Chèvrefeuille du Japon
Plantes grimpantesExtérieur Difficulté 1/5

Chèvrefeuille du Japon

Lonicera japonica

Famille Caprifoliaceae — Genre Lonicera

80%

Taux de réussite

21-56j

Enracinement

Mi-ombre

💧💧

Modéré

Le chèvrefeuille du Japon (Lonicera japonica) est une grimpante semi-persistante très parfumée, rustique jusqu'à -20°C, facile à bouturer (taux 80%) en été. Floraison mai-octobre, difficulté 1/5.

Méthodes de bouturage

Bouture dans l'eau Bouture en terre Marcottage Bouture de tige

Saison idéale

ete, automne

Longueur bouture

15 cm

Noeuds minimum

3

Substrat

Terreau léger mélangé à du sable ou perlite, bien drainant

Température

18°C - 25°C

Lumière

Lumière indirecte

Sac plastique conseillé

Couvrir la bouture avec un sac transparent pour maintenir l'humidité.

Nos conseils

Prélevez des tiges semi-aoûtées de 10-15 cm en été (juin-août), juste sous un nœud. Supprimez les feuilles du bas en conservant 2 paires en haut. Trempez la base dans l'eau ou de la poudre d'hormone d'enracinement (facultatif mais améliore le résultat). Plantez dans un substrat léger (terreau + perlite 50/50) ou déposez simplement en verre d'eau. Maintenez l'humidité en couvrant d'un sac plastique ou d'un dôme transparent. Placez à la lumière indirecte, à l'abri du soleil direct. Les racines apparaissent en 3-8 semaines. Pour le marcottage : couchez une longue tige au sol, entaillez légèrement l'écorce, recouvrez de terre et maintenez humide. La séparation se fait après enracinement (2-3 mois).

Erreurs à éviter

Prendre des tiges trop jeunes (vertes) ou trop vieilles (bois dur) : choisir des tiges semi-aoûtées. Surrosage conduisant à la pourriture racinaire : le substrat doit être humide mais jamais détrempé. Exposition au soleil direct qui dessèche les boutures avant enracinement. Négliger le marcottage en automne : c'est pourtant la méthode la plus fiable pour cette espèce. Oublier de retirer les feuilles inférieures qui pourrissent dans le substrat. Séparer trop tôt les marcottes de la plante mère avant enracinement complet.

Guide pas-à-pas

Guide Complet : Bouturer le Chèvrefeuille du Japon (Lonicera japonica)

Le chèvrefeuille du Japon est l’une des plantes grimpantes les plus faciles à bouturer. Avec un taux de réussite dépassant 80 % et aucun besoin d’hormone d’enracinement, c’est le bouturage idéal pour les débutants comme pour les jardiniers confirmés souhaitant multiplier rapidement leurs plants.

Récapitulatif du bouturage du chèvrefeuille du Japon
Paramètre Détail
Difficulté 1/5 (très facile)
Taux de réussite 80 % en bouture semi-aoûtée, quasi 100 % en marcottage
Méthodes Bouture semi-aoûtée en terre (principale), bouture en eau, marcottage
Période idéale Été (juillet-août) et début automne (septembre-octobre)
Longueur de la bouture 15 cm, 3 nœuds minimum
Type de tige Semi-aoûtée (partiellement lignifiée)
Substrat 50 % terreau + 50 % sable grossier ou perlite
Hormone d’enracinement Non nécessaire
Température optimale 18–25°C
Lumière Indirecte vive (jamais de soleil direct)
Durée d’enracinement 21 à 56 jours selon la méthode et la saison
Transplantation Après enracinement solide, idéalement au printemps suivant

Étape 1 : Choisir le bon moment pour prélever la bouture

La réussite d’un bouturage commence bien avant de toucher le sécateur : elle dépend en grande partie du moment choisi pour prélever la bouture. Pour le chèvrefeuille du Japon, la période idéale s’étend de juillet à août, à la période dite de « semi-aoûtement » des tiges.

Une tige semi-aoûtée est une tige de l’année en cours qui a commencé à se lignifier à sa base sans être encore complètement ligneuse. Elle présente plusieurs caractéristiques reconnaissables : elle est ferme mais encore flexible, sa base est légèrement plus sombre que la pointe, et son écorce commence à prendre une teinte brunâtre à la base. Cette maturité intermédiaire est optimale pour l’enracinement car la tige possède à la fois une bonne réserve de glucides (favorisant l’enracinement) et une résistance suffisante aux pourritures.

Le début de l’automne (septembre-octobre) constitue également une bonne période, avec des boutures de bois plus mûr. L’enracinement sera plus lent (jusqu’à 8 semaines) mais les plants obtenus seront très robustes. Évitez le printemps car les tiges herbacées pourrissent facilement avant de s’enraciner.

Conseil pratique : prélevez toujours vos boutures tôt le matin, entre 7 h et 10 h, avant que la chaleur ne commence à provoquer une transpiration importante. Les tissus sont alors gorgés d’eau et dans un état de turgescence optimal.

Étape 2 : Prélever la bouture

Un prélèvement précis et propre est la clé d’un bon démarrage. Commencez par désinfecter votre sécateur avec de l’alcool à 70° ou de l’eau de Javel diluée, puis rincez à l’eau claire. Cette précaution évite la transmission de maladies de la plante mère à la bouture.

Sur le chèvrefeuille, choisissez une tige latérale vigoureux et saine, exempte de toute trace de maladie ou de dégât de ravageur. Évitez les tiges portant des fleurs ou des boutons floraux : une bouture en cours de floraison consacre son énergie à la reproduction sexuée plutôt qu’à la croissance racinaire.

Coupez un segment de 15 cm de long comportant au minimum 3 nœuds (points d’insertion des feuilles). La coupe inférieure doit être effectuée juste en dessous d’un nœud, en biseau à 45° : la coupe en biseau augmente la surface d’échange avec le substrat et évite que l’eau stagne sur la coupe, ce qui favoriserait les pourritures. La coupe supérieure se fait à environ 1 cm au-dessus d’un nœud, à la verticale cette fois.

Si vous prélevez plusieurs boutures, placez-les immédiatement dans un sac plastique humide ou dans un bocal d’eau pour éviter le dessèchement, et procédez à leur préparation dans les deux heures suivantes.

Étape 3 : Préparer la bouture avant plantation

La préparation de la bouture est une étape souvent négligée, pourtant décisive pour le taux de réussite. Plusieurs opérations sont à réaliser avec soin.

