
Olivier (Olea europaea)
Olea europaea
Famille Oleaceae — Genre Olea
45%
Taux de réussite
56-90j
Enracinement
☀️
Plein soleil
💧💧
Modéré
L'olivier est l'arbre emblématique du bassin méditerranéen, symbole de paix et de longévité. Son bouturage semi-aoûté en été permet de reproduire fidèlement les variétés fruitières ou ornementales, bien que la technique demande patience et rigueur avec un taux de réussite de 40-55%.
Méthodes de bouturage
Saison idéale
ete
Longueur bouture
15 cm
Noeuds minimum
3
Substrat
50 % sable grossier + 30 % perlite + 20 % terreau de bouturage
Température
20°C - 25°C
Lumière
Lumière indirecte
Hormone de bouturage recommandée
L'utilisation d'une hormone favorise l'enracinement de cette plante.
Sac plastique conseillé
Couvrir la bouture avec un sac transparent pour maintenir l'humidité.
Nos conseils
Utilisez de l'hormone de bouturage n°3 (bois semi-aoûté à aoûté) pour compenser la difficulté d'enracinement naturelle de l'olivier. Prélevez les boutures tôt le matin quand les tiges sont gorgées de sève. Maintenez une chaleur de fond constante de 22-25°C avec un tapis chauffant. Brumisez quotidiennement le feuillage sans détremper le substrat. Le marcottage aérien offre un taux de réussite supérieur si vous débutez.
Erreurs à éviter
Utiliser un substrat trop riche et humide qui provoque la pourriture. Omettre l'hormone de bouturage. Prélever des tiges trop jeunes (herbacées) ou trop vieilles (très ligneuses). Exposer les boutures au soleil direct intense sans racines. Ne pas maintenir une température suffisante (sous 20°C, l'enracinement est quasi nul). Arroser par excès au lieu de brumiser.
Guide pas-à-pas
Guide de bouturage de l'Olivier (Olea europaea) pas à pas
1. Choisir la bonne période
Bouturez entre juin et août, idéalement en juillet quand les tiges sont semi-aoûtées (base rigide et brune, extrémité verte et souple). Prélevez le matin tôt.
2. Sélectionner les tiges
Choisissez des rameaux latéraux semi-aoûtés de 12 à 20 cm avec 3-4 paires de nœuds, diamètre d'un crayon (5-8 mm). Coupez juste sous un nœud. Préparez au moins 8-10 boutures.
3. Préparer les boutures
Retirez les feuilles de la moitié inférieure. Conservez 2-3 paires en haut, coupées de moitié. Entaillez la base sur 1-2 cm pour exposer le cambium.
4. Appliquer l'hormone de bouturage
Trempez la base sur 3-4 cm dans la poudre d'auxine n°3 (AIB 0,4 %). Tapotez l'excédent. L'hormone est INDISPENSABLE pour l'olivier (taux de réussite multiplié par 2 à 3).
5. Planter dans le substrat
Substrat : 50 % sable grossier + 30 % perlite + 20 % terreau. Humidifiez. Trou de 5-6 cm, insérez délicatement, tassez fermement.
6. Créer les conditions d'enracinement
Couvrez d'un sac plastique percé ou mini-serre. Aérez 15-20 min/jour. Température : 22-25 °C obligatoire (tapis chauffant). Lumière vive sans soleil direct. Brumisez le feuillage quotidiennement.
7. Suivi et patience
Enracinement : 8 à 12 semaines (parfois jusqu'à 16). Signes de réussite : nouvelles pousses terminales, résistance au tirage. Quelques feuilles jaunes en bas sont normales.
8. Sevrage et élevage
Retirez progressivement la protection sur 10 jours. Rempotez dans un pot de 2 litres avec substrat drainant. Cultivez en pot 1-2 ans minimum avant la plantation en pleine terre. Plein soleil absolu. Protégez du gel les 3 premiers hivers.
Alternative : le marcottage aérien
Si le bouturage échoue, le marcottage aérien offre un taux de réussite supérieur (60-75 %). Incision annulaire de 3 cm, hormone, sphaigne humide, film plastique. Sevrage après 8-16 semaines. Méthode recommandée pour les débutants.
