de quelques mois.

  3. Exposer au soleil direct : une bouture n'est pas un plant établi. Ses feuilles transpireront plus d'eau que les racines absentes ne peuvent en fournir. Résultat : flétrissement en quelques heures. Solution : toujours placer à la mi-ombre, sous un arbre à feuillage léger ou sous un voile d'ombrage.

  4. Utiliser un substrat inadapté : du terreau pur, trop riche et trop compact, retient l'eau et favorise les moisissures. Solution : mélangez 50 % de sable grossier et 50 % de perlite, ou utilisez un terreau de bouturage allégé. Le substrat idéal est léger, aéré et drainant. Pour consulter les normes officielles de préparation de substrat de bouturage, voir les recommandations de l'INRAE - Institut National de Recherche pour l'Agriculture, l'Alimentation et l'Environnement.

  5. Négliger la protection contre le gel : des boutures non protégées à l'automne ou en fin d'hiver peuvent geler et mourir alors qu'elles avaient commencé à s'enraciner. Solution : un voile P17 minimum dès que la température descend sous 5 °C, un châssis froid pour les boutures aoûtées en cours d'enracinement hivernal.

  6. Couper avec un outil sale : un sécateur non désinfecté transmet des bactéries et champignons à la bouture fraîchement coupée. L'infection est invisible mais mortelle. Solution : nettoyez systématiquement la lame à l'alcool à 70° ou à la flamme entre chaque plante.

  7. Abandonner trop tôt : une bouture aoûtée plantée en octobre ne montrera aucun signe de vie avant mars ou avril. Beaucoup de jardiniers arrachent leurs boutures en les croyant mortes, alors qu'un réseau racinaire se développait silencieusement sous terre. Solution : grattez délicatement l'écorce à la base — si le bois est vert dessous, la bouture est vivante. Patientez jusqu'au printemps.

FAQ : 18 questions sur le bouturage en extérieur

Retrouvez ci-dessous les réponses aux questions les plus fréquentes sur le bouturage des plantes de jardin. Pour chaque question, nous vous donnons une réponse concrète et actionnable.

Conclusion : créez votre jardin gratuitement

Le bouturage de plantes extérieur n'est pas un simple loisir de jardinier : c'est une stratégie d'autonomie végétale. En maîtrisant les 4 méthodes de bouturage adaptées à votre zone USDA de rusticité, en respectant le calendrier saisonnier et en évitant les 7 erreurs fatales, vous pouvez transformer un seul arbuste en haie complète, un rosier en collection, un groseillier en verger productif.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : un investissement de 15 € en matériel DIY, quelques heures de pratique, et vous économisez des centaines d'euros chaque année en plants de jardinerie. Plus encore, vous développez une connaissance intime de vos plantes, vous créez un patrimoine végétal unique et vous devenez capable de partager vos boutures avec vos voisins et amis — le meilleur moyen de tisser des liens au jardin.

Commencez petit, avec 2 ou 3 espèces faciles comme le forsythia, le geranium ou le groseillier. L'été prochain, vous aurez vos premiers résultats. Dans deux ans, vous aurez un jardin foisonnant, créé de vos propres mains et pour presque rien.

Consultez nos fiches détaillées pour chaque plante : hortensia, rosier, lavande, laurier-rose, buis, clematite. Chaque fiche vous guide pas à pas, de la coupe au rempotage.

Votre jardin n'attend que vous. Prenez votre sécateur, choisissez une plante et lancez-vous — la nature fait le reste.