Effeuillage de la partie inférieure : supprimez toutes les feuilles sur la moitié inférieure de la bouture, en veillant à ne laisser aucun pétiole résiduel qui pourrait pourrir dans le substrat. Ne conservez que 2 à 3 paires de feuilles au sommet pour permettre la photosynthèse nécessaire à la production d’énergie pour l’enracinement.

Réduction des grandes feuilles : si les feuilles conservées sont grandes, coupez-les transversalement de moitié avec des ciseaux propres. Cela réduit considérablement l’évapotranspiration, équilibrant ainsi le bilan hydrique de la bouture qui ne dispose pas encore de racines pour s’alimenter en eau.

Hormone d’enracinement : contrairement à de nombreuses autres plantes, le Lonicera japonica n’en a pas besoin. Sa capacité naturelle à produire des racines adventives est excellente. Si vous souhaitez tout de même en utiliser une, trempez la base de la bouture dans de la poudre d’hormone à base d’AIB (acide indole-3-butyrique) concentration 0,1 % pendant quelques secondes, puis éliminez l’excès.

Bouture de chèvrefeuille du Japon dans un verre d’eau montrant le développement des racines adventives après trois à quatre semaines
Le bouturage en eau permet de suivre visuellement le développement des racines adventives du Lonicera japonica. Les premières radicelles apparaissent généralement entre 21 et 35 jours après la mise en eau.

Étape 4 : Planter la bouture dans le substrat

Le substrat est l’environnement dans lequel les racines vont se développer. Pour le chèvrefeuille, le mélange idéal est composé de 50 % de terreau et 50 % de sable grossier ou de perlite. Le terreau apporte les éléments nutritifs essentiels aux premières semaines de développement racinaire, tandis que le sable ou la perlite garantissent un drainage parfait évitant les pourritures, et une aération suffisante pour que les racines puissent respirer.

Humidifiez le mélange avant de planter : il doit être fraîchement humide mais pas détrempé (quand vous le pressez dans la main, il doit se former une môtte mais aucune goutte d’eau ne doit s’écouler). Remplissez un pot de 10 à 12 cm de diamètre possédant des trous de drainage. Vous pouvez placer 3 à 5 boutures par pot pour optimiser l’utilisation de l’espace et créer un micro-climat favorable.

Faites un avant-trou avec un crayon ou un petit bâton pour éviter d’endommager la base de la bouture en la forçant dans le substrat. Insérez la bouture verticalement sur un tiers à la moitié de sa longueur, en vous assurant qu’au moins 2 nœuds sont bien enterrés dans le substrat : c’est à ces points que les racines vont se développer. Tassez délicatement le substrat autour de la tige avec les doigts pour assurer un bon contact et éliminer les poches d’air. Arrosez légèrement pour finaliser le contact tige-substrat.

Étape 5 : Créer les conditions optimales d’enracinement

Une fois la bouture plantée, l’objectif est de maintenir un environnement stable et favorable à l’enracinement, en équilibrant humidité, température et lumière.

Humidité : coiffez le pot d’un sac plastique transparent ou d’une cloche en verre pour créer un effet de mini-serre. Cette protection maintient une humidité relative élevée autour du feuillage (80-90 %), limitant l’évapotranspiration et compensant l’absence de racines. Aérez quotidiennement pendant 10 à 15 minutes en soulevant le sac ou en le détournant pour éviter le développement de moisissures. Si des gouttelettes abondantes se forment à l’intérieur, le micro-climat est trop humide : aérez davantage.

Température : maintenez une température stable entre 18 et 25°C. Des écarts thermiques importants ralentissent ou bloquent l’enracinement. Un tapis chauffant pour semis placé sous le pot peut être utile si vous bouturez en automne, car les températures nocturnes fraîches retardent considérablement la formation des racines.

Lumière : placez le pot à la lumière indirecte, devant une fenêtre orientée nord ou à l’intérieur d’une pièce bien éclairée mais jamais en plein soleil. Une exposition directe au soleil ferait monter la température à l’intérieur du sac à des niveaux pouvant être fatals, et déshydraterait la bouture avant qu’elle ait eu le temps de s’enraciner.

Étape 6 : Surveiller le développement des racines

La patience est l’une des vertus les plus importantes du jardinier-boutureur. L’enracinement du chèvrefeuille du Japon prend entre 21 et 56 jours selon la période de l’année, la température et les conditions de culture. Les boutures de juillet-août s’enracinent généralement en 3 à 4 semaines, celles d’automne en 5 à 8 semaines.

Signes de réussite à surveiller :

  • Nouvelles pousses au sommet : c’est le signe le plus évident que la bouture est enracinée et commence à se développer activement. L’apparition de petites feuilles ou de bourgeons en croissance indique que la plante possède suffisamment de racines pour s’alimenter.
  • Test de résistance doux : après 4 à 5 semaines, tirez très doucement sur la bouture. Si vous sentez une résistance nette, des racines se sont formées. Ne forcez jamais ce test et ne le répétez pas très souvent.
  • Racines visibles en bouture en eau : dans le cas du bouturage dans l’eau, les racines sont directement visibles, ce qui rend le suivi bien plus simple et pédagogique.

Signes de difficulté à gérer :

  • Jaunissement des feuilles : peut indiquer un excès d’eau dans le substrat, un manque de lumière ou une température trop basse. Réduisez l’arrosage et vérifiez l’emplacement.
  • Pourriture de la base : signe classique d’un excès d’arrosage ou d’un substrat insuffisamment drainant. Supprimez la partie pourrie, laissez sécher un peu et rempotez dans un substrat plus drainant.
  • Flétrissement persistant : si la bouture flétrit malgré une humidité correcte, elle éprouve des difficultés à équilibrer son bilan hydrique. Augmentez l’humidité ambiante en brumisant le feuillage et en aérant moins fréquemment.

Étape 7 : Transplanter et accompagner la croissance

Lorsque la bouture présente un système racinaire bien développé (visible par les trous de drainage ou lors d’un dépotage prudent), il est temps de passer à la phase suivante. Ce dépotage de vérification doit être réalisé avec la plus grande délicatesse : inclinez doucement le pot et laissez la môtte glisser dans votre main sans secouer.

