Bouturer arbres et arbustes : Créez votre verger et vos haies pour 0 euro
Un figuier en jardinerie coûte 60 euros, un pied de vigne 25 euros, et une haie de dix arbustes dépasse vite les 600 euros. Pourtant, la bouture d'arbres et arbustes permet de multiplier toutes ces plantes ligneuses gratuitement, à condition d'accepter une règle fondamentale : la patience. Contrairement aux boutures herbacées qui s'enracinent en deux à trois semaines, les ligneux demandent six à douze mois avant de produire un système racinaire autonome. Ce délai rebute souvent les débutants, alors qu'il représente le meilleur investissement du jardinier. Chaque bouture réussie, c'est une plante économisée, un patrimoine végétal qui se transmet, et la satisfaction d'avoir créé quelque chose à partir de rien.
Dans ce guide complet, nous détaillons les dix arbres et arbustes les plus faciles à bouturer, les trois techniques adaptées aux bois durs, le calendrier mois par mois, et les erreurs fatales à éviter. Que vous souhaitiez multiplier vos groseilliers, créer une haie de forsythia ou tenter le bouturage d'un figuier centenaire, vous trouverez ici toutes les réponses concrètes pour réussir.
Top 10 des arbres et arbustes les plus faciles à bouturer
Tous les ligneux ne se bouturent pas avec la même facilité. Certains, comme le groseillier ou le cassissier, offrent des taux de réussite exceptionnels même pour les débutants. D'autres, comme le figuier ou la vigne, demandent plus de rigueur mais récompensent largement l'effort par leur valeur. Voici notre classement des dix espèces les plus accessibles, testé sur plusieurs saisons.
| Rang | Espèce | Taux de réussite | Période optimale | Durée d'enracinement | Valeur économisée |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Groseillier | 90 % | Novembre - Février | 3-4 mois | 12-18 €/plant |
| 2 | Cassissier | 85 % | Novembre - Février | 3-4 mois | 12-15 €/plant |
| 3 | Forsythia | 85 % | Juillet - Août | 4-6 mois | 10-15 €/plant |
| 4 | Weigelia | 80 % | Juillet - Août | 4-6 mois | 12-20 €/plant |
| 5 | Figuier | 75 % | Janvier - Février | 6-8 mois | 40-60 €/plant |
| 6 | Vigne | 75 % | Décembre - Février | 6-8 mois | 15-80 €/plant |
| 7 | Buddleia (arbre aux papillons) | 80 % | Juillet - Août | 4-6 mois | 10-15 €/plant |
| 8 | Spirée | 75 % | Juillet - Août | 5-7 mois | 10-18 €/plant |
| 9 | Deutzia | 70 % | Juillet - Août | 5-7 mois | 12-18 €/plant |
| 10 | Framboisier | 85 % (division) | Mars | 2-3 mois | 8-12 €/plant |
Le groseillier domine ce classement grâce à sa capacité naturelle à produire des racines adventives sur le moindre segment de bois. Un simple rameau de 20 cm, planté en novembre dans un sol meuble, donnera un arbuste productif dès la saison suivante. Le figuier, bien que plus exigeant, offre le meilleur retour sur investissement : une bouture réussie vous évite l'achat d'un arbre vendu entre 40 et 60 euros en pépinière.
Les 3 techniques de bouturage pour les ligneux
Les arbres et arbustes ne se bouturent pas comme les plantes herbacées. Leur bois, plus dense et moins réactif, nécessite des techniques spécifiques adaptées à chaque stade de lignification. Trois méthodes couvrent la quasi-totalité des cas de figure.
La bouture semi-aoûtée (juillet-septembre)
Prélevée en plein été sur du bois de l'année commençant à durcir, la bouture semi-aoûtée combine la vitalité du bois jeune et la résistance du bois mature. C'est la technique de choix pour le forsythia, le weigelia, le buddleia, la spirée et le deutzia. Le rameau idéal mesure 15 à 20 cm, avec le talon (fragment de bois ancien) à la base. Retirez les feuilles du tiers inférieur, trempez dans de l'hormone de bouturage, et plantez dans un mélange tourbe-perlite à parts égales. Maintenez une humidité constante sous cloche ou en mini-serre. L'enracinement intervient en quatre à huit semaines, mais le rempotage doit attendre le printemps suivant.
