
Romarin (Rosmarinus officinalis)
Salvia rosmarinus
Famille Lamiaceae — Genre Salvia
75%
Taux de réussite
21-56j
Enracinement
☀️
Plein soleil
💧
Rare
Le romarin (Salvia rosmarinus, anciennement Rosmarinus officinalis) est un sous-arbrisseau aromatique emblématique du bassin méditerranéen. Persistant et parfumé, il séduit par son feuillage vert argenté en forme d'aiguilles et ses délicates fleurs bleu-violet. Facile à bouturer par tige semi-aoûtée au printemps ou en été, il s'enracine en 3 à 8 semaines avec un taux de réussite de 75%.
Méthodes de bouturage
Saison idéale
printemps, ete
Longueur bouture
12 cm
Noeuds minimum
3
Substrat
Mélange 50% sable grossier + 50% terreau léger, très drainant
Température
18°C - 25°C
Lumière
Lumière directe
Hormone de bouturage recommandée
L'utilisation d'une hormone favorise l'enracinement de cette plante.
Nos conseils
Prélevez les boutures tôt le matin quand la plante est bien hydratée. Choisissez des tiges semi-aoûtées de l'année, ni trop tendres ni trop lignifiées. L'hormone de bouturage (auxine) améliore significativement le taux de réussite. Maintenez le substrat à peine humide et brumisez le feuillage quotidiennement. Évitez le plein soleil direct pendant les 3 premières semaines.
Erreurs à éviter
Utiliser des tiges trop ligneuses (vieux bois) qui s'enracinent très difficilement. Substrat trop humide provoquant la pourriture de la base. Oublier l'hormone de bouturage qui est quasi indispensable pour le romarin. Placer les boutures en plein soleil immédiatement après le prélèvement. Prélever les boutures en pleine floraison quand l'énergie est consacrée aux fleurs.
Guide pas-à-pas
Guide de bouturage du romarin (Rosmarinus officinalis) pas à pas
- Choisissez la bonne période : de mai à août, idéalement en juin-juillet quand les tiges sont semi-aoûtées.
- Sélectionnez les tiges : rameaux latéraux semi-aoûtés de 10-15 cm, sains, sans fleurs, avec au moins 3-4 nœuds.
- Préparez les boutures : effeuilllez la moitié inférieure, supprimez toute fleur, grattez légèrement l'écorce à la base.
- Appliquez l'hormone de bouturage : trempez la base sur 2 cm dans la poudre d'auxine, tapotez l'excédent.
- Préparez le substrat : mélange 50% sable grossier + 50% terreau léger, très drainant.
- Plantez : insérez les boutures à 3-4 cm de profondeur dans le substrat préhumidifié. Pas de sac plastique.
- Placez en lumière indirecte : endroit lumineux sans soleil direct, température de 18-25°C.
- Brumisez quotidiennement : vaporisez le feuillage chaque jour, arrosez le substrat seulement quand il est sec.
- Patientez 3 à 8 semaines : les nouvelles pousses au sommet signalent l'enracinement réussi.
- Rempotez ou plantez : transplantez en pot individuel ou en pleine terre au printemps, en plein soleil.
En savoir plus
Bouturer le romarin : guide complet pour multiplier cette plante aromatique incontournable
Le bouturage du romarin est l'une des techniques les plus gratifiantes pour tout jardinier souhaitant multiplier cette plante aromatique méditerranéenne à moindre coût. Que vous possédiez déjà un beau pied de romarin au jardin ou que vous ayez repéré celui d'un voisin généreux, la bouture de tige reste la méthode la plus efficace pour obtenir un plant identique au pied mère. Avec un taux de réussite d'environ 75 % et un enracinement complet en 3 à 8 semaines, le romarin se classe parmi les aromatiques les plus accessibles au bouturage, à condition de respecter quelques règles essentielles que ce guide détaille pas à pas.
Pourquoi bouturer le romarin plutôt que l'acheter en jardinerie ?
Un plant de romarin en jardinerie coûte entre 3 et 8 euros selon la taille et la variété. Si vous souhaitez créer une haie basse aromatique, border une allée ou simplement offrir des plants à votre entourage, l'investissement grimpe rapidement. Le bouturage de romarin permet de produire des dizaines de plants gratuitement à partir d'un seul pied mère, tout en conservant les caractéristiques exactes de la variété : port, parfum, résistance au froid et couleur de la floraison.