Rempotez le nouveau plant dans un pot individuel de 12 à 15 cm avec un terreau de qualité (terreau universel légèrement enrichi en compost). Si la bouture était dans l’eau, transplantez avec encore plus de précaution car les racines aquatiques sont plus fragiles et sensibles aux ruptures.

Phase d’acclimatation (endurcissement) : si vous bouturez en intérieur ou sous abri, n’installez pas directement la jeune plante en plein air. Procédez progressivement en la sortant quelques heures par jour pendant 1 à 2 semaines avant de la laisser dehors. Commencez par une exposition ombragée et augmentez progressivement l’exposition lumineuse.

Mise en pleine terre : l’idéal est de conserver la jeune bouture en pot jusqu’au printemps suivant pour permettre un développement racinaire solide avant la plantation définitive. Plantez en pleine terre lorsque les risques de gel sont écartés, dans un sol préalablement amélioré avec du compost. Arrosez abondamment après la plantation et paillez généreusement le pied.

Erreurs Fréquentes à Éviter lors du Bouturage du Chèvrefeuille

Même avec une plante aussi facile que le chèvrefeuille du Japon, certaines erreurs peuvent compromettre le résultat. Voici les pièges les plus courants et comment les éviter.

Bouturer au mauvais moment : le printemps est la période la moins adaptée. Les tiges herbacées de février à juin sont trop tendres et pourrissent avant de s’enraciner. Attendez juillet-août pour des boutures semi-aoûtées bien plus résistantes.

Choisir des tiges en fleurs : une tige portant des fleurs ou des boutons floraux mobilise toute son énergie vers la reproduction. La bouture aura beaucoup de mal à s’enraciner. Choisissez toujours des tiges végétatives, c’est-à-dire sans aucun élément floral.

Un substrat trop lourd ou mal drainé : utiliser uniquement de la terre de jardin ou un terreau trop compact prive les racines de l’oxygène nécessaire à leur développement et favorise les pourritures. Respectez le mélange 50 % terreau / 50 % sable ou perlite.

Un excès d’arrosage : le substrat doit rester fraîchement humide, jamais détrempé. La pourriture de la base est la première cause d’échec dans le bouturage du chèvrefeuille. Vérifiez toujours l’humidité avec le doigt avant d’arroser.

Une exposition trop solaire : le soleil direct sous un sac plastique crée des températures qui peuvent dépasser 40°C, ce qui est fatal pour la bouture. Placez toujours à la lumière indirecte.

Sortir prématurément le pot du sac plastique : beaucoup de jardiniers impatients retirent la protection trop tôt. Maintenez l’humidité élevée jusqu’à ce que les racines soient bien établies (nouvelles pousses visibles, résistance au test de traction).

Ne pas tailler les grandes feuilles : laisser de grandes feuilles sans réduction sur une bouture sans racines provoque une transpiration excessive que la plante ne peut pas compenser. Coupez toujours les grandes feuilles de moitié.

Astuce Bonus : Le Marcottage, Méthode Infaillible

Si vous souhaitez obtenir un nouveau chèvrefeuille avec une certitude quasi absolue, le marcottage est votre meilleure alliée. Cette technique exploite la capacité naturelle du chèvrefeuille à s’enraciner aux points de contact avec le sol, un comportement que l’on peut observer spontanément dans les jardins non taillés.

Le principe est simple : on enracine une tige sans la séparer de la plante mère, ce qui garantit l’alimentation en eau et en nutrients pendant toute la durée de l’enracinement. Le taux de réussite est quasi systématique.

Procéduré détaillée du marcottage au sol :

Choisissez une longue tige basse et flexible en aoûtoant. Retirez les feuilles sur un tronçon de 20 cm au niveau du futur point d’ancrage au sol. Avec un couteau propre, effectuez une incision longitudinale d’environ 2 cm à la surface de l’écorce (sans aller jusqu’au bois) ou grattez énerg&iquement l’écorce sur 2 à 3 cm avec la lame. Cette blessure stimule la production de racines adventives en réponse au stress.

Creusez une petite tranchée de 8 à 10 cm de profondeur dans le sol à cet endroit. Remplissez le fond avec un peu de compost mélangé à du sable, couchez la zone blessée de la tige et maintenez-la avec une agrafe métallique en U, une pierre plate ou un pièquet. Recouvrez de terre en laissant l’extrémité feuillée de la tige dépasser d’au moins 15 cm. Marquez l’emplacement avec un piquet pour ne pas l’oublier et arrosez bien après la mise en place.

Maintenez le sol humide autour du point de marcottage pendant toute la durée d’enracinement. Après 6 à 10 semaines (voire plus si vous marcottez en automne), vérifiez l’enracinement en soulevant délicatement la terre. Lorsque vous observez de belles racines blanches, coupez la tige qui relie la marcotte à la plante mère, à 5 cm du point d’enracinement. Laissez la marcotte en place encore 2 à 3 semaines pour lui permettre de s’adapter à son autonomie, puis déterrez-la avec précaution et transplantez dans un pot ou en pleine terre.

La beauté du marcottage est qu’il ne coûte rien : pas de substrat spécial, pas d’hormone, pas de matériel particulier. La plante mère continue à se développer normalement pendant tout le processus, et vous obtenez un plant vigoureux parfaitement acclimاتé à votre jardin.

En savoir plus

Origine et Histoire du Chèvrefeuille du Japon

Le chèvrefeuille du Japon (Lonicera japonica) est l’une des plantes grimpantes les plus célèbres et les plus parfumées de nos jardins. Originaire d’Asie orientale — principalement du Japon, de la Chine, de la Corée et de Taiwan — cette liane de la famille des Caprifoliaceae a conquis les jardins du monde entier grâce à son feuillage semi-persistant, sa floraison spectaculaire et son parfum envoûtant qui emplit les soirées d’été.

Son histoire en Occident débute au début du XIXe siècle, lorsque des botanistes et explorateurs européens ramenèrent les premières boutures d’Asie. Introduit en Grande-Bretagne vers 1806, le Lonicera japonica s’est rapidement répandu dans toute l’Europe, séduisant jardiniers et botanistes par sa vigueur exceptionnelle et la beauté de ses fleurs bicolores. Aux États-Unis, introduit à la même époque comme plante ornementale et pour lutter contre l’érosion des sols, il est aujourd’hui considéré comme l’une des espèces exotiques envahissantes les plus problématiques dans plus de vingt-cinq États.