En savoir plus
Bouturer un olivier : le guide complet pour multiplier cet arbre millénaire chez vous
L'olivier (Olea europaea) est sans doute l'arbre le plus emblématique du pourtour méditerranéen. Symbole de paix, de sagesse et de longévité — certains spécimens vivent plus de 2 000 ans — il fascine les jardiniers du monde entier par sa silhouette torturée, son feuillage argenté persistant et, bien sûr, ses fruits : les olives. Le bouturage de l'olivier est la méthode privilégiée par les pépiniéristes professionnels pour reproduire fidèlement une variété fruitière ou ornementale, car contrairement au semis, la bouture produit un clone génétiquement identique au pied mère. Avec un prix en jardinerie oscillant entre 30 et 150 euros pour un sujet en pot de 3 à 10 litres — et plusieurs centaines d'euros pour les oliviers centenaires — le bouturage représente une économie considérable et un défi passionnant pour tout jardinier patient. Ce guide détaille étape par étape la technique de bouturage de tige semi-aoûtée, les conditions optimales d'enracinement, le marcottage en alternative, et tous les secrets d'entretien pour obtenir un olivier vigoureux et productif.
Pourquoi bouturer l'olivier plutôt que le semer ou l'acheter ?
Le semis d'olivier est aléatoire et extrêmement long : il faut compter 8 à 15 ans avant d'obtenir un arbre productif, et le semis ne reproduit pas fidèlement les caractéristiques de la variété mère. Un noyau de Picholine peut donner un arbre aux fruits totalement différents, souvent de moindre qualité. Le bouturage, lui, garantit un clone parfait : même goût des olives, même rendement, même résistance aux maladies, même port ornemental. C'est exactement le même principe que pour le bouturage du romarin ou la bouture de lavande, deux plantes méditerranéennes compagnes de l'olivier qui partagent les mêmes exigences de culture.
En termes économiques, un olivier greffé de variété fruitière coûte entre 40 et 80 euros en conteneur de 5 litres. Pour créer une haie d'oliviers ou un petit verger de 10 arbres, le budget grimpe rapidement entre 400 et 800 euros. Le bouturage vous permet de produire autant de plants que nécessaire à partir d'une simple taille estivale sur un arbre existant, chez vous ou chez un voisin généreux.
L'olivier se bouture aussi par boutures de souche (les rejets qui poussent à la base du tronc), une technique particulièrement efficace que les oléiculteurs utilisent depuis l'Antiquité. Ces rejets sont naturellement dotés d'un système racinaire naissant et s'enracinent plus facilement que les boutures de tige classiques.
Quelle est la meilleure période pour bouturer l'olivier ?
La meilleure période pour bouturer l'olivier se situe entre juin et août, avec un pic d'efficacité en juillet. À cette époque, les tiges de l'année ont atteint le stade semi-aoûté : la base commence à se lignifier et à brunir, tandis que l'extrémité reste verte. Ce stade intermédiaire offre le meilleur compromis entre capacité d'émission racinaire et résistance à la pourriture. L'olivier étant un arbre à bois dur, son bouturage est plus délicat que celui des plantes herbacées : il se rapproche davantage de la difficulté rencontrée avec le bougainvillier ou l'hibiscus.
Le bouturage de printemps (mai) sur bois tendre est possible sous serre chauffée mais le taux de réussite est faible. Le bouturage d'automne (septembre-octobre) sur bois plus aoûté fonctionne mais l'enracinement sera très lent et les boutures devront survivre à l'hiver. Évitez absolument le bouturage d'hiver : l'olivier entre en dormance et les conditions sont trop défavorables.