Contrairement au semis, qui nécessite 6 à 12 mois avant d'obtenir un plant de taille correcte et dont les caractéristiques peuvent varier, la bouture de tige produit un clone génétiquement identique en quelques semaines seulement. C'est le même principe que pour la bouture de lavande, autre grande aromatique méditerranéenne de la même famille botanique (Lamiaceae). Le romarin bouturé atteint une taille exploitable en cuisine dès la première saison, ce qui en fait un investissement en temps très rentable.
Quelle est la meilleure période pour bouturer un romarin ?
La meilleure période pour bouturer le romarin se situe entre mai et août, avec un pic d'efficacité en juin-juillet. À cette époque, les tiges de l'année ont commencé à se lignifier partiellement (on parle de bois « semi-aoûté »), ce qui constitue le matériau idéal pour le bouturage. Les tiges sont suffisamment fermes pour résister à la manipulation, mais encore assez jeunes pour produire des racines.
Le bouturage de printemps (avril-mai) est également possible en utilisant des pousses herbacées tendres, mais le taux de réussite est légèrement inférieur car ces tiges molles sont plus sensibles à la pourriture. Le bouturage d'automne (septembre) fonctionne aussi, mais l'enracinement est plus lent en raison du raccourcissement des jours et de la baisse des températures. Évitez absolument le bouturage en plein hiver : le romarin entre en semi-dormance et les boutures peinent à développer des racines.
Le matériel nécessaire pour réussir vos boutures de romarin
Le romarin est légèrement plus exigeant que certaines plantes d'intérieur comme le Pothos ou la Tradescantia qui s'enracinent dans un simple verre d'eau. Pour maximiser vos chances de succès, rassemblez le matériel suivant avant de commencer :
- Un sécateur ou un couteau très tranchant désinfecté à l'alcool à 70° pour des coupes nettes et sans écrasement des tissus
- De l'hormone de bouturage en poudre (auxine) : quasi indispensable pour le romarin, elle multiplie le taux de réussite par deux
- Des godets de 8 à 10 cm avec des trous de drainage, ou une terrine à semis
- Un substrat très drainant : mélange à parts égales de sable grossier (ou perlite) et de terreau léger, voire 60 % de sable pour 40 % de terreau
- Un vaporisateur pour brumiser le feuillage quotidiennement sans détremper le substrat
- Un emplacement lumineux mais sans soleil direct brûlant pendant les premières semaines
Le point crucial à retenir est que le romarin est une plante de sol sec et pauvre. Un substrat trop riche ou trop humide est son pire ennemi lors du bouturage. Le sable grossier est votre meilleur allié pour assurer un drainage impeccable et prévenir la pourriture de la base des boutures.
Comment bouturer le romarin étape par étape
Étape 1 : Choisir et prélever les tiges
Sélectionnez un pied mère vigoureux, en bonne santé et exempt de maladies ou de parasites. Repérez des rameaux latéraux de l'année, c'est-à-dire des tiges qui ont poussé depuis le printemps. L'idéal est une tige semi-aoûtée : la base commence à brunir et se lignifier, tandis que l'extrémité reste verte et souple. Prélevez des sections de 10 à 15 centimètres en coupant nettement juste en dessous d'un nœud (le point d'insertion des feuilles). Le meilleur moment pour prélever est tôt le matin, quand la plante est encore bien hydratée par la rosée nocturne.
Étape 2 : Préparer les boutures
Effeuilllez la moitié inférieure de chaque tige en retirant délicatement les petites feuilles en forme d'aiguilles sur les 5 à 6 derniers centimètres. Conservez un bouquet de feuilles bien vertes sur la partie supérieure pour assurer la photosynthèse pendant l'enracinement. Si la tige porte des fleurs ou des boutons floraux, supprimez-les impérativement : la floraison détourne l'énergie de la plante au détriment de la formation racinaire. Grattez très légèrement l'écorce sur le dernier centimètre de la base avec la lame de votre couteau pour exposer la couche de cambium, ce qui favorise l'émission de racines.
