Le bouturage des plantes grimpantes est une technique de multiplication végétative accessible à tous les jardiniers, du débutant au plus expérimenté. Vous rêvez de couvrir vos murs, pergolas et treillages de verdure luxuriante sans dépenser une fortune en jardinerie ? Le bouturage est la solution idéale. Dans ce guide complet, vous découvrirez les meilleures espèces à bouturer, les techniques éprouvées pour chaque saison et les conseils pratiques pour obtenir un taux de réussite optimal. De la préparation des boutures jusqu'aux soins après plantation, chaque étape est détaillée pour vous accompagner vers le succès.
Les plantes grimpantes faciles à bouturer
Toutes les plantes grimpantes ne se bouturent pas avec la même facilité. Certaines espèces comme le lierre ou la passiflore s'enracinent en quelques semaines, tandis que d'autres comme la glycine demandent davantage de patience et de technique. Le choix de l'espèce conditionne directement votre taux de réussite, c'est pourquoi il est essentiel de connaître les spécificités de chacune avant de vous lancer.
| Plante grimpante | Facilité | Type de bouture | Période idéale | Délai enracinement |
|---|---|---|---|---|
| Lierre | Très facile | Tige / dans l'eau | Avril-Septembre | 2-4 semaines |
| Jasmin | Facile | Semi-aoûtée | Juillet-Septembre | 4-8 semaines |
| Chèvrefeuille | Facile | Semi-aoûtée / Talon | Juillet-Septembre | 4-8 semaines |
| Clématite | Moyen | Semi-aoûtée / Entre-nœuds | Juin-Août | 6-10 semaines |
| Vigne vierge | Très facile | Bois sec / Semi-aoûtée | Novembre-Février | 4-8 semaines |
| Bignone | Moyen | Semi-aoûtée / Racine | Juillet-Septembre | 6-10 semaines |
| Glycine | Difficile | Marcottage préféré | Juin-Août | 8-12 semaines |
| Passiflore | Facile | Herbacée / Semi-aoûtée | Mai-Août | 3-6 semaines |
| Hortensia grimpant | Moyen | Semi-aoûtée | Juillet-Septembre | 6-10 semaines |
| Vigne | Très facile | Bois sec | Novembre-Février | 8-12 semaines |
« Les plantes grimpantes sont parmi les plus faciles à bouturer. Le lierre peut s'enraciner simplement en touchant le sol, tandis que le jasmin et le chèvrefeuille répondent très bien aux boutures d'été prélevées avec un talon. »
— Patrick Mioulane, journaliste horticole et présentateur de « Silence, ça pousse ! »
Pour chaque espèce, il est primordial d'adapter la technique au type de bois. Les boutures herbacées, prélevées sur des tiges encore tendres, conviennent au lierre et à la passiflore. Les boutures semi-aoûtées, réalisées sur du bois partiellement lignifié, sont idéales pour le jasmin et le chèvrefeuille. Enfin, les boutures de bois sec s'appliquent à la vigne et à la vigne vierge en période hivernale. Pour approfondir ces techniques, notre article sur les méthodes de bouturage détaille chaque approche.
Calendrier du bouturage des plantes grimpantes
Le respect du calendrier de bouturage est l'un des facteurs déterminants pour réussir la multiplication de vos plantes grimpantes. Chaque saison offre des conditions spécifiques qui favorisent l'enracinement de certaines espèces. Un bouturage réalisé au mauvais moment peut entraîner un taux d'échec élevé, même avec une technique parfaite. Retrouvez toutes les périodes favorables dans notre calendrier complet de bouturage.
| Saison | Plantes à bouturer | Type de bouture |
|---|---|---|
| Printemps (Avril-Mai) | Lierre, passiflore | Boutures herbacées |
| Été (Juin-Août) | Jasmin, chèvrefeuille, clématite, bignone | Boutures semi-aoûtées |
| Automne (Sept-Oct) | Hortensia grimpant, glycine (marcottage) | Boutures aoûtées |
| Hiver (Nov-Fév) | Vigne, vigne vierge | Boutures de bois sec |
« Pour les plantes grimpantes difficiles comme la glycine ou l'hortensia grimpant, le marcottage aérien ou en couchage reste la technique la plus sûre. Elle permet d'obtenir un plant vigoureux en une saison sans risque d'échec. »
— Claude Bureaux, chroniqueur jardin sur France Inter
Au printemps, la montée de sève favorise la cicatrisation rapide des plaies de coupe et la formation de cal. L'été offre des températures élevées qui accélèrent la division cellulaire. L'automne permet aux boutures aoûtées de s'enraciner lentement avant l'hiver, tandis que les boutures de bois dormant réalisées en hiver bénéficient d'une longue période de repos pour développer un système racinaire solide.