Le matériel indispensable pour réussir vos boutures d'olivier
L'olivier présente une difficulté de bouturage de 4 sur 5, bien supérieure aux plantes d'intérieur faciles comme le Pothos ou la Tradescantia. Cet arbre à bois dur nécessite un équipement adapté et une rigueur particulière. Préparez tout avant de commencer :
- Un sécateur bien affûté et désinfecté à l'alcool à 70° pour des coupes franches et nettes qui favorisent la cicatrisation et limitent les infections fongiques
- De l'hormone de bouturage en poudre n°3 (pour bois semi-aoûté à aoûté) : indispensable pour l'olivier dont l'enracinement naturel est difficile. L'acide indole-butyrique (AIB) à 0,4 % est la concentration recommandée
- Des godets profonds de 10 à 12 cm en plastique percés au fond, ou une caissette de bouturage avec couvercle transparent
- Un substrat ultra-drainant : mélange de 50 % de sable grossier de rivière, 30 % de perlite et 20 % de terreau de bouturage — le drainage extrême est la clé absolue pour l'olivier
- Un sac plastique transparent ou une mini-serre percés de quelques trous pour maintenir l'hygrométrie entre 70 et 80 %
- Un tapis chauffant horticole réglé entre 22 et 25 °C : quasi indispensable, il réduit le temps d'enracinement de moitié
- Un vaporisateur à brume fine pour maintenir l'humidité foliaire sans détremper le substrat
- Un cutter ou greffoir pour les entailles à la base des boutures
« L'olivier est un arbre de patience. Son bouturage reflète sa nature : lent mais tenace. Avec les bonnes conditions, une simple brindille peut devenir un arbre qui nourrira vos arrière-petits-enfants. » — Sagesse oléicole provençale
Comment bouturer l'olivier étape par étape
Étape 1 : Sélectionner et prélever les tiges
Choisissez un olivier sain, vigoureux et productif. Repérez des rameaux latéraux de l'année, semi-aoûtés (base légèrement brune et rigide, extrémité encore verte), d'un diamètre de 5 à 8 mm — similaire à un crayon. Prélevez des sections de 12 à 20 centimètres comportant au minimum 3 à 4 paires de nœuds. Coupez nettement juste en dessous d'un nœud avec le sécateur désinfecté. Prélevez de préférence le matin tôt, quand les tissus sont gorgés d'eau. Préparez au moins 8 à 10 boutures pour compenser le taux de perte.
Étape 2 : Préparer les boutures
Supprimez toutes les feuilles de la moitié inférieure de chaque tige. Sur la moitié supérieure, conservez 2 à 3 paires de feuilles et réduisez-les de moitié aux ciseaux pour limiter l'évapotranspiration — l'olivier ayant des feuilles coriaces, cette étape est moins critique que pour les plantes à feuilles tendres, mais elle reste recommandée. Pratiquez deux entailles verticales de 1 à 2 cm à la base de la bouture pour exposer le cambium et maximiser la surface d'absorption de l'hormone. Cette technique de blessure basale est identique à celle utilisée pour la bouture de fuchsia et améliore significativement le taux de réussite.
Étape 3 : Appliquer l'hormone et planter
Humidifiez légèrement la base de la bouture, puis trempez-la sur 3 à 4 cm dans la poudre d'hormone de bouturage n°3. Tapotez pour éliminer l'excédent. Remplissez vos godets du substrat drainant préparé, tassez légèrement et humidifiez uniformément. Percez un trou de 5 à 6 cm de profondeur avec un crayon, insérez la bouture sans racler la poudre d'hormone, et tassez fermement le substrat autour de la tige. Vous pouvez placer 3 à 4 boutures par godet de 12 cm pour optimiser l'espace.
Étape 4 : Créer les conditions d'enracinement optimales
La température du substrat doit rester entre 22 et 25 °C en permanence — c'est le facteur le plus déterminant pour l'olivier. Couvrez chaque godet d'un sac plastique transparent percé de 3 à 4 petits trous, ou utilisez une mini-serre. Aérez 15 à 20 minutes par jour pour prévenir les moisissures. Placez les boutures dans un endroit très lumineux mais sans soleil direct brûlant : une serre ombragée, un châssis orienté est ou une véranda conviennent parfaitement. L'olivier nécessite davantage de lumière que la plupart des boutures, mais le soleil direct de midi dessécherait les tiges fragiles.