Étape 3 : Appliquer l'hormone de bouturage
Contrairement au géranium qui s'enracine facilement sans traitement, le romarin bénéficie grandement de l'hormone de bouturage. Trempez la base dénudée de la bouture sur environ 2 centimètres dans la poudre d'auxine, puis tapotez délicatement pour éliminer l'excédent. Un excès d'hormone peut paradoxalement inhiber l'enracinement. Si vous n'avez pas d'hormone commerciale, une astuce naturelle consiste à tremper la base dans de l'eau de saule (infusion de rameaux de saule broyés pendant 24 heures), qui contient de l'acide salicylique, un stimulant racinaire naturel.
Étape 4 : Planter les boutures
Remplissez vos godets du substrat sableux préparé et humidifiez-le légèrement. Faites un trou de 3 à 4 centimètres avec un crayon pour éviter de frotter et d'enlever l'hormone lors de l'insertion. Placez la bouture dans le trou et tassez délicatement le substrat autour. Vous pouvez mettre jusqu'à 4 ou 5 boutures dans un même godet de 10 cm, en les espaçant régulièrement. Arrosez très délicatement avec le vaporisateur pour mettre le substrat en contact avec la tige, sans créer d'excès d'humidité.
Étape 5 : L'emplacement et le suivi pendant l'enracinement
Installez vos godets dans un endroit lumineux mais protégé du soleil direct pendant les 3 premières semaines. Un emplacement orienté est ou sous un voile d'ombrage léger convient parfaitement. La température optimale d'enracinement se situe entre 18 et 25 °C. Brumisez le feuillage une fois par jour pour maintenir un taux d'humidité autour des feuilles sans mouiller excessivement le substrat. Le romarin ne supporte pas d'avoir les « pieds dans l'eau » — arrosez uniquement lorsque le substrat est sec sur le premier centimètre. L'enracinement prend généralement entre 3 et 8 semaines selon la saison et les conditions. L'apparition de nouvelles petites pousses au sommet de la bouture est le signe que les racines sont formées et actives.
Peut-on bouturer le romarin dans l'eau ?
Le bouturage de romarin dans l'eau est possible mais nettement moins fiable qu'en substrat. Le taux de réussite chute à environ 40-50 % contre 70-80 % en terre sableuse. Le romarin, plante de garrigue habituée aux sols secs, tolère mal l'immersion prolongée de sa base qui a tendance à noircir et pourrir au bout de quelques jours. Si vous souhaitez tenter cette méthode malgré tout, changez l'eau quotidiennement, utilisez un récipient opaque pour limiter le développement d'algues, et ne plongez que 2 centimètres de tige dans l'eau.
Pour une réussite optimale, la méthode en substrat sableux reste largement préférable. Le romarin est à l'opposé des plantes tropicales comme le Monstera deliciosa ou le Philodendron qui produisent des racines abondantes dans l'eau en quelques jours. Chaque plante a ses préférences, et celle du romarin va clairement vers un milieu aéré et drainant.
Tableau récapitulatif des conditions de bouturage du romarin
| Paramètre | Valeur recommandée |
|---|---|
| Période optimale | Mai à août (idéal : juin-juillet) |
| Type de bouture | Tige semi-aoûtée |
| Longueur de la bouture | 10 à 15 cm |
| Nombre de nœuds minimum | 3 à 4 |
| Hormone de bouturage | Fortement recommandée (auxine en poudre) |
| Substrat | 50 % sable grossier + 50 % terreau léger |
| Température idéale | 18 à 25 °C |
| Luminosité | Lumière vive, soleil indirect puis progressif |
| Temps d'enracinement | 3 à 8 semaines |
| Taux de réussite moyen | 75 % |
| Arrosage pendant bouturage | Très modéré, brumisation du feuillage |
| Sac plastique / cloche | Non recommandé (risque de pourriture) |
Les meilleures variétés de romarin pour le bouturage
Le genre Salvia (anciennement Rosmarinus) compte de nombreux cultivars aux ports, parfums et couleurs de floraison variés. Toutes les variétés se bouturent selon la même méthode, mais certaines s'enracinent plus facilement que d'autres.