La bouture aoûtée ou ligneuse (novembre-février)
C'est la méthode reine pour les arbres fruitiers et les arbustes à feuilles caduques en repos hivernal. Le groseillier, le cassissier, le figuier et la vigne se bouturent exclusivement par cette technique. Prélevez des rameaux de l'année, bien droits, de 20 à 30 cm, avec au minimum trois à quatre nœuds. Coupez en biseau sous un nœud à la base et horizontalement au sommet (pour distinguer le haut du bas). Plantez directement en pleine terre, en enterrant les deux tiers du rameau. En hiver, le sol frais et humide stimule la production de cal cicatriciel, prélude à l'enracinement printanier.
Le marcottage aérien ou terrestre
Pour les espèces récalcitrantes au bouturage classique (certains érables, magnolias, rhododendrons), le marcottage reste la solution la plus fiable. Le marcottage terrestre consiste à courber une branche basse vers le sol, à l'enterrer partiellement et à attendre l'enracinement (six à douze mois). Le marcottage aérien entoure une section de branche décortiquée avec de la sphaigne humide maintenue par du film plastique. Cette technique garantit un taux de réussite supérieur au bouturage pour les espèces difficiles, car la branche reste alimentée par le pied-mère pendant toute la durée de l'enracinement.
| Technique | Période | Espèces adaptées | Taux moyen | Durée | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|
| Bouture semi-aoûtée | Juillet - Septembre | Forsythia, weigelia, buddleia, spirée, deutzia | 75-85 % | 4-8 semaines + hivernage | Intermédiaire |
| Bouture ligneuse | Novembre - Février | Groseillier, cassissier, figuier, vigne | 75-90 % | 3-8 mois | Facile |
| Marcottage | Printemps - Été | Érable, magnolia, rhododendron, noisetier | 85-95 % | 6-12 mois | Facile (terrestre) |
Calendrier saisonnier du bouturage d'arbres et arbustes
Le succès du bouturage d'arbres et arbustes dépend en grande partie du timing. Chaque espèce possède une fenêtre de prélèvement optimale liée à son cycle végétatif. Voici le calendrier détaillé mois par mois pour ne jamais rater le bon moment.
| Mois | Saison | Espèces à bouturer | Type de bouture | Action clé |
|---|---|---|---|---|
| Janvier | Hiver | Figuier, vigne, groseillier | Ligneuse | Prélèvement et mise en terre |
| Février | Hiver | Cassissier, figuier, fruitiers | Ligneuse | Dernière fenêtre hivernale |
| Mars | Printemps | Framboisier (division), vérification boutures hiver | Division | Séparer drageons, contrôler enracinement |
| Avril | Printemps | Marcottage terrestre (noisetier, magnolia) | Marcottage | Coucher les branches, enterrer |
| Mai | Printemps | Marcottage aérien (érable, lilas) | Marcottage | Sphaigne et film sur branches |
| Juin | Été | Boutures herbacées d'arbustes jeunes pousses | Herbacée | Prélever bois tendre, mini-serre |
| Juillet | Été | Forsythia, weigelia, buddleia, spirée | Semi-aoûtée | Prélever bois mi-dur avec talon |
| Août | Été | Deutzia, troène, hortensia | Semi-aoûtée | Dernières boutures d'été |
| Septembre | Automne | Troène, buis, if | Semi-aoûtée tardive | Sous châssis froid |
| Octobre | Automne | Préparation matériel, nettoyage pied-mères | - | Affûtage outils, repérage rameaux |
| Novembre | Automne | Groseillier, cassissier, vigne | Ligneuse | Début campagne boutures bois sec |
| Décembre | Hiver | Vigne, rosier, arbustes caducs | Ligneuse | Profiter du repos végétatif |
Printemps (mars-mai) : C'est la saison du contrôle et du marcottage. Vérifiez l'enracinement de vos boutures hivernales en tirant délicatement dessus : une résistance indique des racines en formation. Lancez les marcottages terrestres sur les espèces difficiles. Divisez les framboisiers et les ronces pour multiplier rapidement votre rang de petits fruits.