En Chine, la plante est connue sous le nom poétique de Jin Yín Huā (« fleur d’or et d’argent »), une appellation qui fait référence à la transformation des fleurs blanches en jaune doré au fil de leur maturation. Cette dualité chromatique est au cœur de la symbolique de la plante dans la médecine traditionnelle chinoise, où elle est utilisée depuis plus de trois mille ans pour ses propriétés anti-inflammatoires et antivirales. Les premières mentions écrites dans la pharmacopée chinoise remontent au Shennong Bencao Jing, l’un des plus anciens traités de phytothérapie au monde, daté d’environ 200 avant notre ère.

Au Japon, la plante est appelée Suikazura, ce qui signifie littéralement « endurer l’hiver », une référence à sa nature semi-persistante qui lui permet de conserver une partie de son feuillage même durant la saison froide. Dans la tradition japonaise, cette plante symbolise la fidélité et les liens durables, une métaphore inspirée par la manière dont ses tiges s’enroulent autour de leur support avec une ténacité remarquable.

Le genre Lonicera, qui rassemble plus de 180 espèces de chèvrefeuilles à travers le monde, tire son nom du botaniste allemand Adam Lonitzer (1528-1586), médecin et naturaliste qui consacra une grande partie de sa carrière à l’étude des plantes médicinales. L’épithète japonica fait référence à l’une de ses terres d’origine, bien que la plante soit également très répandue en Chine continentale et en Corée.

« Le chèvrefeuille du Japon incarne à lui seul le paradoxe du jardinier : une beauté exquise, un parfum incomparable, mais une vigueur qui peut rapidement dépasser les limites du jardin. C’est une plante à respecter et à maîtriser, pas à contraindre. »

En France, le chèvrefeuille est devenu un élément incontournable des jardins de curé et des cottages campagnards depuis le XIXe siècle. Sa facilité de culture, son feuillage dense et sa floraison parfumée en ont fait une plante de prédilection pour habiller murs, clôtures et pergolas. Aujourd’hui, il reste l’une des plantes grimpantes les plus vendues en jardinerie française, apprécié autant par les jardiniers débutants que par les amateurs confirmés.

Chèvrefeuille du Japon (Lonicera japonica) en fleurs, montrant les fleurs blanc crème caractéristiques qui passent au jaune en vieillissant
Le Lonicera japonica en pleine floraison : les fleurs passent du blanc pur au jaune crème, donnant à la plante son surnom de « fleur d’or et d’argent » en Chine. Leur parfum est particulièrement intense le soir.

Caractéristiques Botaniques du Lonicera japonica

Le Lonicera japonica est une liane volubile semi-persistante à la vigueur remarquable. Sa classification botanique complète est la suivante : règne Plantae, division Magnoliophyta, ordre Dipsacales, famille Caprifoliaceae, genre Lonicera, espèce Lonicera japonica Thunb. Comprendre ses caractéristiques botaniques est essentiel pour mieux adapter sa culture et son bouturage.

Port et dimensions

En conditions favorables, cette plante grimpante peut atteindre une hauteur de 10 mètres pour un étalement de 5 mètres, faisant d’elle l’une des grimpantes les plus imposantes que l’on puisse cultiver dans nos jardins. Sa croissance est qualifiée de rapide, pouvant atteindre 1 à 2 mètres par an dans de bonnes conditions, voire 3 mètres dans les régions les plus chaudes. Cette vigueur exceptionnelle est à la fois son principal atout et sa principale contrainte : une taille régulière est indispensable.

Le système racinaire

Le chèvrefeuille possède un système racinaire à la fois fibreux et traçant. Les racines principales s’enfoncent modérément dans le sol tandis que les racines secondaires se développent latéralement, permettant à la plante d’exploiter efficacement les ressources hydriques et minérales du sol superficiel. Cette architecture racinaire explique en partie la capacité du chèvrefeuille à s’adapter à une grande variété de sols, du sableux au calcaire, pourvu qu’ils soient correctement drainés. C’est également cette aptitude à émettre des racines adventives qui rend le marcottage si facile chez cette espèce.

Les tiges et le port grimpant

Les tiges du chèvrefeuille sont d’abord herbacées et souples, devenant ligneuses avec l’âge. Elles s’enroulent dans le sens des aiguilles d’une montre autour de tout support disponible — treillage, grillage, tronc d’arbre, poteau — avec une force de préhension surprenante. Les jeunes pousses présentent une pilosité fine qui disparaît progressivement à mesure que le bois mûrit. L’écorce des vieilles tiges se désquème en lanières, révélant un bois brun clair caractéristique.

Le feuillage semi-persistant

Les feuilles sont opposées, ovales à elliptiques, mesurant de 3 à 8 cm de long pour 1,5 à 4 cm de large. Elles sont entières, à bords lisses, et présentent un vert foncé luisant sur le dessus, plus pâle et légèrement pubescent en dessous. Le qualificatif « semi-persistant » est particulièrement bien choisi : dans les régions à hivers doux (inférieurs à -5°C de manière prolongée), la plante conserve la majorité de ses feuilles toute l’année ; dans les zones aux hivers rigoureux, elle se comporte comme une plante décidue, perdant l’ensemble de son feuillage pour repartir vigoureusement au printemps suivant.

La floraison : le principal atout décoratif

C’est sans conteste la floraison qui fait la réputation du chèvrefeuille du Japon. Les fleurs apparaissent par paires à l’aisselle des feuilles, de mai à octobre, offrant ainsi l’une des périodes de floraison les plus longues parmi les plantes grimpantes de nos jardins. Chaque fleur est tubulaire et bilabíee, mesurant 3 à 5 cm de long. Elle s’ouvre d’un blanc pur avant de virer progressivement au jaune crème, puis au jaune doré en fin de vie. Cette évolution chromatique crée un spectacle bicolore enchanteur lorsque fleurs fraîches et fleurs âgées cohabitent sur la même tige.

Le parfum est l’autre grand attrait. Sucré, capiteux, avec des notes de miel et de vanille, il s’intensifie considérablement en soirée et la nuit pour attirer les papillons nocturnes pollinisateurs, notamment les sphinx. Ce parfum est si puissant qu’un seul pied de chèvrefeuille peut embaumer tout un jardin lors des chaudes soirées d’été. Des scientifiques ont même mesuré que son parfum peut être détecté par l’odorat humain à plus de vingt mètres de distance lors des nuits calmes.