Étape 5 : Suivi, patience et repiquage
L'enracinement de l'olivier prend entre 8 et 12 semaines, parfois jusqu'à 16 semaines pour les boutures les plus récalcitrantes. C'est nettement plus long que le romarin (3-4 semaines) ou la lavande (4-6 semaines), mais c'est le prix de la patience pour un arbre qui peut vivre des siècles. Les signes de réussite sont l'apparition de nouvelles pousses terminales et une résistance nette lorsque vous tirez très délicatement sur la tige. Ne vous découragez pas si des feuilles inférieures jaunissent : c'est normal. Une fois les racines bien établies, retirez progressivement la protection sur 10 jours, rempotez dans un pot de 2 litres avec un substrat drainant, et cultivez en pot pendant au moins 1 à 2 ans avant la plantation en pleine terre.
Le marcottage aérien : l'alternative plus fiable
Si le bouturage classique vous semble trop aléatoire — et le taux de réussite de 40-55 % peut effectivement décourager — le marcottage aérien est une excellente alternative avec un taux de réussite de 60 à 75 %. Sélectionnez une branche saine de 2 à 3 cm de diamètre, pratiquez une incision annulaire de 3 cm en retirant complètement l'écorce sur tout le pourtour jusqu'au bois blanc, appliquez de l'hormone de bouturage sur la blessure, puis entourez-la d'une généreuse poignée de sphaigne humide maintenue par du film plastique opaque serré aux deux extrémités avec du fil de fer. En 8 à 16 semaines, des racines blanches se forment dans la sphaigne. Sevrez en coupant sous la motte racinaire et rempotez immédiatement dans un substrat drainant.
Les boutures de souche : la technique ancestrale
L'olivier produit naturellement des rejets de souche (drageons) à la base du tronc et sur les racines superficielles. Ces rejets sont la méthode de multiplication la plus ancienne et la plus simple : il suffit de les séparer du pied mère au printemps avec un morceau de racine, puis de les replanter directement dans un substrat drainant. Le taux de réussite est excellent (70-85 %) car ces rejets possèdent déjà un début de système racinaire. Attention toutefois : si l'olivier est greffé — ce qui est le cas de la plupart des variétés fruitières vendues en pépinière — les rejets de souche reproduiront le porte-greffe (souvent un olivier sauvage aux petits fruits amers) et non la variété greffée. Vérifiez toujours le point de greffe avant de prélever un rejet.
Tableau récapitulatif des conditions de bouturage de l'olivier
| Paramètre | Valeur recommandée |
|---|---|
| Période optimale | Juin à août (idéal : juillet) |
| Type de bouture | Tige semi-aoûtée latérale |
| Longueur de la bouture | 12 à 20 cm |
| Diamètre idéal | 5 à 8 mm (épaisseur d'un crayon) |
| Nombre de nœuds minimum | 3 à 4 paires |
| Hormone de bouturage | Indispensable (AIB n°3, 0,4 %) |
| Substrat | 50 % sable grossier + 30 % perlite + 20 % terreau |
| Température idéale | 22 à 25 °C (chaleur de fond indispensable) |
| Luminosité | Lumière vive indirecte, pas de soleil brûlant |
| Humidité ambiante | Élevée (70-80 %, mini-serre ou sac percé) |
| Temps d'enracinement | 8 à 12 semaines (jusqu'à 16) |
| Taux de réussite (bouture tige) | 40-55 % (avec hormone et chaleur) |
| Taux de réussite (marcottage) | 60-75 % |
| Taux de réussite (rejet souche) | 70-85 % |
| Difficulté globale | 4/5 (exigeant) |
| Rusticité du plant adulte | -10 à -12 °C (zone USDA 8a) |
Comparaison des méthodes de multiplication de l'olivier
| Méthode | Taux de réussite | Temps jusqu'à la production | Difficulté | Fidélité variétale |
|---|---|---|---|---|
| Bouturage de tige (substrat) | 40-55 % | 4-6 ans | Élevée (4/5) | Clone identique (100 %) |
| Marcottage aérien | 60-75 % | 3-5 ans | Modérée (3/5) | Clone identique (100 %) |
| Rejet de souche | 70-85 % | 3-5 ans | Facile (2/5) | Clone (attention au porte-greffe) |
| Greffe | 70-90 % | 3-4 ans | Élevée (4/5) | Clone identique (100 %) |
| Semis (noyau) | 50-70 % | 8-15 ans | Facile (1/5) | Variable et imprévisible |
Les erreurs fatales à éviter lors du bouturage de l'olivier
Avec une difficulté de 4 sur 5, l'olivier ne pardonne aucune approximation. Voici les erreurs les plus courantes qui condamnent vos boutures et comment les éviter absolument.