Été (juin-août) : La période des boutures semi-aoûtées bat son plein. Prélevez tôt le matin, quand les tiges sont gorgées d'eau. Travaillez vite pour éviter le flétrissement. C'est aussi le moment de surveiller les marcottages en cours et de maintenir la sphaigne humide sur les marcottages aériens.
Automne (septembre-novembre) : La transition vers les boutures ligneuses commence. Dès la chute des feuilles, les arbustes caducs sont prêts pour le prélèvement. Préparez vos planches de bouturage en pleine terre : sol ameubli, drainé, enrichi d'un peu de sable grossier.
Hiver (décembre-février) : La saison reine des boutures d'arbres et arbustes à bois sec. Le froid stimule la dormance et favorise la formation du cal cicatriciel. Travaillez hors gel, par temps doux et sec. Profitez des tailles de formation des arbustes pour récupérer du matériel de bouturage gratuit.
Guide complet : plus de 15 arbres et arbustes à bouturer
Au-delà du top 10, de nombreuses espèces ligneuses se prêtent au bouturage avec des résultats variables. Voici un panorama élargi classé par usage pour vous aider à choisir vos prochains projets de multiplication.
Arbustes ornementaux
Les arbustes à fleurs constituent le terrain de jeu idéal pour débuter. Le forsythia accepte presque toutes les techniques et s'enracine avec une facilité déconcertante. Le weigelia, avec ses fleurs en clochettes roses ou rouges, répond très bien aux boutures semi-aoûtées prélevées en juillet. Le buddleia (arbre aux papillons) pousse si vigoureusement qu'une bouture de 15 cm donne un arbuste de 1,50 m dès la première saison. La spirée et le deutzia complètent cette liste d'arbustes ornementaux particulièrement généreux en bouturage. Pour les haies, le troène et la lavande se bouturent également avec d'excellents résultats. L'hortensia reste un grand classique, avec un taux de réussite de 70 à 80 % en bouture semi-aoûtée d'août.
Petits fruits et fruitiers
Le groseillier et le cassissier sont les champions toutes catégories du bouturage fruitier. Plantez dix boutures de 20 cm en novembre, et huit à neuf reprendront sans aucun soin particulier. Le framboisier se multiplie naturellement par drageons racinaires : séparez-les au printemps et replantez immédiatement. Le figuier demande plus de patience (six à huit mois), mais la valeur d'un arbre adulte justifie largement cet investissement de temps. La vigne, qu'elle soit de table ou ornementale, se bouture en hiver à partir de sarments bien aoûtés. Le olivier peut aussi se bouturer, bien que le taux de réussite soit plus aléatoire (40-60 %) et nécessite impérativement des hormones de bouturage.
Arbres et espèces plus difficiles
Certains arbres ne se bouturent qu'avec difficulté. Les érables japonais, les magnolias et les chênes résistent au bouturage classique et préfèrent le marcottage ou le greffage. Le lilas donne des résultats irréguliers en bouture (30-50 %), mais le marcottage terrestre fonctionne presque à tous les coups. Les conifères (if, cyprès, thuya) acceptent les boutures semi-aoûtées mais exigent un substrat très drainant et de la patience : comptez huit à douze mois pour un enracinement complet. Le bougainvillier, techniquement un arbuste grimpant, se bouture au printemps avec hormone de bouturage et chaleur de fond (25 °C minimum).
Le matériel indispensable pour bouturer les ligneux
Bouturer des arbres et arbustes exige un matériel légèrement différent de celui utilisé pour les plantes herbacées. Le bois dur nécessite des outils plus robustes et des techniques de coupe plus précises.
Sécateur de qualité professionnelle : Investissez dans un sécateur à lame franche (type Felco ou équivalent) capable de coupes nettes sur du bois de 15 mm de diamètre. Une coupe écrasée condamne la bouture en favorisant les pourritures. Désinfectez la lame à l'alcool entre chaque pied-mère différent pour éviter la transmission de maladies.