Les fruits et leur toxicité

Après la floraison, le chèvrefeuille produit de petites baies globuleuses de 5 à 8 mm de diamètre, d’abord vertes puis noires à maturité. Attention : ces baies sont toxiques pour les humains et les animaux domestiques. Elles contiennent des saponines et d’autres composés actifs qui peuvent provoquer des nausées, des vomissements et des troubles digestifs en cas d’ingestion, en particulier chez les enfants. Il est impératif de sensibiliser les jeunes à ne pas les consommer. En revanche, les oiseaux (merles, grives, fauvettes) les consomment sans difficulté et contribuent ainsi à la dissémination naturelle de l’espèce, ce qui explique en partie son caractère potentiellement invasif.

Il convient de noter la dualité remarquable de cette plante : si les baies sont toxiques, les fleurs sont comestibles et sont utilisées en tisane dans plusieurs traditions culinaires asiatiques, notamment le fameux « thé de Jin Yin Hua » apprécié pour ses propriétés rafraîchissantes et détoxifiantes.

Résistance et adaptabilité

Le Lonicera japonica est remarquablement robuste. Il supporte des températures allant de −20°C à +35°C et est classé USDA zones 4 à 10. Cette large amplitude thermique explique son succès mondial, des jardins scandinaves aux jardins méditerranéens. Il tolère également la pollution atmosphérique, ce qui en fait une plante adaptée aux jardins urbains, et supporte bien les sols pauvres et les situations venteuses.

Pour en savoir plus sur la classification botanique et les propriétés médicinales de cette espèce, vous pouvez consulter la page Wikipedia dédiée au Lonicera japonica.

Culture et Entretien du Chèvrefeuille du Japon

L’une des grandes forces du chèvrefeuille du Japon réside dans sa facilité de culture : avec un indice de difficulté de 1 sur 5, c’est l’une des plantes grimpantes les plus accessibles pour les jardiniers débutants. Sa rusticété et son adaptabilité en font un choix privilégié pour des solutions paysagères rapides et efficaces.

Exposition et emplacement

Le chèvrefeuille du Japon se plaît idéalement en situation de mi-ombre. La règle d’or est simple : « les pieds à l’ombre, la tête au soleil ». Cette configuration reproduit ses conditions naturelles de sous-bois clair, où il grimpe vers la lumière en s’appuyant sur les arbres. Une exposition au soleil direct toute la journée est tolérée à condition que le sol reste fraîs grâce à un bon paillage, mais une ombre trop dense réduira considérablement la floraison. L’emplacement idéal est un mur orienté est ou ouest, près d’une terrasse ou d’une fenêtre pour profiter pleinement de son parfum envoûtant, particulièrement intense le soir.

Comme pour le jasmin étoilé (Trachelospermum jasminoides), une autre grimpante parfumée à la culture similaire, prévoyez un support solide capable de supporter le poids d’une liane adulte, qui peut être considérable après quelques années de croissance.

Sol et substrat

Le chèvrefeuille est remarquablement tolérant en matière de sol. Il accepte un pH allant de 5,5 à 8,0, ce qui le rend compatible avec la plupart des terres de jardin, y compris les sols calcaires. L’idéal reste un sol humifère, frais mais bien drainé. Les sols lourds et argileux devront être améliorés par un apport de compost et de sable grossier pour favoriser le drainage. Un sol trop calcaire peut provoquer une chlorose ferrique (jaunissement des feuilles par carence en fer), facilement corrigible avec un apport en chélate de fer dissous dans l’eau d’arrosage.

Arrosage

L’arrosage doit être modéré, avec une humidité moyenne du substrat. La plante supporte ponctuellement la sécheresse une fois bien établie (après deux ans de culture), mais elle donne le meilleur d’elle-même avec un arrosage régulier en période estivale. Arrosez copieusement une à deux fois par semaine plutôt que peu chaque jour, afin d’encourager les racines à s’enfoncer en profondeur. Évitez absolument les arrosages par aspersion qui mouillent le feuillage et favorisent l’apparition de l’oïdium. En hiver, réduisez considérablement les arrosages.

Fertilisation

Le chèvrefeuille est peu gourmand en engrais, mais une fertilisation judicieuse booste considérablement sa floraison. Appliquez un engrais organique (compost, fumier décomposé, corne broyée) au pied de la plante chaque printemps, en grattant légèrement le sol pour l’incorporer. Évitez les engrais trop riches en azote qui favorisent le feuillage au détriment des fleurs. Pour les sujets cultivés en pot, un apport d’engrais liquide tous les quinze jours de mai à août soutiendra une floraison abondante.

Taille

La taille est indispensable pour maintenir le chèvrefeuille dans des proportions raisonnables et stimuler la floraison. Sans taille, la plante peut rapidement devenir un fourré inextricable. Deux types de taille sont recommandés :

  • Taille de nettoyage (février-mars) : supprimez le bois mort, les tiges abîmées par le gel et les branches qui s’éloignent trop du support. Raccourcissez les rameaux latéraux d’un tiers à la moitié de leur longueur.
  • Taille de rajeunissement (tous les 3-4 ans) : si la plante devient trop volumineuse ou dégarnie à la base, rabattez-la sévèrement à 50 cm du sol en fin d’hiver. Elle repartira vigoureusement grâce à ses bourgeons dormants.

Cette vigueur de repousse rappelle celle du bougainvillier, une autre plante grimpante qui supporte bien les tailles sévères et repart avec enthousiasme au printemps.

Tuteurage et support

Plante volubile, le Lonicera japonica a besoin d’un support solide pour s’épanouir. Treillis, pergolas, tonnelles, clôtures grillagées, arches ou arbres : les possibilités sont nombreuses. Les fils métalliques tendus horizontalement tous les 30 cm le long d’un mur sont très efficaces et permettent une meilleure circulation de l’air, réduisant les risques de maladie fongique. Guidez manuellement les jeunes tiges les premières années, car la plante met parfois quelques semaines à « trouver » son appui.

Comment Bouturer le Chèvrefeuille du Japon

Le bouturage du chèvrefeuille du Japon est l’une des opérations de multiplication les plus gratifiantes pour le jardinier amateur. Avec un taux de réussite de 80 % et une difficulté estimée à 1 sur 5, c’est un exercice accessible même aux grands débutants. Quatre méthodes sont possibles : bouturage en eau, bouturage en terre, marcottage et bouturage de tige ligneuse.