- Romarin officinal dressé ('Tuscan Blue') : la variété la plus courante et la plus facile à bouturer. Port érigé atteignant 1,20 m, feuilles très aromatiques, fleurs bleu intense. Taux de réussite au bouturage supérieur à 80 %. Idéal pour les haies basses et la cuisine.
- Romarin rampant ('Prostratus') : port tapissant et retombant parfait pour les murets, rocailles et potées suspendues. Hauteur de 30 à 40 cm mais envergure pouvant atteindre 1,50 m. Fleurs bleu pâle. Se bouture facilement avec des tiges terminales.
- Romarin 'Arp' : la variété la plus rustique, résistant jusqu'à -18 °C. Feuillage gris-vert, port dressé, fleurs bleu pâle. Idéal pour les régions au nord de la Loire où le romarin classique souffre en hiver.
- Romarin 'Barbecue' : variété à grandes tiges droites et rigides, spécialement sélectionnée pour être utilisée comme pique à brochette aromatique sur le grill. Son port très vertical facilite le prélèvement de boutures longues et droites.
- Romarin 'Roseus' : variété ornementale à floraison rose tendre, plus rare en jardinerie. Le bouturage est le meilleur moyen de la multiplier car elle est rarement disponible en graines. Port dressé, hauteur de 80 cm à 1 m.
Les erreurs fatales à éviter lors du bouturage de romarin
Le romarin est une plante robuste au jardin, mais ses boutures sont plus délicates qu'on ne le pense. Voici les pièges les plus courants qui mènent à l'échec, et surtout comment les éviter.
- Choisir des tiges trop lignifiées : les vieilles branches brunes et ligneuses du romarin ont beaucoup de mal à émettre des racines. L'idéal est le bois semi-aoûté : base qui commence à brunir, extrémité encore verte. Évitez aussi les tiges trop tendres (pousses de printemps très jeunes) qui pourrissent facilement.
- Négliger l'hormone de bouturage : contrairement à beaucoup d'autres plantes, le romarin s'enracine difficilement sans auxine. Sans hormone, le taux de réussite peut descendre sous les 40 %. C'est un investissement de 5 euros qui change tout.
- Utiliser un substrat trop riche ou trop humide : le romarin est une plante de garrigue qui pousse sur les collines calcaires et sèches du pourtour méditerranéen. Un terreau standard retient trop d'eau. Le sable grossier doit représenter au minimum 50 % du mélange.
- Arroser comme une plante tropicale : l'excès d'eau est la première cause de mortalité des boutures de romarin. Le substrat doit sécher entre deux arrosages. La brumisation du feuillage est préférable à l'arrosage du substrat.
- Confiner sous cloche ou sac plastique : bien que certains guides le recommandent, le confinement crée une atmosphère trop humide pour le romarin et favorise les moisissures. Laissez vos boutures à l'air libre, dans un endroit abrité du vent.
L'entretien du romarin après le bouturage
Le rempotage et la plantation en pleine terre
Lorsque les racines sont bien développées (généralement visible par l'apparition de nouvelles pousses vigoureuses et de radicelles au fond du godet), il est temps de rempoter. Attendez idéalement que les racines occupent bien le volume du godet avant de passer à un contenant de 15 à 20 cm ou de planter en pleine terre. La plantation en pleine terre est préférable au printemps pour que le plant ait tout l'été pour s'installer avant son premier hiver. En pot, utilisez un mélange drainant (terreau + sable ou gravier) avec une couche de billes d'argile au fond. Espacez les plants de 60 à 80 cm si vous créez une haie aromatique.
L'exposition et l'arrosage au quotidien
Le romarin est une plante de plein soleil qui demande un minimum de 6 heures d'ensoleillement direct par jour pour développer tout son potentiel aromatique. Plus il reçoit de soleil, plus ses huiles essentielles sont concentrées et son parfum intense. L'arrosage doit rester très modéré, même en été. En pleine terre, un romarin bien établi peut se passer d'arrosage pendant plusieurs semaines grâce à ses racines profondes et son feuillage coriace qui limite l'évaporation. En pot, arrosez uniquement lorsque le substrat est complètement sec — en général une fois par semaine en été et tous les 15 jours en hiver. Le romarin souffre davantage de l'excès d'eau que de la sécheresse.