Hormone de bouturage pour ligneux : Les hormones d'enracinement sont quasi indispensables pour les arbres et arbustes. Utilisez une concentration de 0,4 % à 0,8 % d'acide indole-butyrique (AIB) pour les bois semi-aoûtés, et jusqu'à 1 % pour les boutures ligneuses. La poudre se conserve mieux que le gel et s'applique sur la coupe fraîche de la base.
Substrat drainant : Le mélange idéal pour les boutures ligneuses se compose de 50 % de tourbe (ou fibre de coco) et 50 % de perlite. Pour les boutures ligneuses en pleine terre, ameublissez le sol et incorporez du sable grossier de rivière pour éviter les stagnations d'eau hivernales, fatales aux boutures.
Mini-serre ou cloche : Indispensable pour les boutures semi-aoûtées d'été, qui nécessitent une atmosphère saturée d'humidité. Un simple sac plastique transparent sur un pot fait office de mini-serre efficace. Aérez quotidiennement pour éviter les moisissures. Les boutures ligneuses d'hiver en pleine terre n'ont pas besoin de protection spéciale, sauf en région à hivers très rigoureux (en dessous de -15 °C).
Réussir l'enracinement des ligneux : la patience comme vertu cardinale
L'erreur la plus courante chez les débutants en bouture d'arbres et arbustes est l'impatience. Habitués aux boutures de pothos ou de tradescantia qui s'enracinent en dix jours, ils arrachent leurs boutures ligneuses après un mois en pensant qu'elles ont échoué. Or, le processus d'enracinement des ligneux suit un calendrier radicalement différent.
Phase 1 - Cicatrisation (semaines 1-4) : La base de la bouture forme un cal cicatriciel, un amas de cellules indifférenciées qui scelle la plaie de coupe. Aucune racine n'est visible. C'est la phase critique où la bouture ne doit ni se dessécher, ni pourrir.
Phase 2 - Initiation racinaire (mois 2-4) : Les premières ébauches racinaires apparaissent à l'intérieur du cal. En surface, rien ne change. La tentation d'arracher la bouture pour vérifier est forte, mais résistez absolument : chaque manipulation perturbe le processus. Le test de résistance (tirer légèrement sur la tige) suffit pour évaluer la progression.
Phase 3 - Développement racinaire (mois 4-8) : Les racines se développent et colonisent le substrat. Des bourgeons commencent à gonfler, puis à débourrer. C'est le signe le plus fiable de la réussite. Commencez les apports d'engrais dilué (un quart de dose) pour soutenir la croissance sans brûler les jeunes racines.
Phase 4 - Autonomie (mois 8-12) : La bouture devient un jeune plant autonome, capable de supporter le rempotage ou la transplantation en pleine terre. Attendez toujours l'automne ou le début du printemps pour cette étape afin de minimiser le stress.
Le retour sur investissement de cette patience est spectaculaire. Dix boutures de figuier réussies, c'est 400 à 600 euros économisés. Une haie de vingt forsythias bouturés plutôt qu'achetés, c'est 200 à 300 euros en moins. Et cette économie se renouvelle chaque année, puisque chaque arbuste bouturé devient lui-même un futur pied-mère.
Les 7 erreurs fatales du bouturage d'arbres et arbustes
Après des années d'accompagnement de jardiniers débutants et confirmés, voici les sept erreurs qui condamnent systématiquement les boutures de ligneux.
1. Bouturer à la mauvaise saison. Prélever des boutures ligneuses en mai ou des semi-aoûtées en décembre, c'est perdre son temps. Chaque technique a sa fenêtre, et la respecter conditionne 50 % de la réussite. Consultez notre calendrier saisonnier ci-dessus pour ne jamais vous tromper.
2. Utiliser un sécateur mal aiguisé. Une coupe écrasée broie les tissus conducteurs et crée une porte d'entrée massive pour les champignons pathogènes. Le botrytis et la pourriture grise s'installent en quelques jours sur une coupe mâchée. Aiguisez votre sécateur avant chaque session de bouturage.