Bouture de chèvrefeuille du Japon dans un verre d’eau, montrant l’émergence des premières racines adventives après trois semaines
Bouture de Lonicera japonica en cours d’enracinement dans l’eau : la méthode la plus simple pour observer le développement racinaire en temps réel. Les premières racines apparaissent généralement entre 21 et 35 jours.

Période idéale pour bouturer

La saison idéale pour bouturer le chèvrefeuille est l’été, de juillet à août, lorsque les tiges sont dites « semi-aoûtées ». À cette période, les tiges ont commencé à se lignifier à la base tout en restant souples et vertes à l’extrémité, ce qui est optimal pour l’enracinement. L’automne (septembre-octobre) constitue également une bonne période. Le bouturage de bois dur en hiver est possible mais donne des résultats moins fiables. Évitez le printemps, lorsque la sève est en pleine montée et que les tiges trop tendres ont tendance à pourrir avant de s’enraciner.

Bouturage de tige semi-aoûtée en terre (méthode principale)

C’est la méthode la plus efficace pour obtenir des plants robustes. Choisissez une tige saine et vigoureuse de l’année, ayant commencé à se lignifier à la base. Évitez les tiges portant des fleurs ou des boutons floraux : l’énergie de la bouture serait alors détournée vers la floraison au détriment de l’enracinement.

À l’aide d’un sécateur propre et bien affilé, coupez un segment de 15 cm comportant au minimum 3 nœuds. Effectuez la coupe du bas juste en dessous d’un nœud, là où la concentration en hormones de croissance naturelles est la plus élevée. Supprimez toutes les feuilles de la moitié inférieure, en ne conservant que 2 à 3 paires de feuilles au sommet. Si les feuilles restantes sont grandes, coupez-les de moitié pour réduire l’évapotranspiration. L’utilisation d’hormone d’enracinement n’est pas nécessaire pour le chèvrefeuille.

Préparez un substrat léger composé de 50 % de terreau et 50 % de sable grossier ou perlite. Humidifiez bien le mélange, faites un avant-trou avec un crayon, insérez la bouture sur un tiers à la moitié de sa longueur en vous assurant qu’au moins 2 nœuds sont enterrés. Tassez délicatement le substrat et arrosez. Coiffez le pot d’un sac plastique transparent pour maintenir une humidité élevée. Placez à la lumière indirecte, à une température de 18-25°C.

L’enracinement intervient entre 21 et 56 jours selon les conditions. Vous pouvez vérifier en tirant très délicatement sur la bouture : une résistance indique que les racines se sont développées. L’apparition de nouvelles pousses au sommet est un autre signe fiable de réussite.

Bouturage dans l’eau

Le bouturage dans l’eau est particulièrement apprécié des débutants car il permet de visualiser l’apparition des racines en temps réel. Procédez exactement comme pour le bouturage en terre concernant la préparation de la tige, puis placez la bouture dans un verre ou un bocal d’eau non calcaire à température ambiante. Veillez à ce que seuls les nœuds inférieurs soient immergés, les feuilles ne devant jamais toucher l’eau pour éviter les pourritures.

Changez l’eau tous les 2 à 3 jours pour éviter le développement de bactéries. Placez le récipient en lumière indirecte vive, à 18-25°C. Les racines apparaissent généralement en 2 à 3 semaines. Lorsqu’elles atteignent 3 à 5 cm de long, transplantez avec précaution en pot avec du terreau léger, les racines aquatiques étant plus fragiles que les racines terrestres.

« Le secret du bouturage du chèvrefeuille réside dans la constance : ni trop sec, ni trop humide. Un substrat sable-terreau maintenu fraîchement humide, à l’abri du soleil direct, et la nature fait le reste sans avoir besoin d’hormone d’enracinement. »

Le marcottage : la méthode la plus naturelle

Le marcottage est sans doute la méthode de multiplication la plus simple et la plus fiable pour le chèvrefeuille, avec un taux de réussite proche de 100 %. Dans la nature, la plante se multiplie fréquemment par marcottage spontané : lorsqu’une tige touche le sol, elle émet naturellement des racines adventives. Pour reproduire ce phénomène, choisissez une branche basse et flexible, grattez légèrement l’écorce sur 2 à 3 cm à l’endroit qui sera enterré, couchez cette partie dans une petite tranchée de 5 à 10 cm, maintenez-la avec une agrafe métallique en U et recouvrez de terre en laissant l’extrémité feuillée dépasser. Après 2 à 3 mois, vérifiez l’enracinement et sevrez la marcotte en coupant la tige qui la relie à la plante mère.

Si vous êtes passionné(e) par le bouturage de plantes grimpantes, vous apprécierez également nos guides sur le bouturage du dip ladénia (Mandevilla) et sur le bouturage de l’hortensia, deux autres arbustes à feuilles persistantes très faciles à multiplier.

Problèmes et Maladies du Chèvrefeuille du Japon

Le chèvrefeuille du Japon est globalement robuste, mais il n’est pas à l’abri de quelques problèmes phytosanitaires, principalement favorisés par des conditions de culture défavorables. Voici les principaux ennemis à surveiller et les solutions à mettre en œuvre.

L’oïdium : la maladie la plus fréquente

L’oïdium est la maladie cryptogamique la plus courante chez le chèvrefeuille. Ce champignon se manifeste par un feutrage blanc-grisâtre poudreux à la surface des feuilles, généralement en fin d’été lorsque les journées sont chaudes et les nuits fraîches. Les facteurs aggravants sont une mauvaise circulation de l’air, un arrosage par aspersion et une plantation trop dense. En cas d’attaque modérée, traitez avec un mélange de bicarbonate de soude (1 cuillère à café par litre d’eau avec quelques gouttes de savon noir), appliqué deux fois à 8-10 jours d’intervalle. En cas d’attaque sévère, utilisez un fongicide à base de soufre mouillable.

Les pucerons

Les pucerons, noirs ou verts, apprécient les jeunes pousses tendres du chèvrefeuille en début de saison. Une infestation modérée ne menace pas la plante, mais en cas de forte présence, les feuilles se recroquevillent et les nouvelles pousses sont déformées. Leur miellat favorise également le développement de la fumagine. Le meilleur remède reste l’intégration biologique : favorisez la présence de coccinelles, de chrysopes et de syrphes. En traitement d’urgence, un jet d’eau puissant sur les colonies ou une pulvérisation de savon noir dilué (30 g par litre d’eau tiède) suffit généralement.