- Utiliser un substrat trop riche ou trop humide : c'est l'erreur numéro un. L'olivier en phase d'enracinement a besoin d'un substrat quasi minéral, très drainant. Un terreau classique retient beaucoup trop d'eau et provoque la pourriture de la base en quelques jours. Le sable grossier doit constituer au minimum 50 % du mélange.
- Omettre l'hormone de bouturage : sans auxine, le taux de réussite chute à moins de 20 %. Les tiges ligneuses de l'olivier ont besoin de cette stimulation chimique pour déclencher la rhizogenèse. Utilisez impérativement de l'hormone n°3 dosée à 0,4 % d'AIB.
- Température insuffisante : en dessous de 20 °C, l'enracinement de l'olivier est quasi nul. Un tapis chauffant réglé à 22-25 °C est pratiquement indispensable — c'est l'investissement le plus rentable que vous puissiez faire.
- Prélever au mauvais stade de lignification : les tiges vertes et herbacées pourrissent, les tiges très ligneuses et brunes s'enracinent extrêmement difficilement. Seul le stade semi-aoûté (base brune, pointe verte) offre des résultats satisfaisants.
- Exposer les boutures au soleil direct : sans racines pour s'hydrater, les boutures se dessèchent rapidement. Lumière vive mais tamisée obligatoirement pendant toute la phase d'enracinement.
- Manquer de patience : l'olivier est lent. Si vous tirez sur la bouture après 4 semaines et qu'elle vient facilement, ne jetez pas tout : replantez-la avec de l'hormone fraîche. Certaines boutures mettent 16 semaines à s'enraciner.
- Arroser au lieu de brumiser : le substrat doit rester à peine humide, jamais détrempé. Brumisez le feuillage quotidiennement mais n'arrosez que lorsque le substrat sèche nettement en surface.
L'entretien de l'olivier après le bouturage
Exposition et luminosité
L'olivier est par excellence un arbre de plein soleil. Il exige un minimum de 6 à 8 heures d'ensoleillement direct par jour pour se développer correctement, fleurir et fructifier. C'est une exigence comparable à celle du bougainvillier et nettement supérieure à celle de la plupart des plantes d'intérieur. En situation ombragée, l'olivier survit mais ne fructifie pas, s'étiole et devient sensible aux maladies. Choisissez l'emplacement le plus ensoleillé et le plus chaud de votre jardin, idéalement contre un mur orienté sud ou sud-ouest qui accumule la chaleur.
Arrosage et résistance à la sécheresse
L'olivier est l'un des arbres les plus résistants à la sécheresse du monde végétal, grâce à ses feuilles coriaces à cuticule épaisse, ses stomates enfoncés et son système racinaire profond et étendu. Un olivier adulte établi en pleine terre dans le sud de la France peut se passer d'arrosage la majeure partie de l'année. Cependant, les jeunes plants issus de bouture sont plus vulnérables et nécessitent un arrosage modéré mais régulier les deux premières années. En pot, arrosez lorsque le substrat est sec sur les 3-4 premiers centimètres, environ une à deux fois par semaine en été, et très rarement en hiver. L'excès d'eau est l'ennemi mortel de l'olivier : il provoque la pourriture des racines et favorise les maladies cryptogamiques.