3. Oublier l'hormone de bouturage. Sur les rosiers, le figuier ou l'olivier, l'hormone d'enracinement fait passer le taux de réussite de 30 % à 70 %. Ce n'est pas un gadget, c'est un outil indispensable pour les ligneux dont le bois résiste naturellement à la production de racines adventives.
4. Planter la bouture à l'envers. Cela peut paraître surprenant, mais c'est une erreur fréquente avec les boutures ligneuses sans feuilles. La règle : coupez en biseau à la base (bas) et droit au sommet (haut). Marquez-les si nécessaire.
5. Arroser trop en hiver. Les boutures ligneuses en pleine terre n'ont besoin d'aucun arrosage en hiver dans la plupart des régions françaises. Le sol naturellement humide suffit. Un excès d'eau provoque la pourriture du cal cicatriciel et la mort de la bouture. En été, les boutures semi-aoûtées demandent au contraire une humidité constante sous cloche.
6. Vérifier trop souvent. Arracher la bouture pour regarder les racines est le moyen le plus sûr de la tuer. Les jeunes radicelles, fragiles comme des fils de soie, se brisent au moindre mouvement. Le test de résistance (tirer doucement sur la tige) est la seule vérification acceptable.
7. Ignorer la législation sur les variétés protégées (COV). De nombreuses variétés d'arbres et arbustes ornementaux sont protégées par un Certificat d'Obtention Végétale. Bouturer un rosier de variété protégée pour votre propre usage est toléré, mais la revente ou la distribution est interdite et passible de poursuites. Vérifiez toujours le statut COV de la variété avant de bouturer en quantité. Les espèces botaniques (non hybrides) sont toujours libres de droits.
FAQ : 15 questions sur la bouture d'arbres et arbustes
Quelle est la meilleure saison pour bouturer les arbres et arbustes ?
L'hiver (novembre à février) est la meilleure saison pour les boutures ligneuses de la plupart des arbres fruitiers et arbustes caducs. L'été (juillet-août) convient aux boutures semi-aoûtées des arbustes ornementaux comme le forsythia ou le weigelia.
Combien de temps faut-il pour qu'une bouture d'arbre s'enracine ?
Comptez entre 3 et 12 mois selon l'espèce. Les groseilliers et cassissiers s'enracinent en 3-4 mois, tandis que les figuiers et vignes demandent 6 à 8 mois. Les conifères peuvent nécessiter jusqu'à 12 mois.
Peut-on bouturer n'importe quel arbre ?
Non. Certains arbres comme les chênes, les hêtres et la plupart des conifères résistent au bouturage classique. Le marcottage ou le greffage sont alors des alternatives plus efficaces. Les arbustes à fleurs et les petits fruits sont les plus faciles.
L'hormone de bouturage est-elle obligatoire pour les ligneux ?
Elle n'est pas strictement obligatoire pour les espèces faciles (groseillier, cassissier, buddleia), mais elle augmente significativement le taux de réussite des espèces plus difficiles (figuier, olivier, rosier). Pour les ligneux, préférez une concentration d'AIB de 0,4 à 1 %.
Comment savoir si ma bouture ligneuse a pris ?
Le meilleur indicateur est le débourrement des bourgeons au printemps : si de nouvelles feuilles apparaissent, la bouture est très probablement enracinée. Le test de résistance (tirer légèrement) permet aussi de vérifier sans risque de casser les racines.
Quelle longueur pour une bouture d'arbuste ?
Pour les boutures ligneuses, prélevez des rameaux de 20 à 30 cm avec 3 à 5 nœuds. Pour les boutures semi-aoûtées, 10 à 15 cm suffisent. Enterrez toujours au moins les deux tiers de la bouture ligneuse.
Faut-il arroser les boutures d'arbustes en hiver ?
Non, dans la grande majorité des cas. Les précipitations hivernales suffisent en France métropolitaine. Un arrosage excessif en hiver provoque la pourriture du cal cicatriciel. Arrosez uniquement en cas de sécheresse hivernale prolongée (plus de 3 semaines sans pluie).
Peut-on bouturer un arbre fruitier directement en pleine terre ?