Les cochenilles

Les cochenilles se fixent sur les tiges et les feuilles, formant de petits boucliers blancs ou bruns. Elles affaiblissent la plante et produisent du miellat, substrat favorable au développement de la fumagine. Frottez les zones infestées avec un coton imbibé d’alcool à 70°, puis pulvérisez une émulsion d’huile de colza (10 ml d’huile + 10 ml de savon noir dans 1 litre d’eau) qui étouffe les parasites.

La question de l’invasivité

Il est important de souligner que le Lonicera japonica est classé comme plante potentiellement invasive dans plusieurs pays et régions du monde, notamment aux États-Unis, en Australie, en Nouvelle-Zélande et dans certaines zones méditerranéennes. Sa croissance très rapide, sa capacité à s’adapter à de nombreux milieux et la dissémination de ses graines par les oiseaux lui permettent de coloniser des espaces naturels au détriment de la flore locale. En Europe tempérée, ce risque est moindre grâce aux hivers froids qui régulent sa croissance, mais une surveillance et une taille régulières restent absolument indispensables. Évitez de planter le chèvrefeuille à proximité d’espaces naturels protégés.

Autres problèmes courants

  • Absence de floraison : exposition trop ombragée, excès d’azote ou taille tardive supprimant les boutons floraux.
  • Feuilles jaunissantes : excès d’eau, carence en fer en sol trop calcaire, ou attaque d’acariens.
  • Dégarnissement de la base : vieillissement naturel ou manque de lumière. Solution : taille de rajeunissement sévère.
  • Croissance trop envahissante : manque de taille régulière. La plante doit être contenue chaque année dans les régions à hivers doux.

Variétés Recommandées de Chèvrefeuille

Le genre Lonicera comprend environ 180 espèces, mais plusieurs se distinguent par leurs qualités ornementales exceptionnelles pour nos jardins. Voici les cin q espèces et cultivars incontournables.

Lonicera japonica : l’espèce type et ses cultivars

L’espèce type reste la référence, notamment dans sa forme ‘Halliana’, le cultivar le plus répandu en jardinerie française. Obtenu par le botaniste américain George R. Hall en 1862, il se distingue par sa floraison exceptionnellement abondante et parfumée. Très vigoureux, il nécessite une taille régulière. Le cultivar ‘Aureoreticulata’, surnommé « chèvrefeuille doré », est cultivé autant pour son feuillage panaché (nervures dorées sur fond vert) que pour ses fleurs, offrant un intérêt décoratif toute l’année. La variété ‘Purpurea’ offre un feuillage pourpre persistant en hiver, idéale pour les petits espaces.

Lonicera periclymenum : le chèvrefeuille des bois

Espèce européenne native, souvent appelée chèvrefeuille des bois ou chèvrefeuille commun, le Lonicera periclymenum est moins envahissant que L. japonica. Il produit de magnifiques fleurs rouge-pourpre à l’extérieur et crème-jaune à l’intérieur, entre juin et octobre. Très parfumé, il attire les papillons de nuit et les sphinx. Ses baies rouges sont très ornementales en fin de saison. Variétés remarquables : ‘Serotina’ (fleurs rouge-pourpre intense), ‘Graham Thomas’ (fleurs blanc pur puis jaune doré, très parfumé, longue floraison), ‘Belgica’ (fleurs rose-rouge puis jaunes).

Lonicera fragrantissima : le chèvrefeuille d’hiver

Arbuste semi-persistant plutôt que liane grimpante, le Lonicera fragrantissima est exceptionnel pour son parfum hivernal. Ses petites fleurs crème-blanc discrètes fleurissent de janvier à mars, dégageant un parfum de jasmin d’une intensité remarquable par temps froid. C’est l’une des rares plantes capables de parfumer un jardin en plein hiver. Rustique jusqu’à −15°C, il est parfait en massif isolé ou en haie libre.

Lonicera nitida : le chèvrefeuille à petites feuilles

Arbuste très compact, dense et à petites feuilles persistantes, le Lonicera nitida est davantage utilisé pour la formation de haies et de topiaires que comme grimpante. Sa croissance rapide et sa facilité de taille en font un concurrent sérieux au buis dans les jardins formels, avec l’avantage d’être résistant à la pyrale. La variété ‘Maigrün’ est très utilisée pour les haies basses tissées. Quelques cultivars panachés comme ‘Lemon Beauty’ sont également intéressants pour des compositions ornémentales.

Lonicera henryi : le chèvrefeuille de Henry

Grimpante persistante très couvrante originaire de Chine, le Lonicera henryi est idéal pour couvrir rapidement des surfaces importantes : clôtures, murs, talus. Ses fleurs jaune-rouge discrètes en juin-juillet sont suivies de baies noires persistant jusqu’à l’hiver, offrant un intérêt décoratif en toutes saisons. Très rustique (−20°C), peu sensible aux maladies et tolérant les sols pauvres, il est également apprécié pour la révégétalisation de talus difficiles. Son feuillage persistant offre une couverture efficace même en plein hiver.

Pour d’autres idées de plantes à multiplier facilement par bouturage, découvrez nos guides sur le bouturage des rosiers et sur le bouturage de la lavande, deux classiques du jardin français aux associations réussies avec le chèvrefeuille.

Le Chèvrefeuille au Jardin : Usages et Associations

Le chèvrefeuille du Japon est l’une des plantes grimpantes les plus polyvalentes que l’on puisse introduire dans un jardin. Ses multiples usages en font un allié précieux du jardinier, à condition de lui réserver un espace adapté à sa vigueur et de pratiquer une taille régulière.

Habiller un mur ou une clôture

C’est l’utilisation la plus classique. Grâce à sa croissance rapide, un seul plant peut couvrir une surface de 10 m² en 2 à 3 saisons. Associé à un rosier grimpant, le chèvrefeuille crée un duo classique et enchanteur : le rosier offre ses couleurs éclatantes tandis que le chèvrefeuille apporte le parfum et la densité du feuillage. Les deux plantes fleurissent simultanément en été.

Pergolas et tonnelles

Sur une pergola ou une tonnelle, le chèvrefeuille crée une voûte végétale parfumée, particulièrement appréciée les soirées d’été. Le parfum, plus intense à la tombée du soir, se diffuse largement, transformant une simple terrasse en espace de détente aromatique. Pour une floraison encore plus longue, associez-le à une clématite qui prendra le relais en début de printemps.