Questions fréquentes

Quand bouturer les plantes d'extérieur ?
La période optimale dépend de la méthode : boutures herbacées de mai à juillet, semi-aoûtées de juillet à août, aoûtées de septembre à novembre, et marcottage au printemps. L'été (juin-août) concentre la majorité des bouturages de jardin, avec un pic d'activité en juillet pour les arbustes comme l'hortensia, le rosier et le forsythia.
Quelles sont les plantes d'extérieur les plus faciles à bouturer ?
Le forsythia (95 % de réussite), le géranium, le groseillier et le cassissier (90 % chacun) sont les plantes de jardin les plus faciles à bouturer. Le laurier rose (85 %) est également très accessible car il s'enracine même dans un verre d'eau. Ces plantes sont idéales pour les débutants.
Peut-on bouturer en extérieur toute l'année ?
Oui, mais chaque saison a ses méthodes. Au printemps et en été, on pratique les boutures herbacées et semi-aoûtées. En automne, les boutures aoûtées en bois dur. En hiver, on surveille les boutures en cours et on peut bouturer en bois sec les groseilliers et cassissiers. Le calendrier saisonnier est la clé de la réussite.
Comment faire une bouture herbacée en extérieur ?
Prélevez une tige de 8 à 12 cm sur une pousse jeune et tendre (mai-juillet). Supprimez les feuilles du bas et les fleurs. Plantez dans un substrat drainant (sable + perlite), placez à mi-ombre sous cloche ou mini-serre et brumisez régulièrement. L'enracinement prend 3 à 6 semaines. Cette méthode convient aux géraniums, lauriers roses et vivaces.
Quelle est la différence entre bouture herbacée, semi-aoûtée et aoûtée ?
La bouture herbacée utilise des pousses tendres et vertes (printemps-été, enracinement rapide en 3-6 semaines). La bouture semi-aoûtée utilise des tiges dont la base commence à durcir (juillet-août, enracinement en 6-10 semaines). La bouture aoûtée utilise du bois complètement lignifié (automne, enracinement lent de 3-6 mois). Le choix dépend de la saison et de la plante.
Faut-il utiliser de l'hormone de bouturage pour les plantes d'extérieur ?
L'hormone de bouturage (auxine) n'est pas obligatoire mais augmente le taux de réussite de 20 à 40 %, surtout pour les espèces plus difficiles comme le rosier ou la clématite. Alternative naturelle et gratuite : l'eau de saule, obtenue en faisant tremper des rameaux de saule 48 heures dans de l'eau tiède. Elle contient de l'acide salicylique, un stimulateur racinaire naturel.
Quel substrat utiliser pour bouturer en extérieur ?
Le substrat idéal est un mélange 50 % sable grossier et 50 % perlite (ou vermiculite). Il doit être léger, aéré et drainant. N'utilisez jamais de terreau pur : trop compact et trop riche, il favorise la pourriture. Alternative économique : terreau tamisé mélangé à du sable de rivière, pour environ 5 € les 20 litres.
Comment protéger ses boutures du gel en extérieur ?
Utilisez un voile d'hivernage P17 (+2 °C de protection) dès que les nuits descendent sous 5 °C. Pour une protection renforcée, le voile P30 offre +4 °C. L'idéal est un châssis froid (cadre bois + vitre) placé contre un mur sud : il protège du gel tout en laissant passer la lumière. Rentrez les boutures les plus fragiles dans un local hors gel.
Combien de temps faut-il pour qu'une bouture d'extérieur s'enracine ?
Cela dépend de la méthode. Les boutures herbacées s'enracinent en 3 à 6 semaines (les plus rapides). Les semi-aoûtées prennent 6 à 10 semaines. Les boutures aoûtées en bois dur sont les plus lentes : 3 à 6 mois, parfois davantage. Le marcottage nécessite 6 mois à 1 an. La température, l'humidité et l'espèce influencent aussi la vitesse.
Peut-on bouturer un hortensia en extérieur ?
Oui, l'hortensia se bouture très bien en extérieur, en bouture semi-aoûtée de fin juin à mi-juillet. Coupez une tige de 15 cm sous un nœud, gardez 2 feuilles réduites de moitié, plantez dans un substrat sable-perlite et maintenez sous cloche à mi-ombre. Le taux de réussite est d'environ 75 %. La fenêtre optimale est courte, ne la manquez pas.
Comment bouturer un rosier en extérieur ?
Bouturez vos rosiers en semi-aoûtée de mi-juillet à août. Choisissez une tige ayant fleuri, coupez un rameau de 15-20 cm juste sous un nœud, retirez les feuilles du bas et les fleurs, trempez dans de l'hormone ou de l'eau de saule, puis plantez en substrat drainant. Le taux de réussite est de 70 %, plus élevé pour les rosiers anciens et grimpants que pour les hybrides modernes.
Le bouturage de lavande est-il facile ?
Le bouturage de lavande est accessible avec un taux de réussite de 70 %. Il se pratique en semi-aoûtée d'août à septembre. La clé du succès est le drainage : un substrat trop humide fait pourrir la lavande à coup sûr. Utilisez du sable grossier mélangé à de la perlite et placez en situation ensoleillée. Évitez tout arrosage excessif.
Quelle est la meilleure période pour bouturer le forsythia ?
Le forsythia se bouture idéalement en semi-aoûtée de juin à août, avec un taux de réussite exceptionnel de 95 %. Il est aussi possible de le bouturer en bois dur à l'automne (novembre). C'est l'arbuste le plus facile à multiplier, parfait pour créer des haies fleuries jaunes au printemps sans dépenser en jardinerie.
Combien coûte le bouturage de plantes extérieur ?
Le bouturage est quasiment gratuit. Le matériel de base (sécateur, substrat sable-perlite, hormone ou eau de saule, cloches DIY en bouteilles plastique) coûte entre 10 et 30 €. Avec cet investissement minimal, vous pouvez multiplier des dizaines de plantes. À titre de comparaison, une haie de 10 mètres de forsythia coûte 150 € en pépinière contre 15 € en bouturage maison.
Quelles erreurs éviter quand on bouture en extérieur ?
Les 7 erreurs fatales sont : arroser trop (40 % des échecs), bouturer au mauvais moment, exposer au soleil direct, utiliser un substrat inadapté (terreau pur), négliger la protection contre le gel, couper avec un outil sale et abandonner trop tôt (une bouture aoûtée peut paraître morte pendant tout l'hiver alors qu'elle s'enracine). Le drainage et le timing sont les deux facteurs décisifs.
Qu'est-ce que l'eau de saule et comment l'utiliser ?
L'eau de saule est une hormone de bouturage naturelle faite maison. Coupez des rameaux de saule (n'importe quelle espèce) en tronçons de 5 cm, faites-les tremper dans de l'eau tiède pendant 48 heures. Le liquide obtenu est riche en acide salicylique, un stimulateur racinaire naturel. Trempez la base de vos boutures 12 heures dans cette eau avant de les planter. C'est gratuit et efficace.
Le bouturage fonctionne-t-il dans toutes les régions de France ?
Oui, mais avec des adaptations. En climat océanique (Bretagne, Normandie), l'humidité naturelle facilite l'enracinement — c'est idéal. En zone méditerranéenne (PACA), il faut protéger du soleil et maintenir l'humidité sous cloche. En montagne et zone continentale, décalez les périodes de 2-3 semaines et protégez davantage du gel avec voile P30 ou châssis froid. Adaptez votre calendrier à votre zone de rusticité USDA.
Peut-on bouturer des arbres fruitiers en extérieur ?
Certains arbres fruitiers se bouturent bien en extérieur : le groseillier et le cassissier (90 % de réussite), le framboisier par drageons (85 %), le figuier en bouture aoûtée (70 %) et la vigne par sarments (75 %). En revanche, les arbres fruitiers à noyau (pêcher, cerisier) et à pépins (pommier, poirier) nécessitent le greffage, le bouturage simple étant inefficace pour ces espèces.

Continuer la lecture

Tous les articles