Sol, substrat et rempotage
L'olivier est remarquablement peu exigeant en matière de sol : il prospère dans les terrains pauvres, caillouteux, calcaires, secs, voire rocailleux. Sa seule exigence absolue est le drainage. En pleine terre, tout sol bien drainé convient, même calcaire (pH 6,5 à 8,5). En pot, utilisez un mélange de terreau, de sable grossier et de gravier ou de billes d'argile en proportion généreuse. Rempotez tous les 3 à 4 ans au printemps dans un pot à peine plus grand, car l'olivier préfère être légèrement à l'étroit. Billes d'argile ou tessons au fond du pot sont obligatoires.
Fertilisation pour la fructification
L'olivier a des besoins nutritifs modestes mais profite d'un apport d'engrais spécial oliviers ou agrumes deux fois par an : au printemps (mars-avril) pour soutenir la croissance et la floraison, et en début d'été (juin) pour favoriser la nouaison et le grossissement des fruits. Privilégiez un engrais riche en potassium (NPK 5-7-10) qui renforce la fructification et la résistance au froid. Évitez les excès d'azote qui favorisent un feuillage abondant mais mou et sensible aux parasites.
La taille de l'olivier : former et aérer
La taille s'effectue en fin d'hiver (février-mars), avant la reprise de la végétation. Elle vise trois objectifs : aérer le centre de la couronne pour laisser pénétrer la lumière et l'air (l'olivier fructifie sur les rameaux exposés au soleil), supprimer le bois mort et les branches qui s'entrecroisent, et contrôler la hauteur pour faciliter la récolte. L'olivier supporte très bien les tailles sévères et repousse vigoureusement même sur vieux bois — c'est l'une de ses qualités remarquables. Conservez les tailles estivales (rameaux semi-aoûtés) pour vos boutures.
Rusticité et hivernage de l'olivier
La rusticité de l'olivier dépend de la variété, de l'âge et des conditions d'acclimatation. Les variétés courantes (Aglandau, Picholine, Bouteillan) résistent à -10 à -12 °C une fois adultes et bien établies (après 5 ans de plantation). La variété Cipressino est réputée la plus rustique, tolérant jusqu'à -15 °C. L'olivier souffre davantage du froid humide que du froid sec : un hiver à -8 °C avec un sol détrempé est plus dangereux qu'un bref épisode à -12 °C en sol sec et drainé.
Les jeunes plants issus de bouture sont nettement plus sensibles au gel les 3 premières années. Protégez-les avec un voile d'hivernage doublé, un épais paillage de feuilles mortes ou de paille au pied, et si possible un abri contre les vents froids dominants. En pot, rentrez l'olivier dans un local hors gel, lumineux et peu chauffé (5 à 10 °C) comme une véranda non chauffée ou un garage éclairé. Selon la Royal Horticultural Society (RHS), l'olivier a reçu le prestigieux Award of Garden Merit (AGM) pour sa fiabilité et ses qualités ornementales dans les jardins britanniques.
Les meilleures variétés d'olivier pour le jardin français
- Aglandau (Verdale de Carpentras) : variété principale du sud-est de la France. Huile fruitée et piquante réputée. Bonne rusticité (-12 °C). Autofertile. Excellente pour le bouturage.
- Picholine : variété emblématique du Languedoc. Olive verte de table par excellence. Bonne productivité. Rusticité correcte (-10 °C). Se bouture bien en été.
- Bouteillan : variété ancienne du Vaucluse et de la Drôme. Très bonne résistance au froid (-12 °C). Huile douce et fruitée. Idéale pour les régions au nord de la zone traditionnelle.
- Cipressino (Frantoio) : originaire d'Italie, c'est la plus rustique (-15 °C). Port érigé élégant rappelant le cyprès. Excellente huile. Parfaite pour les jardins ornementaux.
- Arbequina : variété espagnole compacte, idéale en pot et en haie. Huile douce et fine. Production précoce (3 ans). Rusticité modérée (-8 °C). Se bouture relativement facilement.
- Cailletier (olive de Nice) : petite olive noire emblématique de la Riviera. Huile d'exception très douce. Rusticité moyenne (-9 °C). Port large et étalé.
Maladies et ravageurs de l'olivier
L'olivier est un arbre globalement robuste lorsqu'il est cultivé dans des conditions adaptées (plein soleil, sol drainé, climat sec). Cependant, certains problèmes sanitaires peuvent survenir, notamment dans les régions plus humides.