Techniques de bouturage pour les plantes grimpantes
Le bouturage dans l'eau
Le bouturage dans l'eau est la méthode la plus simple et la plus visuelle. Elle consiste à placer les boutures dans un récipient d'eau claire jusqu'à ce que les racines apparaissent. Cette technique fonctionne particulièrement bien pour le lierre, la passiflore et le pothos. L'avantage principal est de pouvoir observer le développement racinaire en temps réel. Cependant, toutes les plantes grimpantes ne conviennent pas à cette méthode : la glycine et la clématite préfèrent un milieu plus stable. Pour en savoir plus, consultez notre guide sur le bouturage dans l'eau.
Voici les étapes clés du bouturage dans l'eau :
- Prélevez une tige de 10 à 15 cm avec au moins 2 nœuds
- Retirez les feuilles inférieures pour ne garder que 2 à 3 feuilles au sommet
- Placez la bouture dans un verre d'eau non calcaire à température ambiante
- Changez l'eau tous les 3 à 4 jours pour éviter le développement de bactéries
- Transplantez en terreau dès que les racines atteignent 3 à 5 cm de longueur
Le bouturage en substrat
Le bouturage en substrat offre un meilleur taux de réussite pour la majorité des plantes grimpantes. Le principe consiste à planter directement les boutures dans un mélange drainant composé de terreau de bouturage et de perlite à parts égales. Cette méthode évite le choc de transplantation que subissent parfois les boutures enracinées dans l'eau. Elle est particulièrement recommandée pour le jasmin, le chèvrefeuille, la clématite et la bignone.
Les avantages du bouturage en substrat :
- Meilleur taux d'enracinement pour les espèces semi-aoûtées
- Pas de stress de transplantation entre l'eau et la terre
- Développement de racines plus robustes et ramifiées
- Possibilité d'utiliser des hormones de bouturage pour accélérer le processus
- Adaptation progressive aux conditions de culture définitive
Le marcottage : alternative pour les espèces difficiles
Pour les plantes grimpantes récalcitrantes comme la glycine ou l'hortensia grimpant, le marcottage constitue une alternative fiable. Cette technique consiste à courber une tige vers le sol, à l'enterrer partiellement tout en la maintenant attachée à la plante mère, puis à attendre qu'elle développe ses propres racines avant de la sevrer. Le taux de réussite du marcottage approche les 90 %, selon les données de l'INRAE (Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement), ce qui en fait la méthode la plus sûre pour les espèces difficiles.
Préparation des boutures de plantes grimpantes
La préparation des boutures est une étape déterminante qui conditionne directement le succès de l'enracinement. Une bouture mal préparée aura beaucoup moins de chances de développer un système racinaire viable. Voici les principes fondamentaux à respecter pour chaque prélèvement, que vous pouvez aussi retrouver dans notre article sur la préparation des boutures.
Commencez par sélectionner des tiges saines sur une plante mère vigoureuse, exempte de maladies et de parasites. Les tiges idéales mesurent entre 10 et 20 cm de longueur et présentent au moins 2 à 3 nœuds. Utilisez un sécateur propre et désinfecté (à l'alcool à 70°) pour effectuer une coupe nette à 45 degrés, juste en dessous d'un nœud. Cet angle augmente la surface de contact avec le substrat et facilite l'absorption d'eau.
Retirez ensuite toutes les feuilles du tiers inférieur de la bouture. Si les feuilles restantes sont très grandes (comme chez la passiflore ou la bignone), coupez-les en deux pour réduire la transpiration. Cette étape est essentielle car la bouture n'a pas encore de racines pour compenser les pertes en eau.
Enfin, trempez l'extrémité coupée dans de l'hormone de bouturage (poudre ou gel). L'hormone d'enracinement contient de l'acide indole-3-butyrique (AIB), une auxine synthétique qui stimule la formation de racines adventives. Pour les espèces faciles comme le lierre, cette étape est facultative. Pour les espèces plus difficiles comme la clématite ou la glycine, elle est fortement recommandée.