Oui, c'est même la méthode recommandée pour les boutures ligneuses hivernales de groseillier, cassissier et vigne. Le sol frais et stable de l'hiver offre des conditions idéales. Ameublissez bien la terre et ajoutez du sable pour le drainage.
Comment bouturer un figuier avec succès ?
Prélevez des rameaux de 2 ans, de 25-30 cm, en janvier-février. Coupez en biseau à la base, appliquez de l'hormone de bouturage à 0,8 %, et plantez en pot profond dans un mélange drainant. Gardez hors gel mais au froid (5-10 °C) jusqu'au débourrement printanier. Consultez notre guide complet du bouturage de figuier.
Le bouturage de vigne est-il légal ?
Le bouturage de vigne pour usage personnel est légal pour les variétés non protégées (cépages anciens, vignes ornementales). En revanche, de nombreux cépages modernes sont protégés par un COV. La multiplication et la vente de ces variétés sans licence sont interdites. Vérifiez le statut de votre cépage avant de multiplier.
Combien d'argent peut-on économiser en bouturant ses arbustes ?
Les économies sont considérables : une haie de 20 forsythias bouturés représente 200-300 euros économisés, dix figuiers c'est 400-600 euros, et un rang de 30 groseilliers équivaut à 360-540 euros en jardinerie. Le bouturage est le meilleur investissement du jardinier patient.
Peut-on bouturer un arbre centenaire ?
Oui, la bouture permet de cloner un arbre remarquable quel que soit son âge. Les rameaux jeunes (pousses de l'année) prélevés sur un arbre ancien s'enracinent aussi bien que ceux d'un sujet jeune. C'est d'ailleurs la méthode utilisée pour conserver les variétés patrimoniales de fruitiers.
Quelle différence entre bouture et marcottage pour les arbres ?
La bouture sépare un fragment de la plante-mère avant l'enracinement, tandis que le marcottage maintient la branche connectée pendant toute la durée de l'enracinement. Le marcottage offre un meilleur taux de réussite (85-95 %) mais ne produit qu'un seul plant par branche, contre potentiellement des dizaines de boutures par pied-mère.
Les boutures d'arbustes craignent-elles le gel ?
Les boutures ligneuses hivernales tolèrent très bien le gel modéré (jusqu'à -10 °C) car elles sont en dormance. Cependant, les boutures semi-aoûtées en cours d'enracinement doivent être protégées du gel sous châssis froid ou en serre froide. Un paillage de 10 cm au pied des boutures de pleine terre offre une protection suffisante contre les gels tardifs.
Quand transplanter une bouture d'arbre réussie ?
Attendez que la bouture ait au moins 8 à 12 mois et un système racinaire bien développé. Transplantez de préférence en automne (octobre-novembre) ou au début du printemps (mars) pour minimiser le stress. Arrosez généreusement à la plantation et paillez le pied pour maintenir l'humidité pendant la reprise.
Conclusion : La patience, clé d'un jardin abondant
La bouture d'arbres et arbustes est une discipline à part dans le monde du bouturage. Elle demande plus de temps, plus de rigueur et plus de patience que la multiplication des plantes herbacées. Mais les récompenses sont à la hauteur de l'effort : un verger complet pour le prix de quelques pots de substrat, des haies fleuries à perte de vue pour le coût d'un sécateur, et la fierté de savoir que chaque arbre de votre jardin est né de vos mains.
Commencez par les espèces les plus faciles : groseillier, cassissier et forsythia vous donneront confiance avec des taux de réussite supérieurs à 85 %. Puis, saison après saison, élargissez votre palette vers le figuier, la vigne et les arbustes ornementaux. En deux ou trois ans, vous aurez constitué un jardin remarquable, et chaque visiteur qui admirera vos plantations ne saura pas que tout a commencé par quelques bouts de bois piqués dans la terre un matin de novembre.
Retrouvez nos guides détaillés pour chaque espèce : bouture de figuier, bouture de rosier, bouture d'hortensia, bouture de lavande et bouture d'olivier. Pour une vision globale, consultez notre guide complet du bouturage et notre article sur le bouturage des plantes d'extérieur.