La taille et l'entretien saisonnier
La taille est essentielle pour maintenir un romarin compact et productif. Pratiquez une taille légère après la floraison printanière (mai-juin) en raccourcissant les rameaux d'un tiers environ. Ne taillez jamais dans le vieux bois dénudé car le romarin ne reperce pas sur les branches âgées — c'est une différence majeure avec d'autres aromatiques comme la menthe qui régénère facilement depuis la souche. La taille régulière stimule la ramification et permet de récolter du matériel frais pour de nouvelles boutures. Profitez d'ailleurs de cette taille annuelle pour prélever vos boutures : vous faites d'une pierre deux coups.
La rusticité et la protection hivernale
Le romarin officinal classique est rustique jusqu'à environ -10 à -12 °C en sol bien drainé, ce qui le rend cultivable dans la majeure partie de la France. En revanche, il craint davantage l'humidité hivernale combinée au froid que le gel sec. Un sol gorgé d'eau en hiver est fatal. En région froide (nord de la Loire, montagne), protégez le pied avec un paillage drainant (gravier, pouzzolane) et choisissez un emplacement abrité du vent du nord, idéalement au pied d'un mur orienté sud. La variété 'Arp' est recommandée pour les zones les plus froides car elle résiste jusqu'à -18 °C. D'après le guide du romarin de Rustica, un bon drainage du sol est le facteur le plus déterminant pour la survie hivernale de cette plante.
Les bienfaits et utilisations du romarin
En cuisine
Le romarin est l'un des piliers de la cuisine méditerranéenne. Ses feuilles aromatiques en forme d'aiguilles libèrent une saveur chaude, camphrée et légèrement résineuse qui sublime les viandes grillées (agneau, poulet, porc), les pommes de terre rôties, les focaccias et les marinades. Contrairement à beaucoup d'herbes aromatiques qui perdent leur saveur à la cuisson, le romarin supporte très bien la chaleur et peut être ajouté en début de cuisson. Séché, il conserve une grande partie de son arôme pendant plusieurs mois. Une seule branche de romarin frais parfume un plat entier, ce qui en fait un allié quotidien pour quiconque possède un plant au jardin ou sur le balcon.
En herboristerie et aromathérapie
Utilisé depuis l'Antiquité pour ses vertus médicinales, le romarin est reconnu pour ses propriétés digestives, toniques et antioxydantes. L'infusion de romarin (une branche dans une tasse d'eau bouillante pendant 10 minutes) est un classique de la pharmacopée traditionnelle pour faciliter la digestion et stimuler la mémoire. Son huile essentielle, obtenue par distillation à la vapeur, entre dans la composition de nombreux produits de bien-être. Le romarin contient de l'acide rosmarinique et du carnosol, deux puissants antioxydants étudiés pour leurs effets neuroprotecteurs.
Au jardin comme plante compagne
Le romarin est un excellent allié au potager. Son parfum puissant repousse naturellement de nombreux ravageurs comme la mouche de la carotte, le papillon du chou et les pucerons. Planté à proximité des rosiers, des choux ou des carottes, il joue un rôle de répulsif biologique efficace. Il attire en revanche les insectes pollinisateurs (abeilles, bourdons, papillons) grâce à sa floraison précoce et abondante, ce qui en fait une plante mellifère de premier ordre. C'est un compagnon idéal du basilic, de la lavande et du thym dans un jardin aromatique.
Comparaison des méthodes de multiplication du romarin
| Méthode | Taux de réussite | Temps jusqu'au plant exploitable | Difficulté | Conservation des caractéristiques |
|---|---|---|---|---|
| Bouturage de tige semi-aoûtée | 70-80 % | 3-4 mois | Facile | Clone identique (100 %) |
| Marcottage | 90 % | 4-6 mois | Très facile | Clone identique (100 %) |
| Semis | 30-50 % | 8-12 mois | Difficile | Variable (non identique) |
| Bouturage dans l'eau | 40-50 % | 4-5 mois | Facile | Clone identique (100 %) |
Maladies et ravageurs du romarin : prévention et traitements
Le romarin est une plante naturellement résistante grâce à ses huiles essentielles qui agissent comme répulsif naturel contre de nombreux insectes. Cependant, certaines conditions de culture défavorables peuvent l'affaiblir et le rendre vulnérable à quelques problèmes spécifiques.