Les erreurs courantes à éviter lors de la préparation :
- Utiliser un outil non désinfecté, ce qui peut transmettre des maladies fongiques
- Prélever des boutures trop courtes (moins de 8 cm) ou trop longues (plus de 25 cm)
- Conserver trop de feuilles, ce qui provoque une déshydratation rapide
- Prélever sur une plante malade, stressée ou en pleine floraison
- Ne pas couper sous un nœud, là où se concentrent les hormones naturelles de croissance
Plantation et substrat pour les boutures grimpantes
Le choix du substrat de bouturage est tout aussi important que la qualité de la bouture elle-même. Un substrat trop compact asphyxiera les jeunes racines, tandis qu'un substrat trop drainant ne retiendra pas suffisamment d'humidité. L'objectif est de trouver l'équilibre parfait entre rétention d'eau et aération.
Le mélange recommandé pour la plupart des plantes grimpantes est composé de :
- 50 % de terreau de bouturage (fin et léger)
- 25 % de perlite (pour le drainage et l'aération)
- 25 % de vermiculite (pour la rétention d'humidité)
Pour les boutures de bois sec (vigne, vigne vierge), préférez un mélange plus drainant avec 60 % de sable horticole et 40 % de tourbe. Pour les boutures herbacées (lierre, passiflore), un substrat plus humide convient mieux, avec une proportion accrue de vermiculite.
Concernant les récipients, choisissez des godets de 8 à 10 cm de diamètre avec des trous de drainage. Les pots en tourbe biodégradables présentent l'avantage de pouvoir être plantés directement en terre sans perturber les racines. Stérilisez systématiquement vos pots et votre substrat avant utilisation pour éliminer les pathogènes.
Lors de la plantation, enfoncez la bouture d'environ un tiers de sa longueur dans le substrat préalablement humidifié. Tassez légèrement autour de la tige pour éliminer les poches d'air, puis arrosez en pluie fine. Couvrez ensuite le pot d'un sac plastique transparent ou placez-le dans une mini-serre pour créer un environnement humide favorable à l'enracinement.
Soins après plantation et enracinement
Les premières semaines après la plantation sont les plus critiques. Les boutures de plantes grimpantes n'ont pas encore de racines fonctionnelles et dépendent entièrement de l'humidité ambiante pour survivre. Un suivi régulier et attentif fait toute la différence entre un bouturage réussi et un échec.
Les soins essentiels pendant la phase d'enracinement :
- Maintenir une humidité de 80 à 90 % sous la cloche ou la mini-serre
- Aérer quotidiennement pendant 10 à 15 minutes pour éviter les moisissures
- Garder une température constante entre 18 et 22 degrés Celsius
- Fournir une lumière vive mais indirecte (jamais de soleil direct)
- Vérifier l'humidité du substrat tous les 2 à 3 jours sans excès d'arrosage
Pour savoir si vos boutures ont pris racine, tirez très délicatement sur la tige après 3 à 4 semaines. Une résistance indique que les racines se sont formées. Vous pouvez également observer l'apparition de nouvelles pousses ou feuilles, signe que la bouture est en train de s'établir. Si vous rencontrez des difficultés, notre article sur les boutures qui ne prennent pas racine vous aidera à diagnostiquer le problème.
Une fois l'enracinement confirmé (généralement après 4 à 8 semaines selon l'espèce), commencez le sevrage progressif. Retirez la cloche ou le sac plastique pendant des périodes de plus en plus longues sur une semaine. Augmentez progressivement l'exposition à la lumière directe. Commencez à fertiliser avec un engrais liquide dilué de moitié toutes les deux semaines.
La transplantation en pleine terre se fait idéalement au printemps suivant, lorsque les risques de gel sont passés. Installez un tuteur ou un support de grimpe dès la plantation pour guider la croissance de votre jeune plante grimpante.
Solutions aux problèmes courants de bouturage
Même en suivant toutes les bonnes pratiques, le bouturage des plantes grimpantes peut parfois rencontrer des obstacles. Identifier rapidement les problèmes et y apporter une solution adaptée est la clé pour sauver vos boutures et améliorer votre taux de réussite global.
La pourriture des boutures
La pourriture est le problème le plus fréquent. Elle se manifeste par un noircissement de la base de la tige et un ramollissement des tissus. Les causes principales sont un excès d'arrosage, un substrat mal drainé ou un manque d'aération. Pour y remédier, réduisez les arrosages, améliorez le drainage du substrat et aérez plus fréquemment. Si la pourriture est localisée, coupez la partie atteinte et replantez la bouture dans un substrat frais.