Couvre-sol sur talus

Laissé à lui-même sans support vertical, le chèvrefeuille japonais s’étale en couvre-sol dense et efficace. Cette utilisation est très appréciée pour couvrir des talus difficiles à entretenir ou stabiliser des berges. Sa densité évite la pousse des adventices et son système racinaire protège le sol de l’érosion. Comptez 3 à 4 plants par mètre carré pour une couverture rapide.

Intérêt écologique

Le chèvrefeuille est une véritable plante melliphère dont les fleurs tubulaires attirent une multitude de pollinisateurs de mai à octobre. Les papillons de jour et de nuit (en particulier les sphinx dont les longues trompes sont adaptées aux fleurs tubulaires), les bourdons et les abeilles s’y nourrissent abondamment. En automne, les baies noires constituent une source de nourriture précieuse pour les oiseaux migrateurs et sédentaires. Son feuillage dense offre également un abri et un site de nidification apprécié de la petite avifaune.

Associations végétales harmonieuses

Le chèvrefeuille se marie harmonieusement avec de nombreuses plantes. La lavande plantée au pied protège le sol et ajoute ses propres notes aromatiques. Le rosier grimpant s’associe naturellement sur une pergola. Les hostas et les fougères, en sous-plantation, habillent la base souvent dégarnie des chèvrefeuilles matures. Pour un jardin aromatique, l’association avec le romarin et la menthe crée un espace olfactif riche et évolutif tout au long de la saison.

Propriétés médicinales et culinaires

Si les baies sont toxiques et ne doivent jamais être consommées, les fleurs sont comestibles et utilisées dans de nombreuses cultures asiatiques. En infusion, elles constituent une tisane aux propriétés anti-inflammatoires reconnues par la médecine traditionnelle chinoise. La recherche scientifique moderne a confirmé la présence d’acide chlorogénique, de lutéoline et de flavonoïdes aux propriétés antivirales et antibactériennes démontrées par de nombreuses études.

Le Saviez-Vous ? Curiosités sur le Chèvrefeuille du Japon

Le chèvrefeuille du Japon est une plante aux multiples facettes, dont beaucoup restent méconnues même des jardiniers expérimentés. Voici quelques anecdotes et curiosités qui vous permettront de redécouvrir cette plante familière sous un angle nouveau.

Un parfum qui attire les sphinx

Le parfum intense du chèvrefeuille, particulièrement actif le soir et la nuit, n’est pas le fruit du hasard : il s’agit d’une adaptation évolutive pour attirer les papillons nocturnes et les sphinx (Sphingidae), principaux pollinisateurs de la plante. Ces insectes à vol suspendu, comparables aux colibris, possèdent des trompes longues capables d’atteindre le nectar au fond des fleurs tubulaires. Cette relation coévolutive fleur-pollinisateur a été sélectionnée par des millions d’années d’évolution.

La signification étymologique du nom

Le mot français « chèvrefeuille » vient du latin caprifolium, littéralement « feuille de chèvre ». Cette appellation fait référence à l’appétit des chèvres pour le feuillage, qu’elles broutent avec enthousiasme, ou selon une autre étymologie, à la façon dont les tiges grimpent comme des chèvres sur les reliefs. En anglais, le terme honeysuckle (« suce-miel ») évoque la pratique enfantine de sucer le nectar des fleurs, une habitude charmante et tout à fait inoffensive.

Le chèvrefeuille dans la littérature médiévale

Dans le célèbre poème médiéval de Marie de France (Le Lai du Chèvrefeuille, XIIe siècle), la reine Iseut compare son amour pour Tristan au chèvrefeuille enlaçé autour du noisetier. Cette métaphore puissante a fait du chèvrefeuille un symbole de fidélité amoureuse et d’attachement indéfectible dans la culture occidentale.

« Bele amie, si est de nus : ne vus senz mei, ne mei senz vus. » (Belle amie, il en est de nous : ni vous sans moi, ni moi sans vous.) — Marie de France, Le Lai du Chèvrefeuille, XIIe siècle. Métaphore du chèvrefeuille appliquée à l’amour indéfectible de Tristan et Iseut.

Un rôle historique en parfumerie

Le parfum du chèvrefeuille est l’un des plus appréciés en haute parfumerie. Cependant, contrairement à la rose ou au jasmin, ses fleurs ne se prêtent pas à la distillation classique car leur arôme se dégrade à la chaleur. Les parfumeurs utilisent donc l’extraction par solvant ou recréent le parfum à partir de molécules de synthèse. L’une des notes caractéristiques est due à la présence de linalool, une molécule également présente dans la lavande, la coriandre et le basilic.

Un record de croissance

Le chèvrefeuille du Japon est capable de pousser de 2 à 3 mètres par an dans des conditions optimales. Cette vigueur exceptionnelle lui a permis de coloniser des écosystèmes entiers aux États-Unis, où il figure sur la liste des espèces exotiques envahissantes dans plus de vingt-cinq États. Un pied de chèvrefeuille peut vivre plus de trente ans dans de bonnes conditions et produire plus de 10 000 fleurs au cours d’une seule saison. Son parfum peut être détecté par l’odorat humain à plus de vingt mètres de distance lors des soirées chaudes et calmes.

Un allié contre les virus validé par la science

La recherche scientifique moderne a confirmé ce que la pharmacopée chinoise sait depuis plus de trois mille ans. L’acide chlorogénique et les flavonoïdes présents dans les fleurs possèdent des propriétés antivirales, anti-inflammatoires et antioxydantes démontrées par de nombreuses études cliniques. Pendant l’épidémie de SRAS en 2003, les préparations à base de chèvrefeuille ont connu un pic de demande en Chine, illustrant la persistance de cette tradition médicinale millénaire.

Pour aller plus loin dans le bouturage

Si vous débutez en bouturage, le chèvrefeuille est l’un des meilleurs choix pour faire vos premières armes. Vous pouvez également vous exercer avec le fuchsia de Magellan, dont le bouturage est tout aussi simple, ou avec le hibiscus rose de Chine pour ses grandes fleurs tropicales. Pour des défis plus ambitieux, explorez le bouturage du citronnier ou du saule blanc, deux arbres partageant avec le chèvrefeuille une remarquable facilité d’enracinement.

Questions Fréquentes

Tout ce que vous devez savoir sur le bouturage du Chèvrefeuille du Japon