La mouche de l'olive (Bactrocera oleae) est le ravageur le plus redouté : la femelle pond dans le fruit, et la larve se développe dans la pulpe en la rendant impropre à la consommation. Piégeage chromatique (pièges jaunes engluées) et traitement à la spinosad (bio) sont les solutions les plus courantes. L'œil de paon (Spilocaea oleagina) provoque des taches circulaires sur les feuilles et leur chute prématurée — traitement à la bouillie bordelaise au printemps et à l'automne. Les cochenilles noires colonisent les rameaux et sécrètent du miellat qui favorise la fumagine (dépôt noir charbonneux). La verticilliose est un champignon du sol redoutable qui obstrue les vaisseaux : les branches se dessèchent brutalement. Évitez de planter un olivier après des solanacées (tomates, aubergines) qui hébergent le même pathogène. Pour les problèmes fongiques, les mêmes précautions que pour le géranium ou l'hortensia s'appliquent : bonne aération, drainage impeccable et traitement préventif cuprique.
Foire aux questions sur le bouturage de l'olivier
Combien de temps faut-il pour qu'un olivier bouturé produise des olives ?
Un olivier issu de bouture commence à fleurir vers 4 à 5 ans et produit ses premières olives significatives vers 5 à 7 ans. La pleine production s'installe entre 8 et 12 ans. C'est plus rapide qu'un semis (10-15 ans) mais plus lent qu'un arbre greffé sur porte-greffe vigoureux (3-4 ans). La patience est la première qualité de l'oléiculteur.
L'olivier est-il toxique ?
Non, l'olivier n'est pas toxique. Toutes ses parties sont sans danger pour les humains et les animaux domestiques. Les olives crues sont cependant très amères en raison de l'oleuropéine et nécessitent un processus de désamérisation avant consommation. Les feuilles d'olivier sont même utilisées en phytothérapie pour leurs propriétés antioxydantes et hypotensives.
Peut-on bouturer un olivier centenaire ?
Oui, c'est tout à fait possible et même courant. Les pépiniéristes spécialisés bouturent régulièrement des oliviers centenaires pour reproduire des variétés patrimoniales. Privilégiez les rejets de souche ou les jeunes rameaux vigoureux plutôt que les branches très ligneuses. Le marcottage aérien est souvent plus efficace sur les vieux sujets dont le bois est très dur.
Peut-on bouturer un olivier dans l'eau ?
Le bouturage de l'olivier dans l'eau est déconseillé. Le taux de réussite est inférieur à 10-15 %. Les tiges ligneuses de l'olivier pourrissent rapidement dans l'eau, et les racines aquatiques formées — si elles apparaissent — s'adaptent très mal au transfert en terre. Utilisez exclusivement le bouturage en substrat drainant pour l'olivier.
L'olivier peut-il pousser en pot ?
Absolument. L'olivier est l'un des arbres les mieux adaptés à la culture en pot, à condition de respecter quelques règles : pot profond et large avec excellent drainage, substrat drainant, exposition plein soleil, arrosage modéré, et hivernage hors gel dans les régions au nord de la zone de rusticité. En pot, l'olivier reste compact (2-3 mètres) et produit même des olives si la variété est autofertile et les conditions de pollinisation réunies. C'est une solution idéale pour les balcons et terrasses exposés plein sud.
Quelle est la vitesse de croissance de l'olivier ?
La croissance de l'olivier est lente : comptez 20 à 40 cm par an les premières années en conditions optimales. Un sujet adulte peut atteindre 8 à 10 mètres de hauteur et 6 à 8 mètres d'envergure après plusieurs décennies, mais la taille régulière maintient généralement l'arbre entre 3 et 5 mètres pour faciliter la récolte. Cette lenteur de croissance est compensée par une longévité exceptionnelle : l'olivier peut vivre plusieurs siècles, voire plus de 2 000 ans pour les spécimens les plus anciens.
Questions Fréquentes
Tout ce que vous devez savoir sur le bouturage du Olivier (Olea europaea)