L'oïdium est la maladie fongique la plus fréquente, reconnaissable à un feutrage blanc poudreux sur les feuilles. Il apparaît surtout en atmosphère confinée, humide et peu ventilée. La solution est avant tout préventive : espacez suffisamment vos plants pour favoriser la circulation d'air et évitez d'arroser le feuillage. La pourriture racinaire (Phytophthora) est plus grave et souvent fatale. Elle se manifeste par un brunissement progressif du feuillage et un flétrissement de la plante malgré un arrosage normal. La cause est invariablement un sol trop humide et mal drainé. Il n'existe pas de traitement curatif ; la prévention passe par un substrat très drainant et un arrosage mesuré.
Côté ravageurs, la chrysomèle du romarin (Chrysolina americana) est un coléoptère au reflet métallique vert et violet magnifique mais dévastateur. Ses larves et adultes dévorent le feuillage et peuvent défigurer un plant entier en quelques semaines. Le ramassage manuel reste le moyen de lutte le plus efficace sur les petites surfaces. Les cicadelles provoquent le dessèchement des rameaux en suçant la sève et injectant des toxines. Un jet d'eau puissant sur le feuillage suffit généralement à les déloger. Comme pour l'entretien de tout arbuste, une bonne hygiène de culture — sol drainé, exposition ensoleillée, taille régulière — est la meilleure prévention contre tous ces problèmes.
Foire aux questions sur la bouture de romarin
Combien de temps faut-il pour qu'une bouture de romarin s'enracine ?
En conditions optimales (substrat sableux, hormone de bouturage, température de 20-25 °C), l'enracinement du romarin prend entre 3 et 8 semaines. Le bouturage estival (juin-juillet) est le plus rapide, avec des racines visibles dès la 3e semaine. Le bouturage de printemps ou d'automne nécessite plutôt 6 à 8 semaines. C'est sensiblement plus long que pour le Coleus qui s'enracine en 7 à 10 jours, mais le résultat est un arbuste pérenne qui vivra des années.
L'hormone de bouturage est-elle vraiment indispensable ?
Elle n'est pas obligatoire, mais fortement recommandée. Sans hormone, le taux de réussite descend à 35-45 %, tandis qu'avec auxine il atteint 70-80 %. Le romarin fait partie des plantes « récalcitrantes » au bouturage qui répondent très positivement à l'hormone. Un pot d'hormone en poudre coûte environ 5 euros en jardinerie et permet de traiter des centaines de boutures. C'est un investissement minime pour un gain considérable.
Peut-on bouturer du romarin acheté en supermarché ?
Oui, c'est tout à fait possible à condition que le romarin soit frais et non traité par irradiation (ce qui est le cas du romarin frais en pot ou en bouquet, mais pas du romarin séché). Choisissez des tiges bien vertes et fermes, préparez-les comme des boutures classiques et suivez le processus normal. C'est une excellente façon de démarrer si vous n'avez pas accès à un pied mère au jardin.
Le romarin se bouture-t-il aussi facilement que la lavande ?
La lavande et le romarin appartiennent à la même famille (Lamiaceae) et se bouturent de manière similaire. La lavande est cependant légèrement plus facile à bouturer, avec un taux de réussite de 80-85 % contre 70-80 % pour le romarin. Les deux plantes bénéficient de l'hormone de bouturage et préfèrent un substrat sableux bien drainé. Si vous maîtrisez le bouturage de l'une, vous réussirez aisément l'autre.
À quelle taille peut-on commencer à récolter le romarin bouturé ?
Attendez que votre plant issu de bouture ait atteint au moins 20 centimètres de hauteur et développé plusieurs ramifications latérales avant de commencer à récolter. Cela correspond généralement à 3-4 mois après le bouturage. Ne prélevez jamais plus du tiers de la végétation en une seule fois pour ne pas affaiblir le plant. Les premières récoltes modérées stimulent d'ailleurs la ramification, exactement comme la taille.
Questions Fréquentes
Tout ce que vous devez savoir sur le bouturage du Romarin (Rosmarinus officinalis)