Le flétrissement et le dessèchement
Un flétrissement rapide indique généralement un manque d'humidité ambiante ou une transpiration excessive. Vérifiez que votre système de confinement (cloche, sac plastique) est bien en place et qu'il ne présente pas de fuites. Réduisez le nombre de feuilles si nécessaire et brumisez régulièrement le feuillage.
L'absence d'enracinement
Si après 6 à 8 semaines aucune racine ne s'est formée, plusieurs facteurs peuvent être en cause : température trop basse, bouture prélevée au mauvais moment, absence d'hormone de bouturage sur une espèce qui en nécessite, ou simplement une espèce naturellement lente à s'enraciner. N'hésitez pas à tester plusieurs boutures simultanément pour augmenter vos chances de réussite.
Conseils d'experts pour un bouturage réussi
Pour maximiser vos chances de succès avec le bouturage de plantes grimpantes, voici les recommandations issues de l'expérience de jardiniers et horticulteurs professionnels. Ces conseils complètent les techniques de base et font souvent la différence entre un taux de réussite moyen et un taux excellent.
« Le secret d'un bouturage réussi, c'est la régularité des soins dans les trois premières semaines. Une bouture qui ne sèche jamais et qui reste à température constante a toutes les chances de s'enraciner, même sans hormone de bouturage. »
— Stéphane Marie, paysagiste et animateur de « Silence, ça pousse ! » sur France 5
Les 10 règles d'or pour réussir vos boutures de plantes grimpantes :
- Prélevez toujours vos boutures le matin, quand les tiges sont bien hydratées
- Désinfectez systématiquement vos outils entre chaque prélèvement
- Préparez votre substrat et vos pots avant de couper les boutures
- Ne laissez jamais une bouture sécher à l'air libre plus de quelques minutes
- Utilisez de l'eau non calcaire pour l'arrosage et la brumisation
- Placez vos boutures dans un endroit lumineux mais sans soleil direct
- Maintenez une température stable entre 18 et 22 degrés Celsius
- Aérez quotidiennement pour prévenir les maladies fongiques
- Prélevez au moins 3 à 5 boutures par espèce pour compenser les pertes éventuelles
- Soyez patient : certaines espèces mettent 10 à 12 semaines avant de montrer des racines
« Je recommande toujours à mes élèves de tenir un carnet de bouturage. Notez la date de prélèvement, l'espèce, le type de bouture, le substrat utilisé et les conditions de culture. Au fil des saisons, vous identifierez ce qui fonctionne le mieux dans votre jardin. »
— Alain Baraton, jardinier en chef du Domaine national de Trianon et du Grand Parc de Versailles
Pour les plantes vivaces non grimpantes, consultez notre guide complet du bouturage des plantes vivaces.
Exemples de réussite et retours d'expérience
Le bouturage des plantes grimpantes offre des résultats souvent spectaculaires lorsqu'il est réalisé dans de bonnes conditions. Voici trois exemples concrets de réussite qui illustrent la diversité des techniques applicables.
Le lierre est sans conteste la plante grimpante la plus facile à bouturer. Des boutures de 10 cm placées dans l'eau développent des racines visibles en 10 à 14 jours seulement. Le taux de réussite dépasse généralement 95 %, ce qui en fait l'espèce idéale pour s'initier au bouturage.
Le jasmin étoilé (Trachelospermum jasminoides) répond très bien aux boutures semi-aoûtées prélevées en juillet-août. En utilisant de l'hormone de bouturage et un substrat terreau-perlite, le taux d'enracinement atteint 70 à 80 % en 4 à 6 semaines. La clef du succès réside dans le maintien d'une température supérieure à 20 degrés et d'une hygrométrie élevée.
Le chèvrefeuille (Lonicera) se bouture avec une facilité remarquable par bouture à talon en fin d'été. Prélevez un rameau latéral en tirant d'un coup sec pour emporter un fragment de bois ancien (le talon). Cette technique assure un taux de réussite supérieur à 85 %. Les racines apparaissent en 4 à 6 semaines dans un substrat bien drainé.
Consultez aussi notre guide sur le bouturage des plantes vivaces.
Pour les herbes, consultez le bouturage des plantes aromatiques.


